Une rentrée chamboulée pour les étudiants infirmiers

Une rentrée chamboulée pour les étudiants infirmiers

Selon les experts ainsi que les professionnels du secteur, une seconde vague, du moins, un rebond de l’épidémie, à la rentrée et durant l’hiver est fortement possible. Dans ce contexte, les écoles et les universités préviennent les étudiants d’une rentrée à géométrie variable, différée ou bien partielle. Pour les étudiants infirmiers, cette rentrée marque encore plus la singularité du contexte.

Septembre est le mois censé donner le ton à l’année avec la fin des vacances d’été, la reprise des mouvements sociaux ainsi que la reprise scolaire. Cette année, crise sanitaire oblige, la rentrée se voit bousculée, mais celle-ci doit se faire pour donner l’illusion d’une reprise de la vie normale. Le secteur des métiers de soins et de santé, métiers de première ligne face à la pandémie, sait que la rentrée et la formation des étudiants est encore plus importante qu’à l’ordinaire pour des questions de sécurité, mais aussi d’organisation.

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Une rentrée timorée

Les différentes écoles d’infirmières décident, pour faire face à la pandémie, de mettre en place une rentrée à « géométrie variable ». L’enseignement ne sera pas totalement en présentiel ni totalement à distance, permettant ainsi de réduire le contact physique entre les étudiants, tout en continuant à maintenir la structure éducative et le rapport élèves/professeur, essentiel pour l’apprentissage. Les écoles suivent donc les recommandations sanitaires des autorités politiques officielles pour assurer au maximum la sécurité des étudiants, mais aussi du personnel.

« Pour ma part, mon école préfère maintenir les cours en ligne et éviter l’afflux d’étudiants avec des cours en présentiel », témoigne une élève infirmier.

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Une série de mesures sanitaires

La rentrée est souvent synonyme de retrouvailles pour beaucoup d’étudiants. Pour les accueillir, plusieurs mesures sanitaires déjà efficientes dans la rue et autres lieux publics, sont mises en place. Le port du masque sera obligatoire sur les campus et pendant les cours, ainsi que le gel hydroalcoolique qui sera disponible à plusieurs endroits au sein des écoles. Celles-ci comptent sur la responsabilité des étudiants et du personnel pour garder une hygiène irréprochable et respecter au mieux les mesures sanitaires.

Pour les nouveaux étudiants qui vont découvrir les études supérieures, l’apprentissage ainsi que la découverte de ce nouveau monde étudiant vont être encore plus délicats que les années précédentes. Pour pallier cet effet et tenter d’organiser une rentrée pour les premières années plus ou moins normale, une présentation des locaux en petits groupes aura lieu dans la majorité des écoles.
« Je trouve ça important de maintenir un semblant d’accueil normal pour les nouveaux arrivants, je vais donc aider à présenter notre campus aux premières années à la rentrée », déclare une étudiante infirmière.

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Un apprentissage biaisé ?

Depuis le début de la crise du coronavirus, l’apprentissage a souffert de la soudaineté ainsi que de l’aspect inconnu de cette pandémie. La fin d’année scolaire a basculé dans l’inconnu laissant les écoles le plus souvent sans réponse. En cette rentrée, plusieurs d’entre elles ont décidé d’organiser une semaine de préparation pour les nouveaux étudiants de 1er année et des rattrapages de cours pratique pour les étudiants n’ayant pas assisté à tous les cours l’année dernière. Bien sûr, ces initiatives se font selon les écoles et dans le respect des mesures sanitaires. De plus, au début de la crise du coronavirus, les stages s’étaient arrêtés laissant les étudiants frustrés. En cette rentrée, les écoles souhaitent maintenir les stages, élément crucial de l’apprentissage.

« Je rentre en 4éme année d’infirmier et nous avons qu’une semaine des cours avant notre 1er stage qui est au choix et qui commence le 21 septembre pour une durée de 6 semaines. Pour ma part, j’ai pour espoir de maintenir un stage dans un service d’urgence à l’île de la réunion », déclare Guillaume Van Diest, étudiant infirmier.

Malgré la situation et les profonds bouleversements engendrés par la Covid, les étudiants comme les écoles sont impatients de reprendre et de redonner vie aux campus. Les institutions, malgré le peu de visibilité, ont pour la majorité bien répondue à la situation d’exception de cette crise. Elles se sont adaptées à la situation, et ont changé leurs façons de donner des cours et d’enseigner.

« Je suis impatient de reprendre les stages, surtout si je peux effectuer mon stage en urgence à la réunion. Cela serait une opportunité de vie et professionnelle incroyable. Je pense que mon école a bien pris en main les difficultés liées à la pandémie et s’est adaptée à la situation », pointe Guillaume. Et de conclure : « Certaines ont eu du mal sans doute, mais le changement est là. »

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B.T.



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