L’hospitalisation à domicile (HAD), pour ou contre ?

L'hospitalisation à domicile (HAD), pour ou contre ?

Un article de Vie@Home se penche ce mois-ci sur l’hospitalisation à domicile. Encore peu pratiquée en Belgique, la mesure gagne cependant à être reconnue.

Dans le discours de Maggie De Block, l’hospitalisation « à domicile » (HAD) n’exclut pas les patients qui vivent en institution. On pourrait imaginer que des soins complexes habituellement dispensés à l’hôpital interviennent en maison de repos. L’HAD n’en est toutefois qu’au stade expérimental en Belgique. Beaucoup de questions organisationnelles, juridiques, de financement... restent à trancher mais certains sont persuadés que la formule mérite de prendre corps.

Sophie Vermeulen en fait partie. Elle tient les manettes de la résidence Les Tamaris, une MRS de quasi 150 lits implantée à Evere. A ce titre, elle est associée à la réflexion HAD des cliniques universitaires Saint-Luc, à un kilomètre de là (lire page 3). Celles-ci, il y a 2 ou 3 ans, ont analysé le réseau de MRS avoisinantes, dans l’optique d’intensifier leurs liens fonctionnels avec certaines (dont in fine Les Tamaris) et d’assurer un réel suivi des patients-résidents, se remémore la directrice. Elle-même était d’autant plus réceptive à l’idée de phosphorer sur le concept d’HAD qu’elle avait « justement à l’époque un résident en dialyse péritonéale, ce qui lui épargnait des déplacements incessants à l’hôpital. En somme, c’était déjà de l’HAD, même si on n’employait pas encore l’expression. »

Des promesses et des limites

Bien ancrée en France (lire page 5), l’HAD ne perce encore chez nous que sous forme de projets pilotes, sélectionnés par l’Etat (qui parfois ne font que formaliser des initiatives amorcées antérieurement par l’un ou l’autre hôpital). En mars 2017, le cabinet De Block a retenu 12 expérimentations - 5 wallonnes, 2 bruxelloises, 5 flamandes - quasi essentiellement axées sur l’antibiothérapie en IV et l’administration de traitements oncologiques. Elles sont toujours en cours. Sophie Vermeulen voit dans l’HAD à la fois des promesses et des limites - et, assurément, des questions à régler pour lui permettre de décoller. Evidemment, une HAD au domicile et en institution, ce ne sera jamais la même chose, commente-t-elle. « Une antibiothérapie à domicile, passe encore. Une chimiothérapie, c’est déjà plus délicat. Et c’est souvent un proche, un conjoint, qui doit se muer en infirmière, de jour, de nuit, et gérer les effets secondaires... A l’hôpital, il y a du personnel. Le patient serait encadré. Se charger de tout à la maison, bien sûr, c’est moins cher pour Maggie De Block. Mais il faudra voir si c’est tenable pour l’aidant. On risque d’avoir des gens totalement épuisés. En MRS, c’est différent. On s’approche davantage d’un environnement hospitalier, avec la présence de professionnels. L’HAD y a du sens, même si ça lève des questions, par exemple en termes de capacité et d’habilitation à poser un acte de soins. »

Adrénaline

Des questions pas insurmontables, du reste. Les soins HAD sont certes plus lourds et plus techniques que ceux habituellement dispensés en maison de repos. On parle d’intraveineuses, de manipulations sur port-à-cath, de nutrition entérale ou parentérale, de mise en place de sonde vésicale, de soins sur trachéotomie... Sophie Vermeulen ne doute pas que ‘ses’ infirmières ont le bagage nécessaire pour maîtriser un geste dont leur choix de carrière les a éloignées, le cas échéant en s’y exerçant à nouveau. « Aux Tamaris, aucune ne dirait non à l’idée de se remettre en main une technique. Ça leur manque même parfois, cette ‘adrénaline’ des soins moins courants. » C’est le médecin hospitalier qui a prescrit l’HAD qui est responsable des actes infirmiers que vont exécuter une infirmière indépendante - ou une infirmière de la MRS, si la pratique s’y répand, pour - suit notre interlocutrice « Même si cela se déroule en lien avec le médecin traitant, cela se passe donc sous la responsabilité d’un médecin qu’elles ne connaissent pas. » Cela dit, la directrice est confiante sur ce point-là aussi : les médecins qui initient une HAD, c’est parce qu’ils croient dans les vertus du projet. « Ils seront ouverts aux contacts. » On sent donc Sophie Vermeulen enthousiaste à ce que se poursuive l’exploration de la formule, « qui a bien des atouts. Un résident qui doit être conduit à l’hôpital trois fois par semaine se désolidarise du projet d’animation. Il prend ses repas en chambre à son retour et donc perd des contacts avec la communauté. Il est souvent fatigué non seulement par les traitements mais aussi par les déplacements répétés, il en perd l’appétit ... Comme directrice je suis donc clairement pour, mais il faut donner un cadre à tout ceci. »

Lire l’article complet



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.