L’aide à domicile dit non à l'assurance autonomie !

L'aide à domicile dit non à l'assurance autonomie !

Mardi, les professionnels de l’aide à domicile ont manifesté devant le cabinet d’Alda Greoli, à Namur, contre la future assurance autonomie. Selon eux, la ministre wallonne ne prend pas suffisamment en compte le volet social de leur profession.

Dans le secteur de l’aide à domicile, l’assurance autonomie wallonne, qui devrait être lancée en janvier 2020, ne convainc pas. Fin mars, la Fédération wallonne des services à domicile (FEDOM) et la Fédération des Centres de Services à Domicile (FCSD) s’étaient déjà exprimées contre le projet. Mardi 17 avril, certains professionnels ont fait grève et ont manifesté devant le cabinet d’Alda Greoli, la ministre wallonne en charge de l’Action sociale. Le nouveau système, qui se concentre essentiellement sur les personnes dépendantes, occulterait selon eux l’importance de l’accompagnement social et exclurait certains publics.

Grève et manifestation

Ce sont la Fédération Générale du Travail en Belgique (FGTB) et les deux fédérations de services d’aide à domicile, la FEDOM et la FCSD, qui ont lancé le mouvement. Ces fédérations représentent à elles seules 6.000 travailleurs qui interviennent auprès de quelques 40.000 ménages. Une partie d’entre eux ont donc fait grève ce mardi 17 avril contre le projet d’assurance autonomie et environ un millier de manifestants se sont présentés devant le cabinet de la ministre à Namur, malgré ses tentatives pour rassurer le secteur. "Le métier de l’aide familiale ne changera pas", a-t-elle assuré sur La Première.

Une réforme trop "médicale"...

Si l’assurance autonomie est critiquée, c’est qu’elle est, pour les professionnels de l’aide à domicile, trop concentrée sur des questions médicales et pas assez sur l’aspect social de leur intervention. L’outil BelRAI Screener, qui sert dans le nouveau système à évaluer la dépendance des personnes, est ainsi en cause. Celui-ci s’intéresse aux aspects physiques de la perte d’autonomie, mais pas aux facteurs plus sociaux et environnementaux comme la distance avec les différents services d’aide ou la situation familiale de la personne. C’est ainsi toute une partie des bénéficiaires de l’aide à domicile qui risque d’être exclue par l’assurance autonomie. En effet, les services d’aide ne viennent pas seulement en aide aux personnes âgées dépendantes, mais ils encadrent aussi des familles en difficulté, des malades ou des personnes isolées.

La question du budget pose aussi question pour soutenir le remboursement des prestations. Interrogée par La Première, Alda Greoli a soutenu que 200 millions d’euros étaient déjà en jeu pour le seul secteur de l’aide à domicile. "Demain, il nous faut plus de 400 millions", a-t-elle déclaré.

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... Qui complexifie le secteur

Les fédérations et le syndicat de travailleurs critiquent aussi ce qu’ils considèrent être une complexification du système d’aides. Pour décider de l’octroi de l’assurance autonomie, de nouveaux acteurs interviennent, ce qui risque d’augmenter les délais de traitement des dossiers. Les professionnels critiquent un système trop opaque qui risque de mener à une "déprofessionnalisation" du secteur, ainsi qu’un manque de concertation dans son élaboration.

- [A lire] : La Fédération des CPAS donne des recommandations sur l’assurance autonomie

L’assurance autonomie, qu’est-ce que c’est ?

L’assurance autonomie était à l’origine un projet du ministre Maxime Prévot, prévu pour 2017. Pourtant, il a pris du retard et est aujourd’hui annoncé pour janvier 2020 après sa reprise par la ministre actuelle de l’Action sociale, Alda Greoli. L’assurance autonomie consiste en un remboursement des actes non-médicaux pour les personnes dépendantes qui souhaitent rester à domicile. Elle suppose une contribution de tous les citoyens wallons à partir de 26 ans, à raison de 50€ par an. Le système existe déjà en Flandre et est actuellement en cours de réflexion à Bruxelles.

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La rédaction



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