Le « Housing First » manque cruellement de moyens en Wallonie

Le ''Housing First'' manque cruellement de moyens en Wallonie

Le projet "Un chez soi d’abord", en anglais "Housing First", a été lancé à Namur il y a 3 ans. L’objectif de ce dispositif innovant est de réinsérer les personnes sans-abri dans la société, en commençant d’abord par leur trouver un logement et ensuite préparer leur intégration. Problème : le manque de moyens financiers remet en cause la durabilité du projet.

Après avoir été mis en place en 2013 dans plusieurs grandes villes, dont Bruxelles, Charleroi et Liège, le projet Housing First continue à faire ses preuves. A Namur son bilan est également très positif. Toutefois, un problème survient : l’insuffisance de moyens financiers qui remet en cause la continuité du projet.

- [A lire] : Logement à Bruxelles : Les sans-abri sur le carreau ?

Un bilan très positif, mais...

Ce projet à été lancé à Namur en juillet 2015. Depuis, 28 SDF ont pu y être relogés, dont 26 hommes et 2 femmes, qui avaient vécu dans la rue plus de 7 ans. Actuellement, près de 90% de ces personnes vivent toujours dans ces logements. Signe du succès de la formule.

Néanmoins, l’avenir du projet est en péril. Renaud De Backer, responsable du projet au Relais social urbain namurois, a déclaré sur la RTBF que l’insuffisance des moyens freine la continuité de ce dispositif : "On a une amélioration de l’état de santé physique et de l’état de santé mentale. Mais les enjeux restent sur la pérennisation du dispositif et son amplification. Donc les acteurs sont unanimes, pour les personnes sans abri, ça marche. Mais les moyens sont insuffisants pour le moment de permettre la continuité du projet".

- [A lire] : Aider les publics précarisés à accéder à la santé

Selon Renaud De Backer, "il faut plus de moyens. Il faut plus de logements. Même si à Namur on est obligé de refuser des logements parce qu’on n’a pas assez de moyens d’accompagnements. Donc c’est inquiétant de se dire qu’il y a des personnes qu’on pourrait sortir de la rue mais qu’on ne sait pas les accompagner".

Un besoin accru de financement

Pour les SDF qui obtiennent un logement, il y a une condition à respecter : suivre une fois par semaine un accompagnement social. Toutefois, pour assurer cet accompagnement, il faut du personnel social et donc des moyens financiers. Le centre de Namur n’a actuellement qu’un peu plus de 4 personnes équivalent temps plein pour garantir ce service d’accompagnement.

- [A lire] : Un plan d’investissement pour rénover 5.758 logements publics

Un problème qui se retrouve dans les 4 villes wallonnes ayant mis en place ce projet : Liège, Charleroi, Namur et depuis peu aussi Mons. Et pour cause, en 2018, pour toutes ces structures, un budget de 480.000 euros a été alloué pour les 4, soit 120.000 euros pour chaque ville. En 2017, la Région de Bruxelles Capitale avait à elle seule un budget de : 1.300.000 euros. Pour Renaud De Backer, la priorité est d’intensifier ce mouvement en Région wallonne.

La rédaction



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus