Psychiatrie de transition : création de deux chaires universitaires

Psychiatrie de transition: création de deux chaires universitaires

À la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte, on constate une compréhension insuffisante des besoins de ces jeunes, de même qu’une rupture dans la continuité des soins et de l’accompagnement proposés tant par les départements cliniques pour enfants/jeunes que pour adultes. Face à ce constat, deux chaires vont voir le jour grâce au soutien des Fonds Julie Renson, Fonds Reine Fabiola et de la Fondation Roi Baudouin.


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C’est au cours de la période transitionnelle de l’adolescence à l’âge adulte que la fragilité psychique est la plus importante : dans environ trois cas sur quatre, les premières manifestations des troubles psychiques apparaissent entre 14 et 25 ans. Ils sont en outre souvent associés à d’autres problématiques : décrochage scolaire, comportements délinquants, toxicomanie, sans-abrisme… Cette période est marquée par de nombreux changements influencés par la génétique, l’environnement, les mutations familiales, la modification de l’autorité, l’impact des nouvelles technologies…

Face à l’intérêt croissant pour la psychiatrie de transition, renforcé notamment par les réformes des soins en santé mentale en cours, les Fonds dans de domaine de la santé mentale gérés par la Fondation Roi Baudouin s’unissent afin de mettre cette thématique à l’agenda en Belgique. À cet effet, les deux chaires en psychiatrie de transition (une francophone et une néerlandophone) favoriseront la rencontre entre les soins en pédopsychiatrie et en psychiatrie adulte. Elles contribueront à la recherche (avec un objectif de transposition des résultats sur le terrain) et à l’innovation dans les soins pour les jeunes, adaptés à leur phase de vie et à l’époque actuelle. Chaque chaire sera rattachée à une faculté de médecine d’une université belge (l’ULB pour la chaire francophone et la KUL pour la chaire néerlandophone) et bénéficiera d’un soutien de 600.000 euros sur une période de quatre ans.

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Collaboration transversale

Portée par l’Hôpital Universitaire Des Enfants Reine Fabiola, en collaboration avec l’Hôpital Erasme, le CHU Brugmann et le Service de Santé Mentale ULB, la chaire ‘Psychiatrie de transition dans un monde en transition’ poursuit un double objectif : d’une part, identifier les aspects susceptibles de contribuer à la psychopathologie à l’âge de transition, et d’une part, proposer des pistes d’aide préventive ou des interventions spécifiques pour les jeunes et leur famille.

Dans ce cadre, des psychologues et (pédo)psychiatres rencontreront différents groupes de jeunes (entre 17 et 20 ans) demandeurs de soins psychiatriques, psychologiques, dépendant de l’aide à la jeunesse ou non, et évalueront différentes caractéristiques psychologiques, émotionnelles, sociales ainsi que leur histoire de vie. Ils suivront leur évolution durant deux ans en termes d’inclusion sociale et d’autonomie, mais aussi de recours éventuel à des soins psychiatriques. Sur la base de ces recherches, un enseignement et des activités de partage des connaissances acquises seront développés.

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Youth in transition

Gérée par la KULeuven, la chaire ‘Youth in Transition : Mental Health in a Challenging Period’ part du principe que l’on peut influencer favorablement ou même prévenir le développement de troubles psychopathologiques durant la période de transition. Les travaux - qui recourront entre autres à la réalité virtuelle - visent à améliorer les soins aux jeunes patients et comprennent quatre volets :

- de la recherche fondamentale dans le but d’accroître les connaissances relatives au développement de problèmes de santé mentale et à la résilience chez les jeunes ;
- un travail sur l’amélioration des soins existants par une meilleure adéquation avec leur style de vie ;
- une optimalisation de l’organisation des soins chez les jeunes : quels obstacles rencontrent-ils lorsqu’ils cherchent de l’aide ? Quelles améliorations suggèrent-ils ?
- le développement de supports d’informations destinées aux jeunes, à leurs familles, aux organisations concernées et aux prestataires de soins.



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