Les rendez-vous flottants chez le psy : avantages et inconvénients

Les rendez-vous flottants chez le psy : avantages et inconvénients

Souvent, les rendez-vous chez le psy ont lieu à heure fixe d’une semaine à l’autre. Mais certains praticiens fonctionnent au coup par coup, selon les horaires mais surtout selon les besoins de leur patientèle. Ce qui ne semble qu’une organisation pratique du travail a évidemment, comme toujours, des conséquences cliniques. Avantages et inconvénients des deux modèles…

Un rendez-vous régulier, à heure fixe, peut-être très sécurisant pour certains patients. Ce temps leur appartient et leur est réservé semaine après semaine. Mais ce cadre est parfois trop rigide pour d’autres, pour toutes sortes de raisons. Il peut donc être utile d’utiliser les deux modes de prise de rendez-vous : soit flottant (selon les conditions de vie ou le souhait) soit à heure fixe (un moment particulièrement adéquat, ou une répétition qui rassure). Mais le plus important sera toujours la clarté de l’option choisie, car le cadre, lui, doit impérativement être solide.

Des vies mouvantes

Prise à l’époque dans une activité professionnelle artistique, je n’aurais jamais pu faire ma psychanalyse avec des rendez-vous fixes. Et le praticien l’avait bien compris, il s’est adapté. Beaucoup de gens sont dans le même cas. Car de plus en plus d’horaires sont variables (infirmier, pilote, chauffeur de taxi,…) ou comportent des imprévus (réunions, voyages). Côté vie de famille, même mouvance (garde des enfants, par exemple). Bref, les séances doivent s’inscrire dans une vraie vie. Ce qui n’est pas forcément aisé.

Et le rythme ?

Le rythme des séances peut également s’adapter, mais sa gestion est plus nuancée. En effet, il doit baliser le travail (le distendre pourrait être une échappatoire dans les moments plus difficiles) mais en même temps il doit suivre le chemin thérapeutique au long cours. Il n’est donc pas rare que les séances s’espacent lorsque les besoins se transforment, voire bien sûr qu’elles s’arrêtent. Des patients reviennent parfois après des années d’absence pour « reprendre une tranche » et se mettre au travail à nouveau. Et c’est très bien comme ça.

De la concertation avant toute chose

Les seuls aspects sur lesquels on ne peut transiger, c’est la clarté de l’organisation et sa co-construction. Peu importe le mode de prise de rendez-vous ou la manière de gérer le rythme des séances, chaque fonctionnement ou changement doit être discuté avec le patient et doit être validé par les deux parties. Tout comme les règles qui régissent une éventuelle annulation (et qui devront être plus précises encore dans un cadre plus souple). L’idée est de rendre le fonctionnement des rencontres confortables tout en garantissant la solidité de la prise en charge.

Faire feu de tout bois

De toute façon, tout ce qui touche au cadre de travail autour de la relation thérapeutique est une occasion de mise au travail. C’est indispensable pour tout travail clinique. Mais souvent, la relation est respectueuse de part et d’autre et tout se passe sans anicroche. Même avec les rendez-vous flottants, pour lesquels une erreur d’agenda est toujours possible, les séances manquées sont peu fréquentes. Si les manquements se répètent, on les travaille bien sûr en séance.

D. Bertrand, psychologue



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