Un infirmier organise un “ras-le-bol" collectif sur Facebook

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Laisser des personnes non qualifiées poser des actes infirmiers, c’en est trop pour l’infirmier liégeois, David Kauffman. Réaction ? Créer un groupe Facebook pour manifester sa colère.

[DOSSIER]
- Les infirmiers indignés par la délégation des actes : “Le mépris est omniprésent !”
- La Chambre adopte la délégation des actes infirmiers : colère de la profession !

Jeudi dernier, le gouvernement avait adopté en urgence une loi autorisant la délégation d’actes infirmiers à des personnes non qualifiées pour pallier la pénurie du personnel dans les hôpitaux. Cette décision a provoqué une vive indignation de la part du personnel infirmier. C’est le cas notamment de David Kauffmann, infirmier en chef de la clinique CHC de Waremme, qui a tenu à dénoncer cette loi en créant un groupe Facebook.

3 500 membres en deux jours

En à peine deux jours de création, 3 500 personnes ont rejoint le groupe. "Infirmiers en colère” lancé le 6 novembre comptait au départ surtout des Liégeois, mais très vite, des infirmiers et infirmières de toute la Belgique ont suivi le mouvement. Le fondateur, David Kauffmann, n’en revient pas de ce succès : “Au départ, j’ai créé ce groupe pour partager mon ras-le-bol sur les réseaux sociaux. Je voulais voir si mon sentiment et celui de mon épouse, qui est infirmière aussi, était partagé par tout le monde. Mais je n’ai jamais pensé arriver à 3500 membres", explique-t-il à la RTBF.

Une colère profonde

Quel est le motif de la colère des infirmiers ? La possibilité à des personnes lambda d’exercer leur métier d’infirmier. “Ce qui nous heurte le plus, c’est la non-reconnaissance de l’Art infirmier", souligne David Kauffmann. Cependant, cette colère ne date pas d’hier et elle révèle surtout un mal-être profond au sein de la profession : “On nous promet des choses. Depuis le mois de mars, on promet des primes au personnel soignant, mais elles ne sont jamais arrivées. On parle aussi de 400 millions d’euros pour l’année 2020, pour la revalorisation du personnel soignant… Ce sont des promesses, des promesses, mais les actes ne suivent pas", déplore le créateur du groupe.

“Faire réagir les politiques”

Le groupe était au départ créé pour exprimer un ras-le-bol mais à présent, "le but c’est de faire réagir les politiques", explique l’infirmier en chef. C’est pourquoi il a lancé un sondage adressé au gouvernement pour voir si les infirmiers sont prêts à organiser un mouvement de démission collective. Le sondage a récolté 203 votes pour et 27 contre et se terminera vendredi. En outre, David Kauffmann a interpellé le cabinet du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke afin d’obtenir un entretien avec lui.



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