Les StériBornes, une première étape dans la réduction des risques

Les StériBornes, une première étape dans la réduction des risques

Bruxelles fait un pas pour la réduction des risques en matière de consommation de drogues : des bornes d’accès pour du matériel d’injection propre, accessibles 24h/24, vont pouvoir être installées dans la Région. La ministre en charge de la Santé, Cécile Jodogne, va lancer sous peu une réflexion sur la marche à suivre pour la mise en action de ce dispositif.

pour la réduction des risques plutôt que la répression pure et simple ? C’est ce que semblent penser les acteur du terrain, comme l’association Fedito Bxl, qui demandent la création de salles de consommation à moindres risques (SCMR) en Belgique. A Bruxelles, la demande est particulièrement forte. Face au refus du Fédéral, une alternative a néanmoins été trouvée : les StériBornes. Approuvée par le parlement bruxellois, l’idée est d’installer des dispositifs d’accès à du matériel stérile d’injection en divers points de la capitale. Les objectifs sont ainsi divers : réduire les maladies et favoriser le contact avec des intervenants spécialisés.

Réduire les risques grâce aux StériBornes

Une résolution visant à la mise en place de StériBornes vient d’être votée par le parlement bruxellois et la ministre de la Santé Cécile Jodogne va engager la réflexion pour un plan d’action opérationnel. En effet, la mise en place d’un dispositif d’accès à du matériel d’injection propre et accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 en plusieurs points de la ville participerait à la réduction des cas d’infection d’hépatite C et du VIH. Pour la ministre, un tel dispositif sera complémentaire des actions déjà engagées dans le cadre du plan bruxellois de réduction des risques qui comporte 16 actions. Actuellement, seules les ASBL Transit et Dune disposent de comptoirs d’échanges officiels de matériel d’injection.

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Le terrain, un interlocuteur privilégié

Avant la fin de cette législature, Cécile Jodogne souhaite mettre en place les bases opérationnelles de ce dispositif en consultant les services spécialisés qui sont déjà actifs en matière de réduction des risques. Cela afin de prendre en compte les différents paramètres : localisations à privilégier, type de matériel, budget et encadrement.

La ministre souligne également l’importance de ces points d’accès pour les consommateurs précarisés tout en rappelant que la finalité reste de favoriser la reprise de contact avec les intervenants spécialisés et de bénéficier de soins médicaux et de l’aide psychosociale adaptée.

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De la répression à la réduction des risques

La consommation de drogues a longtemps été abordée comme un phénomène à contrôler voire à réprimer et un danger au sujet duquel il suffirait d’informer en suggérant l’abstinence. Ces approches ont montré leurs limites : dérives parfois répressives pour l’une et message moralisateur et peu audible pour l’autre. En décembre 2017, la Belgique a d’ailleurs été condamnée par la société civile européenne pour sa politique drogue. Selon Cécile Jodogne, une nouvelle approche axée sur le respect de la dignité humaine avec pour finalité essentielle la protection et le bien-être de chacun est donc souhaitable et plus efficace en termes de santé publique. La ministre bruxelloise en charge de la Santé s’est d’ailleurs déjà exprimée clairement en faveur des SCMR.

A Bruxelles comme dans de nombreuses grandes villes européennes, les intervenants de terrain développent et veulent amplifier des actions et des services qui mettent la santé et la protection des personnes concernées au centre du processus. En aidant à réduire les risques de manière très pragmatique, on agit directement sur le terrain au moment-même où c’est nécessaire, avec des services concrets.

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