Elections 2019 : qui se préoccupe le plus de l’Aide à la jeunesse ?

Elections 2019: qui se préoccupe le plus de l'Aide à la jeunesse ?

J-2 avant de vous rendre dans l’isoloir. Pour vous aider à faire des choix éclairés, le Guide Social a décortiqué une fois de plus les programmes électoraux des six partis francophones traditionnels. Notre mission a été de débusquer toutes leurs propositions concernant l’Aide à la jeunesse. Trois partis sur six se penchent en profondeur, dans leur programme, sur ce secteur et son futur.

Pour la dernière fois avant le grand jour, nous avons passé au crible le programme politique du PTB, d’Ecolo, du PS, du cdH, de DéFI et du MR, avec une question centrale : que veulent-ils mettre en place dans le secteur de l’Aide à la Jeunesse ? Résultat de notre enquête : le PS, le cdH et DéFI expriment des propositions concrètes dans ce domaine. Côté MR, PTB et Ecolo, on constate globalement un silence radio en la matière.

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La prévention, le cheval de bataille du PS

Les Socialistes développent dans leur programme politique un nombre conséquent de mesures concernant l’Aide à la jeunesse. Le parti souhaite, par exemple, augmenter les moyens dédiés à la prévention. De plus, il veut renforcer les actions de prévention dans les quartiers défavorisés et développer des politiques territoriales de prévention en collaboration avec les autres secteurs.

Le PS veut faire passer l’âge maximal pour le bénéfice des actions de prévention de 22 ans à 25 ans. Il veut aussi apporter des réponses transversales et concertées par rapport aux difficultés spécifiques des jeunes jusque 25 ans, notamment dans la phase particulièrement délicate de transition entre l’adolescence et l’âge adulte.

Le parti souhaite également renforcer les capacités et la création de services d’actions en milieu ouvert afin d’optimaliser la couverture par ce type de services de l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de soutenir la présence de travailleurs au sein des quartiers et dans l’espace public. Il veut aussi ouvrir davantage de « maisons de l’adolescent » afin d’apporter une réponse globale et intégrée.

Finalement, notons encore ces engagements : continuer les efforts entrepris pour éradiquer le placement d’enfants à l’hôpital pour des raisons non médicales, mieux reconnaître et valoriser la pénibilité des métiers du secteur de l’aide à la jeunesse et poursuivre leur revalorisation barémique et développer une offre de prise en charge diversifiée, rapide et efficace, alternative à l’IPPJ, afin d’éviter le sentiment d’impunité chez le jeune délinquant.

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Politisation, favoritisme… : DéFI veut l’autonomie du secteur

Le parti souhaite mettre en place une coordination structurelle des actions de prévention avec les autres secteurs de la jeunesse. On peut ainsi lire dans le programme électoral : « Si DéFI partage les grands principes du nouveau décret et l’accent mis sur la prévention, DéFI pointe l’absence de coordination structurelle des actions de prévention avec les autres secteurs de la jeunesse (maisons de jeunes, associations de jeunes, contrats de prévention et de sécurité). »

Augmenter le budget de la prévention : une autre proposition de DéFI. Pour le parti, si la prévention est aujourd’hui bien ancrée dans le décret, une analyse du budget montre que 75% des moyens de l’aide à la jeunesse sont toujours affectés à l’hébergement. « Les moyens restent très limités pour les acteurs de la prévention, comme pour les AMO (services d’Aide en Milieu Ouvert), qui jouent pourtant un rôle fondamental. » DéFI souhaite une augmentation sensible des moyens consacrés à la prévention, dans le secteur de l’Aide à la jeunesse.

Les démocrates fédéralistes indépendants entendent bien maintenir l’autonomie du secteur en refusant toute mainmise politique sur les institutions. Politisation, favoritisme, conflit d’intérêts…. Des accusations venant d’une partie du secteur de l’aide à la jeunesse ont circulé sous cette législature. Face à ces accusations, DéFI souhaite favoriser l’autonomie du secteur tout en objectivant les subsides, notamment entre les services rattachés à des institutions publiques et des associations privées.

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cdH : renforcer les services dans les familles

Le parti humaniste est convaincu de la nécessité et de l’urgence d’augmenter les services qui interviennent à l’intérieur des familles, pour soutenir les parents, parfois en situation précaire, parfois déficients, parfois négligents voire même maltraitants. Pour le parti, ces missions en famille doivent concerner spécifiquement les jeunes enfants de 0 à 6 ans, mais également les enfants et adolescents de 7 à 18 ans. « Pour cette raison, nous pensons indispensable de renforcer les collaborations entre les Services d’aide à la jeunesse, l’ONE, l’AVIQ en Wallonie et PHARE à Bruxelles et le secteur de la santé mentale. »

Pour le cdH, le placement de l’enfant fragilisé dans une institution agréée doit être envisagé en dernier recours. Les professionnels les encadrant (éducateurs, assistants sociaux, psychologues, etc.) doivent être soutenus. La scolarité de ces enfants doit être mieux suivie, en s’appuyant si nécessaire sur les associations travaillant l’accrochage scolaire, les écoles de devoirs, le soutien scolaire…. Les mineurs délinquants, ayant commis un fait qualifié infraction, doivent recevoir une aide éducative appropriée. Dans toute la mesure du possible, lorsque la situation le permet, ces jeunes doivent bénéficier de mesures alternatives au placement en IPPJ. Le parti soutient, notamment, les séjours de rupture.

Notons encore que le parti veut augmenter l’offre des services d’accueil résidentiels pour jeunes en danger en assurant la subsidiation pérenne des emplois dans le cadre agréé.

Les autres partis sondés, soit le MR, le PTB et Ecolo, n’ont pas développé de propositions claires concernant spécifiquement le secteur de l’Aide à la Jeunesse. Par contre, rendons quand même à César ce qui appartient à César, le MR y fait à un moment allusion : « Rapprocher le secteur de l’aide à la jeunesse des maisons d’accueil ». Mais, ça s’arrête là.



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