2021 : du concret pour une profession infirmière en marche !

2021: du concret pour une profession infirmière en marche !

2020, une année en pause ? Pas vraiment pour la profession infirmière… mais a-t-elle été pour autant l’année du personnel infirmier comme l’avait désignée l’Organisation Mondiale de la Santé ? Découvrez la carte blanche de la Fédération Nationale des Infirmièr(e)s de Belgique (FNIB).

À l’heure de réaliser le bilan de l’année écoulée et d’envisager 2021, une chose est évidente : l’année 2020 a mis à rude épreuve l’ensemble de la profession, tout comme l’entièreté du système de santé, et ce au fur et à mesure des mois !

Que l’on parle dans un premier temps de problèmes de matériel, de prise en compte des différents secteurs d’exercice, de consignes différentes, de saturation des structures de soins … tout le système s’est adapté tant bien que mal à la réalité quotidienne, la morosité ambiante et l’absence de perspectives.

Bien conscients des efforts réalisés par tous, pour structurer la gestion de la crise face à ce nouvel ennemi qu’est la Covid-19, nous plaçant maintenant dans les « meilleurs élèves », force est de constater que les prises de décisions ont été malheureusement trop tardives et ont mis le système de santé en difficulté et ce, malgré le fait que tout le secteur demandait des mesures fortes rapidement.

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Au prix de beaucoup de sacrifices

Indépendamment de tout ceci, la profession a fait front et a garanti une continuité des soins au prix de beaucoup de sacrifices amenant à des constats effarants en termes de détresse émotionnelle (1) et d’intention de quitter la profession.

Une année caractérisée également par la publication d’Arrêtés royaux sans concertation avec le secteur, sans réelle prise en compte. Véritables coups de tonnerre dans un ciel déjà bien chargé. Toute la profession s’est mobilisée face à ces textes reflétant plus l’absence de réelle vision de la profession et la reléguant à une simple exécution d’actes. Un véritable mépris à l’heure où tout le monde (KCE (2), OMS, CII,…) demande d’investir dans la profession infirmière. Dernièrement encore, alors que le contexte sanitaire semble s’améliorer, nous assistons à la publication d’un texte qui permet la vaccination par des personnes non qualifiées…. L’absence d’explications claires fera dire à tout un chacun un ensemble de choses s’écartant des fondements légaux et de l’esprit du texte. Soyons sûrs d’une chose, n’importe qui ne pourra vacciner tout le monde !

Réelle maladresse de communication ou volonté de ne pas collaborer, il est compliqué de se faire sa propre idée en regard de ce nouveau gouvernement pour lequel nous plaçons réellement beaucoup d’espoirs, et ce après 8 années de discussions sans réelle avancée.

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Quelle concertation du secteur ?

Une année où malgré la crise les premiers infirmiers bacheliers responsables en soins généraux ont été diplômés. Fruit d’une réforme initiée il y a 7 ans, là encore il est malheureux de constater que la place de ceux-ci n’est pas encore clairement définie, que les différentes filières de formation sont toujours bien présentes et l’avenir des spécialisations est incertain (3). Bien que certains s’y emploient ardemment, il est ici malheureux de constater l’absence d’anticipation et de vision de la place de la profession infirmière dans le système de santé.

Certains diront que l’année a été caractérisée par de belles avancées comme le Fonds des blouses blanches, la signature des accords sociaux,l’octroi d’une prime d’encouragement et la promesse de reconnaître la profession comme métier pénible. Nous ne pouvons le nier, mais ne soyons pas dupes. Si le fonds des blouses blanches et l’octroi d’une prime « exceptionnelle » se sont concrétisés, nous ne sommes pas concertés entre autres pour le système de classification de fonction, et la promesse de reconnaissance de la pénibilité semble s’être envolée de la note politique du nouveau gouvernement.

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Quatre souhaits

Alors si nous avions des vœux ou des souhaits à formuler, ils seraient simples :

  • Une réforme structurelle de la profession avec une réelle différenciation de fonctions garantissant un encadrement de qualité (4).
  • La reconnaissance de la profession à sa juste valeur, en ce compris scientifique, en l’intégrant comme réel acteur et décideur incontournable dans les organes qui la concerne.
  • Des moyens pour une pratique de qualité, une qualité de vie au travail et un équilibre vie privée/vie professionnelle garantissant à la fois une attractivité et une fidélisation à la profession. Une position claire concernant la reconnaissance de la pénibilité de celle-ci
  • Une profession unie où chacun met à profit son énergie pour construire un avenir durable grâce aux associations professionnelles.
  • Une adhésion forte de la population à la vaccination permettant de réduire la pression sur le système de santé et de garantir une prise en charge qualitative de tous les patients.

Mais la crainte de tels vœux, de tels souhaits est de donner raison à G. Lichtenberg qui écrivait "Janvier est le mois où l’on offre ses meilleurs vœux à ses amis. Les autres mois sont ceux où ils ne se réaliseront pas." Alors, unissons-nous, rejoignez une association professionnelle, bâtissons notre futur en faisant tout pour que nos vœux se concrétisent, car notre force principale est notre essentialité, ne l’oublions pas !

Pour la Fédération Nationale des Infirmièr(e)s de Belgique,

Adrien Dufour, président de la fédération

Alda Dalla Valle, vice-présidente de la fédération

Savoir plus :

1 : https://www.auvb.be/fr/blog/centraal/coronavirus-plus-de-7-infirmiers-sur-10-risquent-l-epuisement-professionnel-296/
2 : Van den Heede K, Bruyneel L, Beeckmans D, Boon N, Bouckaert N, Cornelis J, Dossche D, Van de Voorde C, Sermeus W. Safe nurse staffing levels in acute hospitals. Health Services Research (HSR) Brussels : Belgian Health Care Knowledge Centre (KCE). 2019. KCE Reports 325. D/2019/10.273/75.
3 : Haegdorens, F., Van Bogaert, P., De Meester, K., & Monsieurs, K. G. (2019). The impact of nurse staffing levels and nurse’s education on patient mortality in medical and surgical wards : an observational multicentre study. BMC health services research, 19(1), 1-9
4 : Aiken, L. H., Sloane, D. M., Bruyneel, L., Van den Heede, K., Griffiths, P., Busse, R., ... & McHugh, M. D. (2014). Nurse staffing and education and hospital mortality in nine European countries : a retrospective observational study. The lancet, 383(9931), 1824-1830.
4 : Griffiths, P., Recio‐Saucedo, A., Dall’Ora, C., Briggs, J., Maruotti, A., Meredith, P., ... & Missed Care Study Group. (2018). The association between nurse staffing and omissions in nursing care : a systematic review. Journal of advanced nursing, 74(7), 1474-1487.
4 : Needleman, J., Liu, J., Shang, J., Larson, E. L., & Stone, P. W. (2020). Association of registered nurse and nursing support staffing with inpatient hospital mortality. BMJ Quality & Safety, 29(1), 10-18.
Bruyneel A, Tack J, Droguet M, Maes J, Wittebole X, Miranda DR, & Di Pierdomenico L (2019). Measuring the nursing workload in intensive care with the Nursing Activities Score (NAS) : A prospective study in 16 hospitals in Belgium. Journal of critical care, 54, 205-211
4 : Van den Heede K, Bruyneel L, Beeckmans D, Boon N, Bouckaert N, Cornelis J, Dossche D, Van de Voorde C, Sermeus W. Safe nurse staffing levels in acute hospitals. Health Services Research (HSR) Brussels : Belgian Health Care Knowledge Centre (KCE). 2019. KCE Reports 325. D/2019/10.273/75.




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