Anderlecht fait son bilan sur la prévention de la radicalisation

Anderlecht fait son bilan sur la prévention de la radicalisation

En 2015, la commune d’Anderlecht mettait en place une cellule de prévention à la radicalisation violente. Trois ans après, peut-on considérer que ce dispositif a été efficace ?

Ces dernières années, le secteur de l’aide à la jeunesse s’investit pour prévenir la radicalisation violente chez les jeunes. La Fédération Wallonie-Bruxelles a aussi mis en place un réseau d’aide aux citoyens et aux professionnels dans cet objectif. Suite à l’attentat-suicide d’un jeune anderlechtois en Irak en mars 2015, la commune, secouée, a mis en place une cellule de prévention à la radicalisation. Trois ans plus tard, quel en est le bilan ?

Un bilan mitigé

Trois ans après la mise en place de sa cellule de prévention à la radicalisation violente, le bilan reste mitigé à Anderlecht. Comme la Cellule PRE-RAD, celle d’Anderlecht a vu naître différents projets, mais tous n’ont pas été efficaces. C’est par exemple le cas du service d’accompagnement pour les familles qui soupçonnent une radicalisation de la part de l’un d’entre eux. Le service est très peu sollicité. Marjon Goetinck, chargée du projet, tente d’expliquer cet échec à la RTBF : "Il y a probablement plusieurs explications. On pense que la demande est absorbée par d’autres services d’aide qui répondent aux questions des familles. Mais peut-être aussi que certains doutent de la neutralité d’un service communal."

En revanche, l’aide aux professionnels fonctionne mieux. "Là, notre rôle est plus clair et ça marche mieux. On donne des conseils et des informations à des assistants sociaux du CPAS, à des professeurs, des éducateurs", explique Marjon Goetinck à la RTBF. La cellule aide ainsi les acteurs de l’aide à la jeunesse à dédramatiser lorsque cela est nécessaire.

Des enjeux complexes pour les acteurs de l’aide à la jeunesse

Pour prévenir la radicalisation violente, les acteurs de l’aide à la jeunesse doivent faire face à la relative nouveauté du phénomène. En effet, il s’agit d’un discours complexe qui se diffuse notamment grâce aux nouvelles technologies. D’où la nécessité de se saisir de ces instruments pour former un contre-discours citoyen comme tente de le faire actuellement le projet YARIM. 

La formation des intervenants jeunesse est donc primordiale. Elle leur permet de mieux saisir les enjeux et de pouvoir aborder plus facilement les questions sensibles des jeunes sur la religion. Ces enjeux sont d’autant plus difficiles à aborder dans un contexte où la question de la radicalisation s’invite dans tous les débats.

L’aide à la jeunesse, un secteur en perpétuel mouvement

Pour le secteur de l’aide à la jeunesse, il s’agit avant tout de prendre en charge les jeunes en difficultés, avant même que la question de la radicalisation ne puisse éventuellement se poser. Le secteur se réinvente donc constamment avec de nombreux projets.

Deux d’entres eux ont ainsi été récompensés par la BNP Paribas Fortis Foundation à Charleroi. Il s’agit de la fondation Papillon, qui construit actuellement une maison de jeunes et de l’ASBL Sens-Sas qui s’occupe de jeunes en décrochages scolaire et les prend en charge complètement pendant 3 mois, afin de recréer un projet éducatif et de reprendre un parcours scolaire mieux adapté.

La fondation Papillon a ainsi reçu 20.000€ qui lui permettront d’aménager une pièce pédagogique et de rencontre parents-enfants au sein de sa maison d’accueil. Quant à l’ASBL Sens-Sas, elle a reçu 12.000€ qui serviront à emmener 9 jeunes en séjour de rupture, afin de leur redonner confiance en eux.

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