Non, la transidentité n'est pas une maladie mentale

Non, la transidentité n'est pas une maladie mentale

Alors qu’en Europe, la transidentité nécessite un accompagnement psychiatrique pour bénéficier d’un changement de sexe, le CHU Saint-Pierre, ainsi que d’autres acteurs belges, viennent de signer la charte du Réseau psychomédicosocial trans et inter belge avec l’ASBL Genres Pluriel pour faciliter l’accès aux traitements hormonaux et chirurgicaux pour les personnes transgenres.

La lutte contre les discriminations des personnes LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres) a encore un long chemin à parcourir. Pourtant, en Belgique, le secteur associatif se bouge, entraînant dans son sillage des mesures politiques : formations contre l’homophobie à destination de la police à Bruxelles, sensibilisation des jeunes à la lutte contre les discriminations en Fédération Wallonie-Bruxelles, remboursement des soins psycho-sociaux pour les personnes transgenres au niveau fédéral... Alors qu’en Europe les personnes transgenres se voient obligées de bénéficier d’un accompagnement psychiatrique avant leur transition, le Réseau psychomédicosocial trans et inter belge s’est doté d’une charte pour faciliter l’accès aux traitements hormonaux et chirurgicaux.

Être transgenre n’est pas une maladie

En Europe, les personnes transgenres doivent se soumettre à une évaluation psychiatrique pour pouvoir engager leur transition physique. Cela tient au fait que la dysphorie de genre est considérée comme un trouble psychiatrique par le DSM-5. Ce Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, développé par l’Association américaine de psychiatrie, est utilisé internationalement pour répertorier les troubles mentaux connus. Sous le terme de "dysphorie de genre", ce n’est pourtant pas le fait d’être transgenre qui est visé, mais bien la souffrance que peut entraîner la non-conformité de genre pour les personnes.

Néanmoins, l’obligation de souscrire à un accompagnement psychiatrique peut renforcer la stigmatisation de ces personnes. Pour Max Nisol, psychologue et formateur à l’ASBL Genres Pluriels interrogé par L’Avenir, "C’est dégradant pour eux. De plus en faisant cela, on ne respecte ni les droits de l’homme ni les droits du patient en vigueur en Belgique."

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Faciliter l’accès aux traitements

Si l’évaluation psychiatrique est réfutée dans cette nouvelle charte, c’est parce qu’elle ralentit la procédure qui donne accès aux traitements hormonaux et chirurgicaux du changement de sexe. Ainsi, au sein du nouveau Réseau qui recense de nombreux acteurs du secteur social belge dont le CHU Saint-Pierre, les personnes transgenres auront accès à ces traitements sans évaluation psychiatrique, et donc de façon beaucoup plus rapide. "Le but, à terme, c’est qu’un simple médecin traitant puisse prescrire et suivre un patient sous traitement hormonal ce qui, pour le moment n’est pas possible", confie Max Nisol à L’Avenir.

Pour diminuer les obstacles à la transition, le gouvernement fédéral a aussi mis en place un système de remboursement des soins psychosociaux dans trois établissements hospitaliers du pays. Cette convention "transgenderzorg" a déjà permis d’écourter les délais d’attente de près de 600 personnes dans le seul hôpital de Gand.

Un objectif : lutter contre les discriminations

Pour le Réseau psychomédicosocial trans et inter belge, il s’agit de s’engager pour que la prise en charge des personnes transgenres et intersexuées soit plus appropriée et respectueuse. Leur charte fait ainsi suite à 3 ans de travail avec Genres Pluriels, qui lutte pour une meilleure visibilité de ces personnes. En effet, les personnes transgenres et intersexuées subissent de nombreuses discriminations, comme l’ensemble de la communauté LGBT. C’est par exemple le cas au travail, où s’affirmer peut devenir un véritable parcours du combattant.

Pour rappel, les personnes transgenres sont des personnes dont l’identité de genre, c’est à dire le genre auquel ils se sentent appartenir, ne correspond pas au sexe biologique. Les personnes intersexuées sont quant à elles dotées d’un sexe biologique difficile à définir, puisque le sexe chromosomique, le développement hormonal des organes génitaux visibles ou des gonades ne s’accordent pas. C’est un phénomène qui touche environ une naissance sur 2000 et entraîne souvent une intervention chirurgicale.

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