Reconvertir des banquiers en infirmiers : l'idée n'a pas séduit !

Reconvertir des banquiers en infirmiers: l'idée n'a pas séduit !

Fin décembre 2018, le secteur bancaire, frappé par un surplus de main-d’œuvre, avait lancé un projet pilote en collaboration avec les syndicats. Son objectif ? Réorienter le personnel bancaire vers des secteurs en manque de forces vives dont notamment les soins de santé. Plus d’un an plus tard, le bilan n’est cependant pas concluant : la proposition n’a pas clairement pas séduit les banquiers, qui ont été très peu à accepter de troquer leur costume cravate pour une blouse blanche !

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Répondre à la réduction des effectifs dans les banques tout en luttant contre la pénurie de main-d’œuvre dans des secteurs en difficulté, comme les soins de santé par exemple. Ce projet, pourtant séduisant sur papier, s’avère être malheureusement un flop, comme l’a dévoilé La Libre Belgique. Seulement douze banquiers se sont lancés dans l’aventure…

Elle avait pourtant bien commencé. Il y a près d’un an, le 19 décembre 2018 précisément, Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, avait conclu avec les syndicats chrétiens et socialistes un protocole « mettant en oeuvre une initiative sectorielle de mobilité des talents dans le secteur bancaire ». Cet accord avait pour objectif de répondre de manière constructive à la réduction de travailleurs dans le secteur, causée par la digitalisation des opérations et par la modification des missions endossées par le personnel. Afin d’éviter d’innombrables plans de départs anticipés ainsi que des prépensions coûteuses, il avait été décidé de proposer aux banquiers une reconversion professionnelle innovante notamment dans les soins de santé, secteur frappé lourdement par une pénurie d’effectifs. Après avoir suivi une formation d’un à quatre ans et ce sur base volontaire, des employés de banque peuvent ainsi devenir aides-soignants ou bien encore infirmiers.

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« Un projet en avance sur son temps »

Plus d’un an après le lancement de ce protocole, le bilan n’est malheureusement pas à la hauteur des espérances. Et pour cause : seules douze personnes ont au total répondu à l’appel, a dévoilé La Libre Belgique. « C’est vrai que c’est un chiffre décevant », a pointé Rodolphe de Pierpont, porte-parole de Febelfin, au quotidien. « Cela représente beaucoup d’efforts pour pas grand-chose, mais cela ne remet pas en question l’opportunité du projet. Lequel est peut-être en avance sur son temps ; nous restons convaincus qu’il correspond assez bien aux besoins, attentes et à la philosophie du moment. »

Quand les syndicats avaient signé le protocole, ils étaient restés très prudents et n’avaient pas sauté de joie en évoquant une solution miracle. « Les gens restent méfiants par rapport à un projet sans beaucoup d’incitants, perçu comme très aléatoire, qui n’oblige à rien, n’est pas mûr pour être une convention collective mais qui reste intéressant », a déclaré Philippe Samek, permanent syndical à la CNE.

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