Burn-out, la maladie du siècle qui ravage le milieu hospitalier

Burn-out, la maladie du siècle qui ravage le milieu hospitalier

La Communauté française en 2012 a établi une étude sur le bien-être au travail chez le personnel médical et infirmier, et celle-ci se relève édifiante et sans appel. L’enquête dévoile qu’un tiers des médecins souffrent de burn-out ainsi qu’un quart des infirmières. Des chiffres alarmants qui éclairent un peu plus la crise que traversent les blouses blanches.

[DOSSIER]
- "Le burn-out... Il m’aura fallu deux ans pour m’en remettre"
- Plaidoyer pour la joie au travail

« Un travailleur sur trois parmi les soignants prend des médicaments pour tenir le coup au boulot. Pour affronter la charge de travail qui l’attend », dénonce le syndicat CNE, dans sa revue. En effet le secteur médical, du fait de la pression exercée et du rythme de travail, n’est pas épargné par cette maladie. Que du contraire. Rien d’étonnant quand on sait que par exemple depuis une quarantaine d’années, les normes d’encadrement du métier d’infirmier non pas été revues et ne sont plus représentatives de la réalité.

- [A lire] : "Je suis infirmière. Depuis 4 ans. Et aujourd’hui, j’ai plus envie"

Le terreau favorable

Les professionnels de la santé sont soumis depuis des années à une politique néo-libérale qui injecte dans le secteur diverses notions comme rentabilité, flexibilité, concurrence et bénéfices. Cependant ces maux économiques et financiers ne peuvent s’interposer entre ce qu’étaient les maux de la profession : santé et empathie. Ce choc entre ces deux vocabulaires, ces deux visions ne peut engendre qu’inévitablement le délitement des services de santé et la perte de sens de ses acteurs. Le burn-out n’a aucune causalité provenant de la vie personnelle de la personne, sa naissance est intrinsèquement liée à son travail. « Le burn-out est un état dans les soins de santé dont on parle de plus en plus et qui est lié à l’épuisement professionnel. Il est fort présent chez les soignants au sens large du terme », explique Evelyne Magerat secrétaire permanente à la CNE de Bruxelles.

Le burn-out a plusieurs impacts sur la personne : épuisement émotionnel, dépersonnalisation qui se traduit par une distanciation, un comportement cynique envers les collègues et les clients, ainsi qu’un accomplissement personnel réduit donnant le sentiment de ne pas être suffisamment compétent. Ces aspects trouvent naissances dans l’exigence du travail qui se cristallise par : la charge de travail, le manque de personnel et de moyens, le conflit de rôles, l’ambiguïté des rôles ainsi que la charge émotionnelle. Dans ce secteur, on a besoin de tout le monde au top de ses performances, que le personnel soit en forme ou non. L’effet de cascade a alors un effet cancérigène : si l’infirmière est débordée cela retombe sur l’aide-soignante et ainsi de suite dans le reste du corps médical. C’est pour cela qu’on compte un nombre important et croissant du personnel hospitalier en burn-out.

« Je pense qu’il est la conséquence d’une série de frustrations qui est le sentiment d’un travail non accompli et d’un sentiment de ne plus être capable de faire. De plus, lorsqu’il n’y a plus de caresse positive dans le milieu du travail, le corps et l’esprit craquent et disent stop. Par caresse positive je parle de management doux, de reconnaissance et de gratitude. Le burn-out c’est réellement la maladie du travail de notre siècle », explique Evelyne Magerat.

- [A lire] : Les séjours raccourcis en maternité font du tort aux sages-femmes

Apprendre à dire non !

« Maggie De Block s’est intéressée de manière superficielle à ce problème. Le projet d’accompagnement de personnes en burn-out n’apporte rien de concret. On a une convention collective qui a été signée en février de cette année, celle-ci met un cadre général sur la prévention du burn-out. Normalement il fallait que pour le mois de Juin, chaque institution prenne les devants en disant comment mettre en place ce cadre et cette convention. A ma connaissance, aucune des institutions ne l’a encore fait », déclare de nouveau la syndicaliste. Pour la prévalence du burn-out, une première approche consistant à poser le diagnostic et regarder dans quelle mesure la personne répond aux critères du burn-out clinique. Cependant cette approche comme elle est ne répond pas forcément pour le mieux à la question de la prévention. Le diagnostic est basé sur le score UBOS qui détermine si la personne fait partie des 25% ayant les résultats les plus élevés. Le diagnostic s’attarde sur la position du score et non si la personne possède réellement un score trop élevé.

Pour une meilleure prévention il faudrait identifier les lieux d’usure, là où la charge de travail se fait oppressante, comme des taches récurrentes, une perte de sens des actions effectuées…Il faut également que le travailleur prenne soin de lui et apprenne à dire non : « Je pense qu’au moment de la formation des infirmières, il faudrait leur apprendre à dire non. Leur apprendre les différents risques de burn-out et leur faire comprendre que leur santé et toute aussi importante que celle du patient », déclare Evelyne.

Le burn-out touche le monde de la santé et notamment le personnel hospitalier. La flexibilité, le manque de moyens, la course contre la montre, la perte de la valeur du travail, sont autant de facteurs entrainant la descente aux enfers des travailleurs.

B.T.

- [A lire] : Prévention du burn-out : Maggie de Block lance des projets pilotes



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus