Psychothérapie et psychomotricité, même combat ?

La réforme de la psychothérapie et la non reconnaissance du diplôme de psychomotricien sont des mesures qui relèvent d’une conception anglo-saxonne de la santé. Qu’est ce que cela signifie ? Et surtout, pourquoi les francophones s’y opposent ?
La polémique enfle depuis quelques jours. Et pour cause : un nombre important de psychomotriciens et psychothérapeutes se retrouvent sur le carreau suite à la redéfinition de ces deux fonctions. Dans les deux cas, c’est la ministre de la Santé, Maggie De Block, qui est à l’origine de la déception du secteur. Docteur en médecine et médecin généraliste de formation, M. De Block défend une conception anglo-saxonne de la santé, très en vogue dans le nord du pays. « Les soins de santé mentale actuels ont évolué vers des soins fondés sur des preuves », pouvait-on lire dans l’argumentaire du projet soutenu par la ministre. Cette médecine, c’est celle de l’Evidence Based Medecine, une approche qui se veut plus rationnelle et scientifique. Elle s’appuie sur des faits, des constats, des études et des tests contrôlés. Une médecine envisagée du point de vue d’un groupe, d’une population plutôt que de la personne.
Une vision contestée
Une vision quelque peu contestée du coté francophone, qui intègre une part de subjectif à la pratique des soins. Une méthodologie qui apporte de l’importance aux mots. Ce courant de pensées est véhiculé en Belgique francophone, mais aussi en Suisse ou en France,comme le rappelait Jean-Claude Marcourt, ministre de l’Enseignement. Difficile alors pour nombreux des praticiens et étudiants de concevoir la psychothérapie ou la psychomotricité comme des champs uniquement réservés aux psychologues/ psychiatres ou kinés. En Wallonie et à Bruxelles, la psychothérapie reste un métier distinct pour beaucoup. « Nous pensons que ce métier, sur base d’importants compléments de formations, peut être exercé par des personnes ayant une formation de base autre et qu’il s’agit bien d’un métier à part entière », soutenait en février 2016, l’Association des Psychologues Praticiens d’Orientation Psychanalytique (APPsy).
Déshumanisation de la médecine
Il serait tentant de dire actuellement que, tout est prétexte à rationalisation. Si le point de vue du patient n’est pas ou peu pris en compte par les praticiens, ne court-on pas à une déshumanisation de l’administration de soins ? Encadrer la formation des professionnels n’est il pas tout aussi approuvable ? Pour la Fédération Belge des Psychologues, c’est en tout cas une bonne nouvelle.
Le débat sur la psychothérapie et psychomotricité reporté
Très contestée, la mesure entreprise par De Blok concernant la psychothérapie devait être examinée le 23 juin à la Chambre, après un passage en commission. Le débat est reporté...à la semaine prochaine peut être.
Selon Belga, Maggie De Block, attend de recevoir l’avis validé du Conseil national des professions paramédicales avant de communiquer sa décision définitive sur le sort des psychomotriciens. Ce conseil, composé de 2/3 de néerlandophones avait été accusé mercredi, par Caroline Persoons, cheffe de groupe DéFI au parlement de la FWB, de vouloir favoriser l’intérêt du nord du pays.
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