Infirmiers, ergothérapeutes… : besoin criant de main-d’œuvre

Infirmiers, ergothérapeutes... : besoin criant de main-d'œuvre

Les employeurs du secteur de la santé et du social peinent à recruter une série de profils. Actiris et le Forem ont recensés, comme chaque année, les métiers en pénurie ainsi que les fonctions critiques. Sans surprise, sur cette liste, nous retrouvons notamment les puéricultrices, les pharmaciens, les ergothérapeutes ou bien encore les infirmiers.

Notre secteur est largement représenté sur la liste des fonctions critiques ainsi que sur celle qui recense les métiers en pénurie. Il faut cependant faire la distinction entre ses deux listes. La liste des fonctions critiques regroupe les métiers où il est plus difficile de satisfaire la demande dans un délais raisonnable alors que la liste de métiers en pénurie rassemble les métiers où il manque cruellement de main-d’œuvre. Zoom sur les métiers du social ou de la santé frappés par un manque de travailleurs qualifiés sur le territoire de Bruxelles ainsi qu’en Wallonie.

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Wanted : métiers compliqués à trouver

La loi de l’offre et la demande de notre économie permet d’expliquer schématiquement ce problème. La demande est supérieure à l’offre créant un déséquilibre et un espace de vide plus ou moins à long terme. Malgré un niveau de chômage important, certains secteurs peinent à recruter des profils correspondant à leurs offres d’emploi. Actiris a dressé une liste de 100 métiers considérés comme critiques et 72 d’entre eux sont perçus comme métiers en pénurie. En ce qui concerne le secteur psycho-médico-social, on constate un état critique pour les médecins généraliste avec 25 offres reçues par Actiris en 2018 pour 31 réserves de main-d’œuvre, les pharmaciens avec 45 offres pour 103 réserves ou encore les ergothérapeutes avec 73 offres pour 61 réserves.

La situation des infirmiers est elle aussi des plus sensibles. En plus du manque de moyens et des problèmes évoqués lors du mouvement des blouses blanches, on trouve une explication supplémentaire à la surcharge de travail qu’ils éprouvent : de moins en moins de jeunes souhaitent adopter cette carrière professionnelle, boudant alors les études. Pour les infirmiers bacheliers gradués en pédiatrie, on compte 26 offres pour 16 de réserves. Mais ce chiffre s’envole et devient inquiétant pour les infirmiers en gériatrie avec 114 offres pour 4 réserves ! Enfin on trouve les infirmiers sociaux en santé communautaire avec 62 offres pour 23 de réserves. Les infirmiers ne sont pas les seuls à atteindre une telle situation critique, les puéricultrices avoisinent 621 offres pour 712 réserves.

Le FOREM a également mis à disposition une liste des métiers en pénurie où le manque de main-d’œuvre est criant. On y retrouve les métiers comme chef de service paramédical, infirmier en soins spécialisés, orthoptiste, technicien en imagerie médicale. La liste est cependant moins précise que celle des professions critiques, mais elle alarme sur ces métiers et la pénurie qui les entoure.

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En cause : l’envol des contrats précaires

Selon le FOREM, « un métier est en pénurie quand moins de 15 demandeurs d’emploi sont disponibles pour 10 offres ». Comment expliquer cela alors, qu’au même moment, le chômage est toujours présent et avoisine un pourcentage préoccupant. Ces effets de distorsion au sein de différentes familles professionnelles ne sont pas forcément le résultat d’une destruction créatrice à la Schumpeter ou d’un désintérêt pour le secteur. Plusieurs hypothèses et raisons sont données : problèmes de qualification ou d’expérience, niveau de langue, conditions de travail. Les exigences des employeurs ainsi que le profil recherché, les attentes des employés et les compétences professionnelles de ceux-ci sont autant de raisons expliquant ces effets de pénurie. On peut rajouter à cela le recours au travail intérimaire et aux contrats courts ou aux micro-contrats. Il s’agit donc souvent d’une conjonction de plusieurs facteurs, expliquant les difficultés de recrutement.

Cette mise en lumière des problématiques d’embauche sectorielles peut néanmoins avoir un effet positif voir deux. Permettre aux étudiants d’avoir de l’inspiration sur les métiers et les secteurs où le besoin est présent et les débouchés nombreux au moment de faire leur choix d’orientation. Moment où l’étudiant se retrouve bien souvent seul avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. L’autre point intéressant dans cette liste, c’est la possibilité pour Actiris et le Forem d’adapter leurs offres de formations pour pallier cet état critique et ainsi mieux accompagner les demandeurs d’emploi dans leur reconversion.

B.T.



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