Inclusion : Luther, porteur d'une Trisomie 21, va à l'école ordinaire

Inclusion: Luther, porteur d'une Trisomie 21, va à l'école ordinaire

Alternative 21 asbl, c’est avant tout une belle histoire d’amour... Celle de Carmela Morici et de Luther, petite tête bouclée de 8 ans. Cette maman s’est battue comme une lionne pour offrir à son fils, porteur d’une Trisomie 21 et d’autisme, l’environnement scolaire le plus épanouissant possible. En septembre 2016, son asbl a donné naissance, dans une école ordinaire, à une classe verticale pour enfants porteurs de déficiences intellectuelles ! Depuis, l’initiative a fait des petits. Rencontre avec une maman engagée.

"Mon fils progresse énormément. Alors oui, peut-être qu’il aurait tout aussi bien évolué dans l’enseignement spécialisé classique. Par contre, je craignais qu’il grandisse dans une petite bulle, loin des autres, loin de l’altérité et de la mixité", note Carmela Morici. La Carolo poursuit : "Je voulais que Luther soit en contact régulier avec des enfants ordinaires. Un jour, il ne sera plus à l’école et il devra trouver sa place dans la société. Il était donc essentiel de le préparer à la suite. La société ne va pas les attendre, Luther et ses potes."

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Un projet pilote dans la région

Luther a effectué ses maternelles dans une école normale. Une expérience qui s’est révélée compliquée. "La première année s’est bien déroulée, la puéricultrice a été géniale. En revanche, le passage en deuxième a été catastrophique", se remémore la maman. "L’institutrice ne l’a pas encadré. Elle estimait que sa place était dans l’enseignement spécialisé. Point. Je l’ai retrouvé assis dans des flaques d’eau ou endormi dans un coin... Je me suis dit que je ne pouvais pas laisser Luther être soumis à la bonne volonté des enseignants."

Où allait-il pouvoir poursuivre sa scolarité, à la veille de sa rentrée en primaire ? Et surtout, comment ? Ces questions ont obsédé la maman. « En Belgique, j’étais face à deux solutions. Soit l’enseignement spécialisé. Soit le décret inclusion qui permet à un enfant en situation d’handicap sensoriel ou mental de fréquenter un établissement ordinaire. Mais, cela n’allait pas pour Luther, qui souffre d’un retard très important. A force de tourner le problème dans tous les sens, une idée a émergé : réunir le meilleur des deux mondes. L’encadrement de l’enseignement spécialisé couplé à la mixité des rencontres. »

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"Ils ont des cours avec les classes normales"

Déterminée à concrétiser son idée, la maman a créé l’asbl Alternative 21 et a obtenu des subsides. Grâce à un appel poignant relayé en masse sur les réseaux sociaux, elle est parvenue à susciter l’intérêt de deux structures : l’école Saint-Paul de Mont-sur-Marchienne et l’école spécialisée Mont-Chevreuil à Roselies. "Une convention est née de cette rencontre. Le spécialisé a ouvert une nouvelle implantation dans l’école ordinaire. La classe verticale inclusive permet à Luther et à ses camarades de faire toutes leurs classes de primaire", se réjouit-elle.

Depuis le 1er septembre 2016, des enfants relevant du type 2 de l’enseignement spécialisé bénéficient donc de tout l’encadrement dont ils ont besoin. "Comme le spécial est intégré dans l’ordinaire, les enfants sont encadrés par du personnel spécialisé et bénéficient d’un matériel adapté. C’est un vrai camp de base pour eux. Ensuite, en fonction de leurs besoins, ils participent à des leçons avec les classes normales. Par exemple, Luther effectue les séances de psychomotricité avec les élèves de maternelle. Une autre de ses camarades se rend en première année pour apprendre à lire et à compter. C’est fait à la carte, en fonction de leurs besoins."

Et puis, les élèves en situation d’handicap prennent part à la vie quotidienne de l’établissement. Les récréations, les excursions ou encore les stages regroupent tous les enfants de l’école.

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Citoyenneté renforcée chez les enfants ordinaires

Le projet novateur de Carmela Morici a fait des petits. En 2017, deux autres écoles ont emboîté le pas : une à Bièvre et l’autre à Floreffe. En 2018, trois autres écoles dont une à Ottignies se sont lancées dans l’aventure. Et, en 2019, ce sera au tour de Farciennes !

Cet engouement n’a rien d’étonnant : après trois ans, le bilan de la classe inclusive verticale est plus que bon ! "On a observé chez les enfants en situation d’handicap des comportements plus normés ainsi que l’amélioration de la communication, de la sociabilité et de la relation à autrui." Les enfants ordinaires sortent aussi grandis de cette expérience. "Aujourd’hui, ce sont 11 enfants spéciaux qui croisent, au quotidien, 240 enfants ordinaires", rappelle l’initiatrice de l’asbl Alternative 21. "Demain, ce seront autant d’adultes qui connaîtront le potentiel énorme des personnes extraordinaires, qui sauront qu’il faut les intégrer et utiliser au mieux leurs potentialités. Ce seront aussi des adultes qui auront l’envie d’offrir un contrat de travail aux personnes en situation d’handicap."

Elle conclut : "Un projet autour de la différence a été lancé dans l’école. Via la peinture pour les petits et la rédaction pour les plus grands, les enfants ont dû exprimer ce qu’était pour eux la différence. Ils ont au final créé une liste impressionnante de différences. Et vous savez quoi ? Pas une seule ne faisait référence au handicap !" La plus belle des victoires…

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Vous souhaitez obtenir plus d’informations sur l’asbl Alternative 21 ? Rendez-vous sur le site web !



Commentaires - 4 messages
  • Faux il n'y a pas de classe inclusive à Florenne mais à Floreffe, parfois il faut vérifier chère guide sociale

    tchounette14 mercredi 6 mars 2019 14:05
  • Effectivement, l'école inclusive indiquée dans cet article est bien installée à Floreffe. Merci pour votre commentaire. Ceci dit, les écoles du château de Florennes mènent également un projet d'inclusion: enseignement fondamental ordinaire et enseignement primaire spécialisé sont rassemblés sur un même site. De plus, elles organisent des activités communes.

    Modérateur_Guide_Social mercredi 6 mars 2019 14:39
  • Ma fée de 8 ans est dans la classe inclusive de Floreffe qui existe depuis 2018 et qui est sur le modèle que Carmela Morici avait initié à Marchienne au pont

    tchounette14 mercredi 6 mars 2019 18:05
  • Très beau combat, félicitations à la maman et à Luther. Qu'en est-il de Bxl? Existe-t-il des projets d'inclusion à Bxl? Merci pour votre réponse.

    Afektproduction jeudi 7 mars 2019 13:36

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