La colère gronde au sein des hôpitaux publics du réseau Iris

La colère gronde au sein des hôpitaux publics du réseau Iris

Burn out, cadences infernales, contrats précaires, bas salaires, sous-effectif… Les hôpitaux publics bruxellois sont frappés, comme dans l’ensemble du secteur, par des problèmes profonds. Pourtant, les politiques et les autorités du réseau IRIS restent sourds aux cris d’alarme répétés du personnel. « Trop, c’est trop », martèle le front commun CGSP-CSC-SLFP. Les syndicats déterrent la hache de guerre. La rentrée sociale sera chaude dans les hôpitaux publics bruxellois !


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« A Bruxelles, la situation est catastrophique dans les hôpitaux publics du réseau IRIS », alerte Carine Rosteleur, Secrétaire Régionale CGSP. Et de développer : « Maggie De Block a imposé au secteur des économies drastiques. Une coupe budgétaire de 900 millions d’euros a été effectuée dans les soins de santé en 2016. Cela a eu des conséquences désastreuses sur les emplois et les conditions de travail. Plusieurs années plus tard, on mesure pleinement la catastrophe. La cadence de travail ne cesse d’augmenter, la durée des hospitalisations a été réduite, les investissements dans les institutions publiques ont été rabotés. Les finances des hôpitaux sont en danger ! » Et cerise (pourrie) sur un gâteau déjà bien indigeste : selon les syndicalistes, il n’est plus possible de négocier avec la direction ou avec les mandataires politiques sur des quelconques avancées pour les travailleurs.

Bien décidé à obtenir des avancées notoires pour tout ce personnel qui s’enfonce dans des conditions de travail qui deviennent insoutenables, le front commun syndical a donc décidé de relancer un vaste plan d’actions dès la rentrée sociale 2019.

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Des salaires toujours plus bas

« Nous sommes très inquiets pour le futur des hôpitaux publics. La politique menée vise volontairement un sous-financement des institutions hospitalières publiques », poursuit Carine Rosteleur. « Le but de la manœuvre ? Les obliger à mener des activités privées pour survivre et garder la tête hors de l’eau au niveau financier. »

Il y a eu les mesures économiques réalisées par le Fédéral. Mais, les hôpitaux publics du réseau IRIS ont aussi été impactés par un sous-financement régional. « Cela a eu un effet négatif sur les barèmes du personnel des pouvoirs locaux. Les salaires des travailleurs de la santé et leurs conditions de travail se dégradent chaque jour un peu plus depuis dix ans », dénonce-t-elle. « On n’arrête pas de tirer la sonnette d’alarme mais les politiques n’ont qu’une réponse à la bouche : nous n’avons pas d’argent. Moi, je leur réponds : faux ! C’est une excuse. Le nœud du problème ? Des choix et des décisions politiques. Leur volonté est de mettre en péril les institutions publiques bruxelloises. »

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Assemblée générale le 13 septembre

Les travailleurs des hôpitaux, des maisons de repos ou bien encore des maisons médicales (pour ne citer qu’eux) : tous sont en souffrance. Ils ont donc décidé d’unir leurs forces au sein du groupe « La Santé en Lutte », né en juin suite à l’appel du personnel des hôpitaux publics bruxellois en lutte. « Nous avons des revendications communes car nous vivons les mêmes problèmes comme, par exemple, un sous-financement structurel. Même les élus le reconnaissent, au fédéral, à la région… Les normes d’encadrement insuffisantes sont reconnues mais personne n’a le courage politique de régler ce problème. La profession dit donc stop et partons au combat », prévient la Secrétaire Régionale CGSP.

Concrètement, ce vendredi 13 septembre à 18 heures se tiendra la première grande assemblée générale de « La Santé en Lutte ». Carine Rosteleur conclut : « L’objectif est de redéfinir les revendications communes et de mettre en place un plan d’actions ambitieux. Et je vous préviens : on ne stoppera pas tant qu’on n’aura pas obtenu un refinancement des hôpitaux publics bruxellois. Nous allons aller chercher de l’argent au niveau fédéral mais aussi à la région. Et tout cela main dans la main avec le secteur privé. »

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E.V.



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