Je n’aime plus mon métier : les travailleurs du social se questionnent

Je n'aime plus mon métier: les travailleurs du social se questionnent

Les travailleurs de la santé et du social perdent l’essence même de leur métier : le sens. Les institutions et le contexte sociétal et politique mettent de plus en plus de pression et de charges sur les acteurs sociaux. Face à ce malaise des professionnels du monde social que faire ? Comment inverser la tendance ? Comment redonner du sens à une profession qui n’y croit plus ? L’asbl AFICo organise cinq jours de formation sur le thème « Je n’aime plus…le travail social » pour tenter d’y remédier et de comprendre pourquoi cet amour profond du métier s’en va.

« On a remarqué que les travailleurs du social subissent de plus en plus leur travail. Que les différentes pressions influencent le moral des travailleurs et qu’une frange importante n’avait plus l’envie d’exercer leur travail. Qu’une perte de sens de plus en plus flagrante se faisait sentir », explique Jennifer Barras membre d’AFICo, une asbl syndicale d’éducation populaire centrée sur le monde du travail. La structure organise des formations de cinq jours entre le 3 et le 22 octobre autour de la problématique du désamour du travail social.

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Lorsque le travail perd de son sens

Le travail social a évolué depuis une vingtaine d’années, et certains travailleurs se soumettent en se résignant à cette évolution car ils sont épuisés de lutter à contre-courant. Ils sont confrontés au vide, au néant face aux tâches exécutées, à mille lieux de leurs aspirations premières. Les acteurs du monde social choisissent la plupart du temps ce secteur par engagement, passion et, car cela a du sens pour eux. Mais alors, que deviennent-ils lorsque le travail effectué au fur et à mesure perd de son sens et que l’amour du travail laisse place à la lassitude ?

Le secteur est soumis de plus en plus à des nombreuses charges et problématiques qui sont très loin des prérogatives du travail social. La rentabilité, les bénéfices, le retour sur investissement, autant de nouvelles données à prendre en considération pour le secteur. Une nouvelle donne qui influe sur la qualité et la physionomie du secteur. Ce n’est pas par pur hasard que les métiers sociaux se retrouvent touchés par les différentes maladies du travail comme le burn-out ou le brown-out.

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Une formation pour comprendre

« Les journées de formation concernent l’entièreté des travailleurs sociaux, c’est-à-dire des éducateurs spécialisés aux infirmiers ». Comme le précise Jennifer Barras, le secteur social englobe également le secteur de la santé. Le management des hôpitaux, les politiques financières agissant depuis des décennies sous les préconisations politiques, sont un reflet de la souffrance qui émane du monde social.

L’asbl AFICo organise la formation « Je n’aime plus ... le travail social » qui se veut être un lieu d’échanges sur l’évolution des professions du secteur social face à l’arrivée des logiques pécuniaires. En effet, les symptômes de la souffrance au travail sont paradoxalement fortement présents chez les travailleurs de la santé. Et face à cette lassitude, à cette perte de sens, il est parfois nécessaire de stopper et prendre du recul.

Devant ce malaise grandissant, l’association souhaite analyser l’évolution des pratiques professionnelles et du contexte social ainsi que politique du secteur social. Par les ateliers qu’elle va mettre en place durant les journées de formation, acteurs sociaux et membres de l’association vont travailler ensemble, échanger, dans le but de faire émerger des pistes de réflexions collectives et individuelles, des solutions aux situations vécues.

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Jennifer Barras, l’une des coordinatrices de ce projet explique : « Les travailleurs du monde social vivent dans une sorte d’étau. Ce sentiment de ne plus pouvoir trouver la respiration nécessaire conduit à de grandes souffrances dans le monde de travail. On veut à travers ces journées de formations et d’échanges, trouver des solutions et voir si on peut retrouver du sens dans le travail social. On ne vient pas forcément avec des outils précis, bien sûr, on a notre plan d’action et nos hypothèses, mais on va trouver des pistes de solutions grâce aux différents échanges. C’est au travers des souffrances personnelles que nous allons trouver des réponses collectives ».

B.T.

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