Une formation à la radicalisation pour les professionnels

Une formation à la radicalisation pour les professionnels

En ce qui concerne la radicalisation, il semble que toute mesure soit la bienvenue. Ou, peut-être pas ? C’est ainsi que le secret professionnel a été fortement malmené pour les travailleurs sociaux, qui se retrouvent désormais obligés de rapporter toute suspicion de faits liés au terrorisme.

En matière de radicalisation, les travailleurs sociaux héritent d’une nouvelle tâche : celle de devoir rapporter aux autorités lorsqu’ils suspectent un bénéficiaire de faits liés au terrorisme. Une « compétence » dont ils se seraient volontiers passés, étant donné que leur travail quotidien repose sur une relation de confiance absolue. Afin de s’assurer de la bonne tenue de cette nouvelle mesure, le successeur de Willy Borsus, Denis Ducarme, propose, lui, une formation pour ces agents professionnels, afin de pouvoir reconnaitre certains signes précurseurs. Une information de la Fédération des Services Sociaux.

Pas des enquêteurs

On en a énormément parlé lorsqu’il a été question de la levée du secret professionnel dans les CPAS pour des raisons sécuritaires : les assistants sociaux ne sont pas des enquêteurs ou des auxiliaires de police et il n’est pas certain que leur compétence en matière de radicalisation soit très pointue… Qu’à cela ne tienne, a pensé le successeur de Willy Borsus au poste de ministre de l’Action sociale au fédéral, Denis Ducarme.

Une formation

Le ministre a en effet décidé de mettre sur pied une formation (facultative) à la reconnaissance du radicalisme, faisant ainsi suite aux recommandations de la Commission parlementaire sur les attentats. Cette formation s’inspirera de celles existant déjà tant à Fedasil que dans les Maisons de Justice et aura pour objectif de permettre de déceler les signaux de radicalisation d’une personne en relation avec les CPAS… Le ministre parle ainsi de repérer des signaux « faibles » (des changements relationnels, une rupture, par exemple) qui, pris isolément, ne fournissent aucune information mais qui, regroupés, peuvent, selon le ministre, déclencher l’alerte chez les assistants sociaux.

Lesquels devront alors spontanément transmettre ces informations aux Cellules de Sécurité Intégrale Locale, un organe dans lequel les CPAS sont représentés…

Le terrain est contre

Bien évidemment, ces mesures sont dénoncées par la Fédération des CPAS wallons qui, par la voix de son président Luc Van Dormael, fait savoir qu’elle étudie « la possibilité de déposer un recours par rapport à cette loi », le délai n’étant pas échu. « Notre position, c’est que la loi existante sur le secret professionnel était suffisante. Elle prévoyait déjà la possibilité de lever le secret professionnel en cas de danger avéré », déclare Luc Van Dormael à la Dernière Heure, ajoutant : « J’ai le sentiment d’un glissement : le volet sécuritaire prend le pas sur l’aide aux personnes. La conséquence, c’est que les gens pourraient ne plus venir chez nous et sortir des radars sociaux. Ils risquent alors d’entrer dans la délinquance »…

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