Aides-soignants : De Block face aux Fédérations de maisons de repos

Aides-soignants: De Block face aux Fédérations de maisons de repos

Les représentants des établissements pour personnes âgées bruxellois, flamands et wallons et les représentants des services de soin à la famille flamands ont adressé un courrier à Maggie De Block, ministre de la Santé. Une lettre où ils évoquent leurs craintes par rapport à l’élargissement des tâches effectuées par les aides-soignants.


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Les aides-soignants pourront bientôt poser des actes supplémentaires au bénéfice du patient. Cette réforme n’a pas été accueillie avec un enthousiasme débordant dans le secteur. Après l’association belge des praticiens de l’art infirmier, c’est au tour des Fédérations de maisons de repos d’émettre une série de critiques à l’égard de la mesure de Maggie De Block.

Dans un courrier envoyé le 29 mars dernier à la ministre fédérale de la Santé, ces principaux employeurs d’aides-soignants ont tout d’abord regretté de ne pas avoir été consulté de manière formelle dans ce dossier. « En conséquence, nous n’avons pas été en mesure de mettre sur la table nos idées et nos connaissances lors d’une consultation préalable », ont-ils écrit.

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Réduire le nombre d’heures de formation

Administrer des gouttes oculaires ou mesurer le taux de glycémie ou la tension. Au total, ce sont cinq actes infirmiers que le nouvel Arrêté royal ajoute à la liste des actes que les infirmières peuvent déléguer à un aide-soignant. « Cela offre des opportunités pour rendre la profession d’aide-soignant plus attrayante et est conforme aux principes d’organisation du travail flexible et de soins de qualité », notent les Fédérations. « De ce point de vue, en tant qu’employeurs, nous ne pouvons qu’approuver l’extension des actes des aides-soignantes. »

Pour pouvoir effectuer ces actes supplémentaires, les aides-soignants qui travaillent aujourd’hui sont tenus d’effectuer une formation complémentaire d’au moins 150 heures effectives. Pour les signataires de la lettre, la durée de cette formation est excessive. Ils expliquent : « La formation à ces actes supplémentaires est certes importante mais les 150 heures de formation supplémentaires requises pour ces 5 actes supplémentaires sont, à notre avis, trop élevées et sans commune mesure avec l’élargissement de liste des actes. Elles ne tiennent pas suffisamment compte des connaissances et de l’expertise que nos aides-soignants ont acquises dans nos établissements et nos services. Nous vous demandons de réduire considérablement ce nombre d’heures de formation et de prendre en compte l’expérience de travail acquise. »

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Augmenter encore plus la pression de travail

Une autre inquiétude est liée à ces 150 heures de formation : durant ce temps-là, les établissements et services seront privés d’une partie de leur personnel. Ce qui aurait comme impact d’augmenter encore plus la pression de travail déjà bien élevée de ces professionnels. « Il est absolument impensable de manquer de ces aides-soignants pendant au moins 75 heures (et même plus longtemps si le stage doit se dérouler dans un autre lieu) », alertent les Fédérations de maisons de repos. « Outre le fait que les heures de formation doivent être réduites de manière drastique, nous demandons une politique d’accompagnement. »

Finalement, le courrier fait un écho de la crainte de voir se développer un déséquilibre entre les anciens aides-soignants, qui auront suivi la formation supplémentaire et les nouveaux, ceux qui auront bénéficié d’un programme de formation adapté. « À partir du 1er septembre 2019, un programme de formation adapté sera proposé aux aides-soignants afin que ceux qui sortiront à l’avenir puissent effectuer automatiquement les actes supplémentaires. Nous sommes préoccupés par le déséquilibre que cela créera sur le lieu de travail. Il y aura des aides-soignants (diplômés après le 1er septembre 2019 selon le programme de formation adapté ou accrédités avant le 1er septembre 2019 avec la formation supplémentaire de 150 heures) qui seront autorisés à effectuer toutes les actions (18 + 5) et des aides-soignants (agréés avant le 1er septembre 2019 et sans la formation complémentaire de 150 heures) qui ne pourront pas effectuer les actes supplémentaires », alertent-elles.

Et de questionner : « En tant qu’employeurs, comment garderons-nous une unité une vue d’ensemble et comment organiserons-nous cela sur le lieu de travail ? »

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