Psychiatrie de transition : améliorer la prise en charge des ados

Psychiatrie de transition: améliorer la prise en charge des ados

En 2019, deux chaires universitaires en psychiatrie de transition ont vu le jour grÍ¢ce au soutien des Fonds Julie Renson et Reine Fabiola, et de la Fondation Roi Baudouin. Un montant d’1,2 million d’euros a été investi pour contribuer à l’essor d’une discipline à la croisée des soins en pédopsychiatrie et en psychiatrie adulte. Un champ encore peu investi en Belgique.

En Belgique, une personne sur trois est confrontée à des troubles psychiques. Et 1,2 million de Belges prennent des antidépresseurs. Outre les dépressions, on dénombre bon nombre d’autres problèmes psychiques, tels que l’anxiété, les comportements compulsifs, la bipolarité, la schizophrénie… Autant de troubles qui, dans 75% des cas, apparaissent entre 14 et 25 ans, la période transitionnelle de l’adolescence à l’âge adulte au cours de laquelle la fragilité psychique est la plus importante. Et pourtant, on constate durant cette période charnière une rupture dans la continuité des soins entre la pédopsychiatrie et la psychiatrie adulte. Le cap des 18 ans parait bien artificiel à la lumière de la réalité et des besoins de ces jeunes, dont beaucoup ne sont pas encore tout à fait adultes, malgré leur majorité légale. Face à ce besoin sociétal pressant, les Fonds Julie Renson et Reine Fabiola, et la Fondation Roi Baudouin se mobilisent afin de mettre la psychiatrie de transition à l’agenda et contribuer à son développement en Belgique.

- [A lire]  : Psychiatrie de transition : création de deux chaires universitaires

Une forme de soutien innovante

Deux chaires (une francophone et une néerlandophone) ont ainsi vu le jour fin 2019, grâce au soutien des Fonds en santé mentale gérés par la Fondation, pour un montant total de 1,2 million d’euros réparti sur quatre ans. Un soutien précieux, quand on sait que dans notre pays, seuls 6 à 7% du budget global de la santé sont consacrés aux soins de santé mentale, alors que les besoins dans ce secteur sont tellement importants. Les objectifs de ces chaires sont triple : promouvoir la recherche interdisciplinaire, mettre en place un enseignement et partager les connaissances en psychiatrie de transition, notamment en facilitant le transfert des résultats de la recherche sur le terrain. Par exemple, à travers le développement de supports d’information ou de pratiques de soins innovantes pour les jeunes adultes, adaptées à leur phase de vie et à leurs besoins.

Les projets développés par les deux chaires se distinguent par leur caractère innovant et leur approche interdisciplinaire. Outre la collaboration entre pédopsychiatrie et psychiatrie adulte, la chaire francophone ‘Psychiatrie de transition dans un monde en transition’ amène différents sites hospitaliers à collaborer  : l’Hôpital Universitaire Des Enfants Reine Fabiola (HUDERF), l’Hôpital Erasme, le CHU Brugmann, mais également le Service de Santé Mentale de l’ULB. La chaire néerlandophone ‘La santé mentale dans une période de défis’ utilise quant à elle la nouvelle technologie de la Réalité Virtuelle pour développer de nouveaux protocoles de soins.

Véronique Delvenne, Chef de service de Pédopsychiatrie, HUDERF  : "Très peu de recherches ont jusqu’à présent été menées dans le domaine de la psychiatrie de transition. Le soutien nous permet d’investir ce champ en développant une collaboration inter-hospitalière et extrahospitalière, mais également intersectorielle. Car la question transitionnelle en santé mentale ne relève pas que de la psychiatrie  ; d’autres secteurs sont également concernés comme l’éducation ou le judiciaire. Nous menons des travaux de recherche auprès de différents groupes de jeunes (de 16 à 20 ans) qui présentent des troubles psychiatriques ou psychologiques, des problèmes de consommation ou d’addiction, qui sont placés par l’aide à la jeunesse ou non, dans le but d’identifier des facteurs de risque et de proposer des trajectoires de soins adaptées. En parallèle, nous développons le partage des connaissances à travers la mise en place d’un réseau en psychiatrie de transition en Belgique francophone et l’organisation de colloques annuels. Un module sur la psychiatrie de transition sera également intégré dans la formation des étudiants en psychiatrie, pédopsychiatrie et psychologie."



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