Grève nationale : forte mobilisation des travailleurs de notre secteur

Grève nationale: forte mobilisation des travailleurs de notre secteur

Ce mercredi, les travailleurs des maisons de repos, des hôpitaux ou encore des crèches ont fait entendre leur voix. En ligne de mire de leur mobilisation massive : les mesures limitant les possibilités en matière d’accompagnement de fin de carrière, l’allongement des carrières et la non reconnaissance des métiers pénibles.

La grève de mercredi est née après le retrait des trois syndicats des discussions au sein du groupe des Dix concernant la nouvelle marge salariale, et ce dans le cadre de l’accord interprofessionnel 2019-2020. Impossible de parvenir à un arrangement entre les patrons et les syndicats… Vu ce contexte, le secteur non marchand n’était pas directement concerné par les revendications soulevées par les syndicats en front commun. Pourquoi ? Car le non marchand ne suit pas le même calendrier.

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« Il n’est pas touché par les accords interprofessionnels. Il ne s’inscrit pas dans la même temporalité que les AIP », pointe Yves Hellendorff, secrétaire national de la CNE. « Le non marchand fonctionne sur un champ pluriannuel de 4/5 ans. Sa marge salariale était donc moins impératrice dans les négociations. Il était donc difficile de le mobiliser sur ce point. Pourtant, ses travailleurs ont répondu à notre appel et cela au-delà de nos espérances. »

Des piquets partout

La plupart des hôpitaux de Wallonie et de Bruxelles ont ainsi été touchés par la grève mercredi. Le secteur des maisons de repos a également répondu en masse au mot d’ordre de grève. Il a fallu faire preuve de grande créativité pour assurer un service minimum : « on est en service minimum tout le temps ! », a martelé le personnel.

Forte participation également du côté des services de soins à domicile et d’aide à domicile. De plus, de nombreuses crèches et même quelques accueillantes d’enfants à domicile étaient soit fermées soit avec un nombre de places limité.

En aide sociale (aide aux personnes handicapées, aide à la jeunesse), la CNE a observé une situation très variable de région à région : entre fermeture pure et simple, service minimum, jusqu’à une assemblée avec arrêt de travail ou une simple distribution de tracts.

Obligés à reprendre le boulot même si...

Un point tenait particulièrement à cœur à nos travailleurs : la fin de carrière. « Le secteur est très remonté. Le gouvernement n’a pas été tendre avec le RCC soit le régime de chômage avec complément d’entreprise ou avec les crédits-temps. De plus, ils ont poussé les travailleurs à reprendre le boulot alors qu’ils étaient malades ou en invalidité », insiste Yves Hellendorff.

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Il développe : « Cette mesure est problématique pour de nombreux services. Un exemple ? Une infirmière qui a des problèmes de dos et qui est obligée de reprendre malgré tout le travail. Cette mesure a un impact sur ses collègues qui sont obligés de faire le travail à sa place. Cela augmente leur charge de travail à eux. Au niveau des soins à domicile, quand un travailleur ne peut plus assurer les gardes du soir, par définition, ce sont ses collègues qui vont devoir compenser cette situation. »

L’absence d’accord valable dans le dossier des métiers pénibles était aussi au cœur des revendications du non marchand.

E.V.



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