Obligation vaccinale des soignants : vers une suspension ou un licenciement ?

21/10/21
Obligation vaccinale des soignants : vers une suspension ou un licenciement ?

Les 4 fédérations patronales de la santé et du social (GIBBIS, Santhea, Unessa et Zorgnet-Icuro) se sont réunies lors du Conseil national du travail (CNT). Au cœur des débats, l’obligation vaccinale du personnel de santé. Les fédérations ont émis le souhait de sanctionner les réfractaires au vaccin par le biais de suspensions ou du licenciement. Discours auquel n’adhèrent pas les syndicats. Pour eux, cette décision est injustifiée et inappropriée.

Des fédérations convaincues

La proposition des fédérations est d’inscrire l’obligation vaccinale dans la législation, puis de mettre en place une période transitoire de deux à trois mois suite à laquelle le personnel qui refusera toujours le vaccin se verra suspendu jusqu’à 6 mois sans rémunération, ni salaire.

Le directeur général d’UNESSA précisait pour BX1 : “Nous soutenons la vaccination obligatoire des soignants et du personnel en contact avec les patients, car après 8-9 mois de sensibilisation, il y a encore du personnel qui n’est pas vacciné. C’est inadmissible, de pouvoir transmettre le virus à des patients dans l’exercice de sa fonction ! D’autant que des études ont démontré l’efficacité du vaccin !

Toujours pour BX1, Vic De Corte, CEO de la Clinique Saint-Jean ajoutait “Dans un premier temps, ce qui est important, c’est qu’il s’agit bien d’une obligation pour tout qui travaille dans un environnement de soins, et que cela compte pour tout type d’environnement de soins, donc pas seulement les hôpitaux (mais aussi les maisons de repos et les soins à domicile).

Concernant le risque d’accentuer la pénurie de personnel, Philippe Peetrons, médecin chef des Hopitaux Iris Sud précise à BX1 : “Cela va sans doute arriver, mais n’oubliez pas qu’un aide-soignant qui est malade du Covid est parfois aussi écarté pendant longtemps, de même que ceux qui ont travaillé à ces côtés. Donc des difficultés, on en a aussi avec les gens qui ne sont pas vaccinés et qui sont malades.

Des syndicats inquiets

Mark Selleslach, secrétaire national du syndicat chrétien (ACV Puls-CNE) déclare pour Sudinfo, qu’”il est très choquant que des sanctions soient imposées tout de suite […] à un moment où le secteur hospitalier est encore à bout de souffle.

Dans son communiqué, la CNE insiste qu’“une telle mesure n’est pas du tout justifiée. Elle provoquerait la guerre civile dans les institutions et services.” Le syndicat précise qu’”aucune étude ne permet de mettre en lumière que le rebond des contaminations est dû à des contaminations dans ces services [ et que] réduire le nombre de professionnels disponibles sur le terrain, c’est faire prendre encore plus de risques de santé publique aux personnes soignées et aux professionnels eux-même.

La FGTB suit le même raisonnement. Son président, Thierry Bodson, appuyait auprès de BX1 que l’obligation devait concerner tout le monde ou personneS’il doit y avoir vaccination obligatoire, nous sommes opposés à ce que ce soit une décision qui concerne exclusivement un secteur d’activité, un métier ou une fonction. Car à partir du moment où on travaille de cette façon-là, cela aura immanquablement un impact négatif sur les relations de travail, sur le contrat de travail. C’est notre position : toute décision relative à l’obligation vaccinale, qui risque d’avoir un impact sur le contrat de travail, la relation de travail, nous y sommes fortement opposés”.

Le dernier mot au gouvernement

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) a reçu le feu vert du Codeco sur cette obligation vaccinale pour le personnel soignant, ce qui nécessitera une nouvelle loi. Son cabinet espère toujours un cadre réglementaire mis en place d’ici la fin de l’année, ou au tout début de l’an prochain. "Même si la priorité reste de convaincre, après une période transitoire, plus aucun soignant, salarié ou indépendant, ne pourra alors exercer sans être vacciné", commente dans l’Echo France Dammel, attachée de presse du ministre.



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus