Utiliser pleinement les compétences des kinés : une réelle plus-value

Utiliser pleinement les compétences des kinés: une réelle plus-value

Le kinésithérapeute peut limiter les examens superflus aux urgences, peut offrir un accès aux soins de première ligne plus rapide, peut mettre à contribution ses compétences au sein des mutuelles… Dans son édito de juin, Axxon milite pour que ces professionnels exercent une pratique avancée. Pour l’association, utiliser pleinement les compétences des kinés, c’est optimiser les moyens de l’assurance maladie.


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Dans la dernière édition du magazine de l’association professionnelle, Peter Bruynooghe, président d’Axxon, signe un édito centré sur l’importance d’utiliser davantage les compétences des kinésithérapeutes. Cela aurait un impact bénéfique sur notre système de santé. « En plus d’être apte à prodiguer certains soins via un accès direct, le kinésithérapeute a également toutes les cartes en main pour exercer une pratique « avancée » (Extended Scope Physiotherapy ou ESP), c’est-à-dire exécuter des tâches qui ne sont à la base pas considérées comme les siennes, mais pour lesquelles il possède des compétences nécessaires (moyennant parfois une formation complémentaire) », écrit-il.

Pour l’auteur du texte, les « kinésithérapeutes ESP » pourront apporter une réelle plus-value dans une série de contextes. Il pointe notamment les bienfaits qu’apporteront ces professionnels au sein des services d’urgences des hôpitaux, au sein des postes de garde en médecin générale ou encore au sein des mutuelles.

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Eviter des délais d’attente longs aux urgences

« Un kinésithérapeute expérimenté, formé dans un domaine spécifique, endosse dans un contexte multidisciplinaire le rôle de diagnosticien lors du premier contact avec le patient. Aux urgences, un kinésithérapeute spécialisé peut par exemple être mobilisé pour le tri des patients qui se présentent avec un problème musculo-squelettique », commente Peter Bruynooghe. Selon lui, ce fonctionnement aura comme effet bénéfique de prévenir des délais d’attente inutilement longs pour les patients mais aussi la réalisation d’examens peu ou pas nécessaires. La présence d’un kiné préviendrait donc « un recours inapproprié aux services d’urgence qui engendre un surcoût pour l’assurance maladie. »

Pour le président d’Axxon, le « kinésithérapeute ESP » peut également offrir une réelle valeur ajoutée au sein d’un poste de garde en médecine générale. Le praticien pourra en effet utiliser ses compétences pour effectuer le diagnostic ainsi que le traitement de problèmes orthopédiques. « Comme par exemple le défilé des lésions sportives au cours du week-end », livre en guise d’exemple l’auteur de l’édito. Et de noter : « un accès aux soins de première ligne plus rapide contribuera à soulager les services d’urgence. »

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Élargir les compétences

« Pourquoi pas également mobiliser ce confrère en tant que « kinésithérapeute-contrôle » au sein des mutuelles ? », s’interroge Peter Bruynooghe. A l’heure actuelle, cette fonction est uniquement endossée par des médecins et/ou des infirmiers. Pour le président d’Axxon, il serait bien de la rendre accessible à d’autres corps de métier, cela témoignant d’une certaine honnêteté intellectuelle.

« Vous l’aurez compris, il sera tout aussi important au cours des prochains mois de s’attacher à élargir les compétences des « kinésithérapeutes ESP » que de prôner la mise en place de l’accès direct pour certains soins kinésithérapiques. Un avis détaillé concernant ce dernier, rédigé par le Conseil Fédéral de la Kinésithérapie, a été transmis en 2016 à la ministre de la Santé », conclut-il. « Celle-ci ne l’a toujours pas pris en compte, préférant apparemment le recours inadéquat aux services d’urgences et les consultations vaines et coûteuses au sein des ceux-ci à la mobilisation efficace du kinésithérapeute et de son éventail de compétences, qui permettrait pourtant de dégager des millions d’euros d’économies au sein de l’assurance maladie. »

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