"Il faut revoir le financement des services de santé mentale"

C’est un nouveau visage au Parlement wallon. Fatima Ahallouch, conseillère communale de Mouscron de 37 ans et députée, se passionne pour la politique depuis ses 20 ans. Assurance autonomie, handicap, personnes âgées, maisons médicales ou encore santé mentale : l’enseignante présente ses priorités pour le secteur psycho-médico-social.


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L’assurance autonomie initiée par Alda Greoli, ministre wallonne sortante de la Santé et de l’Action Sociale : stop ou encore ? Pour Fatima Ahallouch, le projet ne pourra suivre son chemin législatif qu’en subissant de profonds remaniements. « Le gouvernement MR-cdH a voulu mettre en place une assurance autonomie basée sur une cotisation forfaitaire obligatoire pour tous les citoyens et donc elle ne tenait pas compte des revenus », note la députée. « Pour le PS, il faut une assurance autonomie basée sur la capacité contributive et une offre diversifiée d’aides adaptées en vue d’offrir une autonomie de choix pour les bénéficiaires. » Élargir la vision du futur système d’assurance autonomie est essentiel selon elle : « Il doit pouvoir, à terme, s’adresser à l’ensemble des citoyens et citoyennes en perte d’autonomie et favoriser la participation à la vie sociale pour le plus grand nombre. »

Concernant l’accueil ainsi que la prise en charge des personnes âgées, la députée wallonne préconise notamment « d’amplifier les services à domicile et d’augmenter la visibilité des centres de coordination de soins et de l’aide à domicile, notamment pour permettre aux personnes en manque d’autonomie qui le souhaitent de continuer à vivre chez elles, en rendant cette offre accessible financièrement. » Elle rappelle également que son parti, le PS, veut soutenir davantage les aidants proches. Comment ? Notamment en renforçant mais aussi diversifiant l’offre de répit.

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Handicap : « Développons des structures d’accueil »

La conseillère communale de Mouscron souhaite également améliorer la prise en charge ainsi que l’inclusion des personnes en situation de handicap. Pour y parvenir, elle estime qu’une des priorités est de renforcer la prise en compte du handicap dans le cadre de l’ensemble des politiques (handistreaming) ainsi que la concertation avec les personnes handicapées et les associations qui défendent leurs intérêts. « Il faut aussi garantir aux personnes en situation de handicap les conditions nécessaires pour qu’elles puissent vivre dignement. Pour le PS, il est indispensable d’améliorer l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap en instituant la responsabilité sociétale auprès de tous les employeurs et la prise en charge des besoins liés au manque d’autonomie pour lutter contre la pauvreté », poursuit-elle. Et de rajouter : « Enfin, il faut développer des structures d’accueil, d’hébergement et de soins, adaptées aux besoins et en nombre suffisant. »

Comment améliorer le travail mené par les professionnels du secteur de la santé mentale ? Pour la députée wallonne, la réponse réside notamment dans le fait de revoir le financement et les modalités des services de santé mentale pour répondre à l’augmentation des besoins de prise en charge de la santé mentale de première ligne.

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Multiplier les maisons médicales à forfait

Finalement, Fatima Ahallouch se positionne comme une fervente supportrice des maisons médicales et plus particulièrement de celles qui sont au forfait. Des services de santé de première ligne qui, pour elle, offrent une accessibilité financière à 100% ainsi qu’un accompagnement pluridisciplinaire à la plus-value non négligeable. Vu ce contexte, elle préconise de développer davantage ces lieux de soins. « Pour rappel, le gouvernement MR N-VA avait fixé un moratoire sur les maisons médicales qui a privé 20.000 patients de soins de première ligne », conclut-elle. « C’était d’autant plus inacceptable que le profil des patients en maison médicale est plus précaire et en moins bonne santé. »

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