Un parcours d'intégration plus personnalisé à Bruxelles

Un parcours d'intégration plus personnalisé à Bruxelles

Un parcours d’intégration plus personnalisé pour les primo-arrivants est actuellement expérimenté à Bruxelles. Pour les travailleurs sociaux impliqués c’est une occasion de changer l’esprit de l’intégration !

La crise des migrants de ces dernières années pousse les acteurs sociaux à réfléchir encore plus à l’accompagnement et l’accueil des personnes concernées. L’ASBL VIA a proposé en 2016, un parcours d’intégration volontaire à travers l’établissement d’un Bureau d’Accueil pour Primo-Arrivants (BAPA) partagé entre Schaerbeek et Molenbeek. Agréé par la Commission communautaire française (COCOF), ce projet s’est déployé en français. Les travailleurs sociaux ont joué un rôle important dans la mise en place de ce nouveau dispositif. Récemment, cette ASBL, en partenariat avec le Groupe de recherche sur les relations ethniques, les migrations et l’égalité (Germe) de l’ULB, a lancé un projet complémentaire à ce parcours d’intégration, annonce le journal La Libre. Ce projet est appelé Camim (Cocréons un meilleur accueil et une meilleure intégration des migrants à Bruxelles) et vise à personnaliser le parcours d’intégration, tout en tenant compte des parcours de vie et des projets de chacun.

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En quoi consiste ce parcours ?

L’objectif du parcours d’accueil que l’ASBL VIA met en place depuis 2016 est d’accueillir et d’accompagner les nouveaux résidents étrangers, de les aider à acquérir les connaissances de base sur le fonctionnement de la société en Belgique afin qu’ils puissent mener leur vie de manière autonome et accroître leur participation sociale, économique et culturelle. Ce parcours se tient dans une langue comprise par le bénéficiaire, et il est gratuit et volontaire. Il est composé d’un suivi social individualisé, de cours de langue (français ou néerlandais) et de citoyenneté, des différents sujets comme le fonctionnement des institutions publiques, l’histoire de la Belgique, son système politique, sa culture, etc.

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Pourquoi un nouveau programme ?

L’idée du ce nouveau projet est de créer un complément au parcours d’intégration déjà existant. “Notre philosophie, c’est que chacun puisse développer son propre parcours de vie et non pas de lui en imposer un”, déclare Vincent Vanhalewyn, directeur de l’ASBL VIA et échevin de la Cohésion sociale à Schaerbeek, interrogé par La Libre. L’intérêt d’un parcours plus personnalisé est de faire du primo-arrivant un sujet et non un objet de son intégration. Pour cela, il est donc nécessaire de mettre un terme à ces parcours trop homogènes.

Dans une interview accordée au journal La Libre, Andrea Rea, sociologue et directeur du Germe (Groupe de recherche sur les relations ethniques, les migrations et l’égalité de l’ULB) estime que “c’est comme dans l’enseignement. La même matière est enseignée à tous alors que certains ont besoin de plus de soutien que d’autres. Il ne s’agit pas d’individualiser le parcours d’intégration mais plutôt de le singulariser, en tenant compte des parcours de vie et des projets de chacun. Tout le monde n’a pas la même histoire, les mêmes ressources.

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Et de continuer : “il faut changer l’esprit dans lequel se fait le parcours d’intégration" précise la sociologue A. Rea. "Il faut sortir de la logique d’imposition et de suspicion. La plupart des recherches démontrent qu’une action volontariste permet d’accélérer le processus d’intégration. Ensuite, il faut se rendre compte que la migration n’est pas une source de promotion sociale mais bien de déclassement social. Cela veut dire qu’ils vont vivre moins bien que dans le pays qu’ils ont quitté (notamment parce que leurs diplômes ne sont pas reconnus en Belgique) et il faut donc les accompagner, autant au niveau administratif qu’au niveau psychologique.

Toutefois, si le projet présente de bons résultats à Bruxelles, les initiateurs ne pensent pas que les Régions vont rapidement en faire une priorité.

La rédaction



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