A la recherche d’apprentis infirmiers : la Wallonie s’engage à agir

A la recherche d'apprentis infirmiers: la Wallonie s'engage à agir

Ce mardi 8 octobre, la Commission de l’emploi, de l’action sociale et de la santé du parlement wallon a abordé le sujet de l’alarmante diminution du nombre d’étudiants en soins infirmiers. Christie Morreale, ministre de la Santé a pointé du doigt la difficulté des conditions de travail et le manque de reconnaissance tout en tentant d’apporter des réponses.

« Ce 1er octobre, les inscriptions pour les études d’infirmières et d’infirmiers se sont clôturées. Les écoles lancent un signal d’alerte sur la diminution des inscriptions pour ce nouveau cursus. On parle de 40 à 50 % d’inscription en moins », déplore Laurent Heyvaert, député écolo, avant de questionner la ministre wallonne de la Santé sur les potentielles conséquences d’une telle baisse d’inscriptions mais aussi sur les solutions proposées.

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La difficulté du métier effraie

Si Christie Morreale reconnaît que le problème est ancien, elle souligne qu’il a été intensifié par l’allongement des études. En 2016, le gouvernement de la Fédération de la Wallonie-Bruxelles a prolongé la durée d’étude de 3 à 4 ans pour les bacheliers dans un souci de conformité avec les normes européennes.

La ministre pointe aussi du doigt le manque de reconnaissance professionnelle et salariale : « Le métier d’infirmier, quoique essentiel à la société, reste peu valorisé, alors qu’il implique des connaissances très pointues et un niveau important de responsabilité. » En plus de cette frustration, s’ajoute une immense charge de travail et un épuisement professionnel dénoncés par les Blouses Blanches. Christie Morreale constate : « La situation s’est dégradée ces derniers temps par le raccourcissement des durées de séjours hospitaliers qui ont induit une augmentation de l’intensité des soins. »

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Des solutions pour l’avenir ?

En temps normal, l’enseignement supérieur et le financement des normes d’encadrement en milieu hospitalier sont des compétences propres à d’autres niveaux de pouvoir. Cependant, dans ce cas de figure, la Wallonie est apte à intervenir de manière indirecte puisque le métier d’infirmière est reconnu comme un emploi en pénurie par l’Office wallon de la formation professionnelle et de l’emploi.

La ministre wallonne de la Santé expose donc certains projets censés améliorer la situation. L’organisme Kenniscentrum a comme mission d’évaluer si les normes actuelles du personnel infirmier des hôpitaux sont encore d’actualité (notamment en raison de l’évolution constante du domaine hospitalier). Si l’étude démontre qu’une augmentation et un refinancement des normes s’avèrent nécessaires, la charge de travail du personnel pourrait se voir amoindrie.

De plus, l’université de Liège et de l’UCL ont mis en place une « Recherche d’action sur la Collaboration Médecins et Infirmier(e)s généralistes en Wallonie » (CoMing). Ce projet selon les mots de la ministre consiste en une «  piste d’action pour renforcer le partenariat entre l’infirmier et le médecin généraliste pour développer davantage une prise en charge holistique du patient en y intégrant des pratiques préventives, la prévention primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire. » Le but de ce projet est donc de pouvoir identifier les besoins en temps réel et s’y adapter avec rapidité. Des enseignements précieux qui, espérons, trouveront un écho dans les actions du gouvernement wallon.

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