Un nouveau projet de déradicalisation dans les prisons

Un nouveau projet de déradicalisation dans les prisons

Le ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelels Rachid Madrane a décidé de tester en Belgique francophone un nouveau programme européen de lutte contre la radicalisation en prison.

Des détenus radicalisés il y en a aujourd’hui dans beaucoup de prisons, en Belgique et aussi en Europe. Vu ce constat, le ministre en charge de l’aide aux détenus au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rachid Madrane, a décidé de mettre en place un projet européen qui a pour but de combattre le radicalisme en prison. Ce projet suppose l’intervention de plusieurs psychologues afin d’encadrer à un échantillon de 20 détenus radicalisés ou condamnés pour terrorisme.

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En quoi consiste ce projet ?

Ce projet baptisé "Cesure" prévoit la formation de 15 travailleurs des services psychosociaux des prisons du Caprev (Centre d’aide et de prise en charge de toute personne concernée par les extrémismes et radicalismes violents). Le but est d’assurer un accompagnement personnalisé pendant 9 mois aux détenus radicalisés ou condamnés pour terrorisme. La participation à ce programme restera volontaire. Ce projet est fondé sur le concept de « désistance », c’est-à-dire sur la sortie de la délinquance et de la criminalité.

Interrogé par le journal Dernière Heure, Rachid Madrane a précisé : « C’est un programme individuel et systématique long de neuf mois qui consiste à travailler sur le désengagement des détenus radicalisés en prison ». Il a ajouté que cet outil est financé par l’Union Européenne et l’Université de Liège, dont une des chercheuses sera à la tête de ce programme.

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Un programme différent

Ce projet a déjà été appliqué depuis plusieurs années en France avec un certain succès. Et à partir de septembre prochain, il sera testé en Belgique francophone et en Italie.

Ce programme est différent de ce qui a été mis en place jusqu’à maintenant en Belgique. En effet, ici l’idée est de pousser le détenu à l’introspection. Ces derniers doivent se trouver dans leur passé et voir ce qu’ils ont abandonné à cause des activités de délinquance. Ils doivent retrouver ce que leur apportait un équilibre, par exemple : la famille, la pratique d’un sport ou d’une autre activité sociale.

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Pas de « solutions miracles » en matière de déradicalisation

Ce programme sera mis en place dans quelques prisons en Wallonie et à Bruxelles, auprès d’un échantillon de détenus. Même si, selon la chercheuse de l’Université de Liège, en matière de déradicalisation on ne peut ne pas s’attendre à des « solutions miracles », a-t-elle déclaré à RTL.

Pour rappel, un autre projet de lutte contre le radicalisme religieux avait été initié par l’Association des Musulmans d’Arlon et le parti politique DéFI. Ce projet a été mis au frigo par les politiques qui ont estimé qu’il relevait davantage de l’organisation des cultes que de l’aide aux détenus.

La rédaction



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