Colère noire des Blouses Blanches : journée d’action et de grève jeudi

Colère noire des Blouses Blanches: journée d'action et de grève jeudi

Ce jeudi 24 octobre, le personnel des hôpitaux et des soins à domicile, de Wallonie et de Bruxelles, va faire entendre sa voix. Une série d’institutions prendront ainsi part à la journée nationale d’action et de grève, organisée par le front commun. Trois dossiers frappés par l’immobilisme sont dans le viseur des manifestants : la nouvelle classification de fonctions, l’accord non-marchand de 2017 et la mise en place des réseaux hospitaliers. Explications !

[DOSSIER]
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La journée nationale d’action et de grève va être suivie par de nombreuses institutions installées sur le territoire de la Communauté française. Ainsi, du côté de Bruxelles et du Brabant Wallon, les syndicats ont annoncé une mobilisation du personnel soignant du groupe hospitalier CHIREC, de l’hôpital Erasme, des cliniques universitaires Saint-Luc ou bien encore de la clinique Sans Soucis. Une quinzaine de lieux seront également en action, à divers niveaux, du côté de Namur : Petites Sœurs des Pauvres, Beau-Vallon ou encore CHU de Mont-Godinne. Le Hainaut (Jolimont, Tivoli, GHDC…) ainsi que la province de Liège (CHC, Clinique Psychiatrique Notre-Dame des anges…) ne seront également pas épargnés par le vaste mouvement de contestation.

« Certains endroits vont mener des assemblées, d’autres vont faire des piquets ou bien encore faire grève. En fonction du nombre de grévistes, il sera imposé ou non un service minimum. De manière globale, il faut s’attendre à des perturbations, à des services adaptés », annonce Yves Hellendorff, Secrétaire national CNE. Et de pointer : « Avec cette journée d’action, nous souhaitons effectuer une vraie mise en garde à l’intention des employeurs. Le but est de relancer les négociations après la Toussaint, afin de finaliser la signature des différentes conventions avant la fin de cette année. Cette journée est vraiment un signal d’alarme. »

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Un statu quo qui a assez duré

Trois dossiers sont dans le collimateur des professionnels de la santé. Trois dossiers qui souffrent d’un immobilisme. « Il y a tout d’abord l’exécution de la nouvelle classification de fonctions IFIC dans le secteur », poursuit le Secrétaire national CNE. La première phase a bénéficié d’un budget conséquent qui représente un cinquième de l’objectif cible. Les employeurs ont reçu l’argent pour la seconde phase mais ils refusent de communiquer sur la première phase et donc de dévoiler ce qu’ils ont concrètement fait avec cet investissement. « Il n’a pas été donné au personnel, en tout cas... Aucune information ne filtre sur l’utilisation de l’argent de la première phase et cela bloque l’enclenchement de la seconde. Nous exigeons de la transparence dans ce dossier. Ce budget n’était pas là pour refinancer les hôpitaux sur le dos du personnel. »

Autre objet de grogne : l’accord non-marchand signé le 25 octobre 2017 par les syndicats, les patrons et le gouvernement. Ce dernier prévoit une série d’avancées pour le personnel. Souci et de taille : presque deux ans plus tard, quasi aucune convention n’a été signée. Les employeurs bloquent systématiquement... « Aujourd’hui, seule la convention-cadre relative au burn-out a été signée. Par contre, six conventions essentielles pour les travailleurs sont toujours en rade. Elles concernent les trois semaines de vacances annuelles, la stabilité des contrats et des horaires, la reprise de l’ancienneté à l’embauche permettant une mobilité professionnelle ou encore les cinq jours de formation », développe-t-il avant de s’insurger : « Actuellement, les employeurs font du chantage. Ils disent qu’ils acceptent de signer ces conventions en commission paritaire si on accepte la flexibilité. Ils mettent donc sur la table une nouvelle exigence alors que les forces en présence étaient parvenues à un accord en 2017. Ce mode de concertation pose vraiment problème. »

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La réforme hospitalière : protéger le personnel

Finalement, les réseaux hospitaliers sont aussi dans le viseur du mouvement de protestation. « Ils vont avoir des conséquences sur le personnel. Dans ce dossier, nous avons négocié avec Maggie De Block et nous sommes parvenus à un pré-accord. Et pourtant, les employeurs ne sont pas d’accord de le signer. En attendant, ils continuent à négocier de leur côté sans aucun cadre social établi… »

En organisant cette journée nationale d’action et de grève ce jeudi 24 octobre, les syndicats et les travailleurs souhaitent débloquer enfin ces trois dossiers emblématiques. Et si les employeurs et les mandataires politiques restent sourds à leur appel, ils enfonceront davantage le clou. « Il est grand temps de sauver les professions du secteur de la santé et de les rendre plus attractives », conclut Yves Hellendorff. « Les employeurs nous disent que nous avons raison d’exprimer notre ras-le-bol et en même temps quand il est possible d’améliorer les choses ils refusent de signer. C’est inadmissible. Ils doivent entendre notre message. »

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E.V.



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