Le jeu vidéo comme outil thérapeutique, que faut-il en penser ?

Le jeu vidéo comme outil thérapeutique, que faut-il en penser ?

Nous constatons, d’année en année, l’évolution flagrante des moyens thérapeutiques dans les centres de références en matière de revalidation orthopédique ou neurologique principalement. La dimension informatique et virtuelle de ces moyens n’est pas sans conséquences. Analysons le pour, le contre, le pourquoi et surtout le comment !

Il y a une bonne dizaine d’années, nous assistions à la naissance de la WII fabriquée par Nintendo que tout le monde connait et celle-ci ouvrait l’aire des « jeux vidéo » comme moyen thérapeutique en proposant une série d’activités ludiques pour le patient. Cette plateforme s’est fortement démocratisée et a envahi les centres de réadaptation et les établissements de soins en général (maison de repos, centre de jours divers…). Depuis lors, la WII a bien évolué et a inspiré d’autres outils qui ont vu le jour. Ces outils ne cessent de s’améliorer et d’évoluer pour proposer toujours plus de fonctionnalités.

Pourquoi faire confiance à ces appareils ?

Tout d’abord car c’est quelque chose d’innovant, qui nous apporte encore d’autres possibilités pour soigner le patient. C’est une option supplémentaire qui s’offre à nous, tout simplement. Ensuite, parce que le patient est preneur et qu’il aime cela. Rares sont ceux qui ne veulent pas tenter l’expérience et « rentrer dans le jeu ». Même ceux qui ne sont pas motivés au début le deviennent soit par goût, soit pour l’aspect « performance » avec la volonté de faire mieux à chaque séance, soit pour l’aspect ludique et gai proposé par le système. Le patient s’amuse, quoi !

Enfin, faisons leur confiance car ils nous donnent un tas d’informations objectives sur les capacités analytiques de chaque patient et qui seraient très difficilement obtenues à l’œil nu et de manière régulière. C’est clairement une aide/assistance nécessaire, parfois très utile.

Dans quels pièges ne pas tomber ?

Plusieurs pièges sont à éviter. Le premier est de ne pas laisser le patient seul face à l’appareil, c’est trop facile et cela rend le thérapeute un peu fainéant.Effectivement, une fois installé et le programme mis en route, le thérapeute a le choix d’accompagner le patient dans son exercice ou de le laisser seul face au dispositif. A nous de faire le bon choix ! Ensuite, et c’est très important aussi, il faut absolument ne pas tomber dans une routine et ne faire que ça ! Ces outils doivent rester un complément et permettre une variation dans les soins donnés.

Perspectives…

Il est certain que c’est l’avenir et que ce domaine va continuer à se développer et à envahir nos centres. Le tout est de bien s’informer, de bien doser leur utilisation et surtout de bien connaitre ces appareils. Malheureusement, ils sont rarement connus des écoles et ne sont pas accessibles dans les cursus scolaires. L’étudiant peut éventuellement en rencontrer lors de stages, mais c’est insuffisant pour qu’il puisse prétendre maitriser l’outil ! Ces évolutions technologiques sont un réel plus dans les soins donnés au patient et nous devons encourager l’utilisation de ces dispositifs même si ceux-ci ne remplaceront jamais l’environnement existant et les besoins fonctionnels de chaque bénéficiaire. Ces outils restent malgré tout encore fort analytiques.

Plusieurs types d’outils

Ces outils se classent dans trois types différents : les plateformes de stabilométrie pour les membres inférieurs, la réalité virtuelle et autres dispositifs orientés pour la rééducation cognitive et les dispositifs autodirigés pour la rééducation du membre supérieur.

1) Pour la rééducation du membre inférieurs, citons : le neurocom, le biorescue, le tymo de tyromotion, le tecnobody… De nombreux appareils répondant chacun à certaines spécificités telles que la proprioception, le transfert de poids, les calculs de surfaces de stabilité…

2) Pour la rééducation cognitive, nous voyons apparaitre de plus en plus de système incluant la réalité virtuelle comme le Kinéquantum. A noter que celui-ci peut être également utilisé pour d’autres pathologies. Mais nous avons également le programme Happyneuron, le Neurodeclic ou le rehacom pour ne citer qu’eux.

3) Pour le membre supérieur, citons : l’Arméo, le Kinapsys ou tous les appareils de Tyromotion par exemple. Ceux-ci ont tous pour objectif de remettre le bras dans des gestes fonctionnels même si certaines limites sont présentes.

Il n’est pas impossible, même très probable de voir arriver des dispositifs permettant de travailler toutes les parties du corps en même temps. Prenons l’exemple de l’immersion 3D totale tel que nous le voyons dans certains loisirs proposé par des sociétés spécialisées (Virtual-Room, Terragame Center…).

FM, ergothérapeute

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