Formation : sensibiliser les professionnels aux soins des publics précaires

Formation: sensibiliser les professionnels aux soins des publics précaires

L’Université Libre de Bruxelles propose, depuis la rentrée 2018, un certificat universitaire en Santé et Précarité. Cette formation a pour but de sensibiliser les professionnels à la prise en charge des populations en situation précaire.

Cette formation, d’une durée de 60 heures, se déroule sous la forme de plusieurs workshops étalés de novembre 2019 à mars 2020. A la suite d’une conférence d’ouverture intitulée “Penser la pauvreté. Histoire de l’aide sociale en Belgique", auront lieu tous les jeudis de 16h à 20h plus d’une dizaine d’ateliers. La formation est ouverte à environ 25 étudiants, afin de favoriser l’interaction des élèves avec les intervenants lors des différents séminaires.

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Préparer à la complexité du terrain

Judith Racape, coordinatrice académique au sein de l’ULB, reconnaît que la formation a été créée afin de pallier un manque de connaissance des professionnels quant à la diversité des approches possibles. Elle affirme : ”Il est crucial de prendre en compte les différents facteurs qui favorisent la précarité afin d’assurer une meilleure prise en charge." Les professeurs des facultés de Santé publique, de Médecine, de Philosophie et des Sciences Sociales interviennent donc lors de divers workshops. L’objectif est de préparer les élèves à considérer les problématiques de santé de manière transversale, c’est à dire à travers le point de vue médical, social, légal, psychologique et aussi environnemental.

"Cet enseignement est marqué par la volonté de travailler plus en profondeur, de comprendre l’humain dans l’ensemble de ces facettes", salue Sandrine Paquay, chargée de communication au sein de l’ULB. Pour se faire, de nombreux professionnels viennent partager leurs expériences de terrain avec les élèves dans le cadre des workshops. Plusieurs intervenants sont issus de Médecins de monde, qui a d’ailleurs participé à la création du certificat. L’ULB fait aussi intervenir des travailleurs d’associations actives dans la mise en place de soins pour des publics en situation de précarité, notamment les ASBL Aquarelle, Femmes et santé, Cultures & santé.

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Un enseignement interactif

La formation s’articule autour de deux modules : le premier se compose d’un cycle d’ateliers interactifs et le deuxième d’un travail de fin d’étude. Judith Racape souligne une évolution dans l’organisation de l’enseignement : “Alors que plusieurs conférences avaient eu lieu l’année dernière, cette année il y en a seulement une d’ouverture. La formation est donc exclusivement composée de workshops afin de favoriser une interaction avec les divers intervenants.”

Les workshops offrent d’abord aux étudiants une approche généraliste avec des modules tels que "Les soins de première ligne" et "Le rôle des CPAS dans la santé". Cependant, plus l’enseignement avance, plus les ateliers proposés se concentrent sur des axes d’études précis comme "Prison", "Migration", "Femmes et précarité" ou "Santé et environnement". Les étudiants apprennent donc à appliquer des connaissances générales à ces contextes particuliers.

Les élèves ont aussi la possibilité d’approfondir une de ces thématiques avec le travail de fin d’étude qui porte sur un sujet choisi par chaque étudiant. "Si quelqu’un n’a pas eu la sensation d’être allé jusqu’au bout d’un sujet, il peut dans le cadre de son travail de fin d’étude l’approfondir et le défendre à l’écrit puis à l’oral", précise Sandrine Paquay avant d’ajouter : "Ces deux étapes nécessaires à la certification du diplôme représentent l’opportunité de poser des questions aux professionnels sur les sujets qui les intéressent en particulier."

Pour la rentrée 2019, quelques places sont encore disponibles pour intégrer la nouvelle promotion déjà constituée d’une vingtaine d’élèves.

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A.T.



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