"Maggie De Block, que leur dites-vous aujourd'hui, aux sages-femmes ?"

La fermeture de 17 petites maternités en Belgique, recommandée par le KCE et soutenue par Maggie De Block, a enflammé les débats en séance plénière de la Chambre. Les députés ont été nombreux a fustigé cette mesure visant à réaliser des économies dans le secteur de la santé. Une fois de plus… Pointée du doigt, la ministre de la Santé ne s’est pas démontée. Elle persiste et signe !

[DOSSIER]
- Fermeture de 17 maternités en Belgique : la colère des sages-femmes !
- Le KCE recommande la fermeture de 17 petites maternités en Belgique…

Voilà une mesure qui en fait grincer, des dents ! Après la levée de boucliers des associations professionnelles représentant les sages-femmes, la volonté de supprimer 17 petites maternités en Belgique s’est attiré les foudres d’une série de parlementaires. Ainsi, lors de la séance plénière de la Chambre ce 16 janvier, les députés n’ont pas ménagé la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block. Pour rappel, cette dernière a soutenu dans les médias la recommandation du Centre Fédéral d’Expertise des Soins de santé (KCE), pointant qu’elle constituait « une opportunité pour d’autres domaines des soins de santé. Nous dépensons actuellement plus d’argent qu’il n’en faut pour les maternités, ce qui laisse moins d’argent que nécessaire pour les autres services de santé. » Des propos qui ont fait l’effet d’une bombe dans le rang des députés fédéraux. En séance plénière, ils ont été nombreux à s’opposer à cette mesure, dénonçant notamment les effets désastreux que cette dernière aura sur le personnel soignant, déjà en grande souffrance…

Une avalanche de critiques...

« Les conclusions de ce rapport sont purement budgétaires ; elles n’ont rien d’humain. Un service de maternité est un service de proximité fondamental qui doit garantir les meilleures conditions pour le bien-être des mamans et de leur bébé dès les premiers jours de leur vie », a lancé Laurence Hennuy, députée Ecolo.

« Fermer des maternités pour réaliser des économies : en est-on vraiment arrivé là, aujourd’hui ? », a demandé pour sa part la socialiste Eliane Tillieux. « Vous voulez rationaliser encore et toujours sans garantir la qualité et l’accessibilité des soins. Cette façon de faire est, pour nous, complètement incompréhensible. Pourquoi ? Parce que cela ne sera pas sans conséquence pour les autres hôpitaux qui vont devoir absorber l’ensemble des activités des maternités concernées alors que l’on connaît déjà le mal-être et le désarroi du personnel soignant. » Et de rajouter : « Cela aurait des conséquences sur les membres du personnel soignant de ces 17 maternités qui, pour poursuivre un métier qu’ils exercent généralement par passion, devront se délocaliser ou bien se réorienter et se former pour assurer d’autres services hospitaliers. »

De son côté, Catherine Fonck (cdH), a estimé que la fermeture des maternités allait provoquer une série de dommages collatéraux. En effet, cette mesure risquerait de nuire à d’autres services comme la gynécologie ou bien la pédiatrie. Pire encore, c’est l’ensemble de l’hôpital qui pourrait être impacté. Notons encore que la députée DéFI, Sophie Rohonyi, a eu une pensée particulière pour les sages-femmes : « Elles travaillent déjà dans des conditions extrêmement difficiles. Et que leur dites-vous aujourd’hui ? Vous leur dites qu’elles n’ont qu’à travailler ailleurs, qu’elles doivent se reconvertir, se réorienter en tant qu’infirmières. C’est parfaitement inaudible ! »

« Une utilisation plus efficace des budgets »

Face à cette pluie d’attaques, Maggie De Block a réaffirmé qu’elle soutenait la recommandation émise par le KCE. Elle a ainsi pointé qu’« une maternité est un service qui doit connaître suffisamment d’activités pour pouvoir fonctionner de manière efficace. Il ressort de l’analyse qu’il faut au minimum 557 accouchements pour pouvoir organiser une maternité de manière efficace. Il est même recommandé d’augmenter le nombre jusqu’à minimum 900, voire 1 000 accouchements. »

La norme actuelle pour une maternité est de minimum 400 accouchements par an et par hôpital, mais, selon l’analyse du KCE, un certain nombre de maternités en effectuent beaucoup moins ou alors l’hôpital réalise 400 accouchements sur deux sites. « Ce nombre d’accouchements est clairement beaucoup trop faible », a noté la mandataire politique. Et d’annoncer : « Avoir moins de maternités ne signifie en aucun cas que nous allons faire des économies sur les soins de santé dans leur globalité, mais cela signifie que nous emploierons nos budgets de manière plus efficace, pour les patients qui en ont vraiment besoin. Les maternités les plus petites ont les plus grands frais fixes par accouchement. Fermer les petites maternités revient, d’une part, à veiller à ce que le moins de prestataires de soins possibles doivent assurer une permanence, ce qui, dans la pratique, est souvent synonyme d’attente et, d’autre part, à faire en sorte qu’il y ait moins de structures sous-utilisées. »

La ministre a conclu son intervention en exprimant une promesse : ces économies pourront bénéficier aux services touchés actuellement par un sous-effectif. Poudre aux yeux ou véritable « mieux » pour le secteur ?

- [A lire] : Les séjours raccourcis en maternité font du tort aux sages-femmes

E.V.



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