Accueil des MENA : bras de fer entre les associations et Sammy Mahdi

10/11/21
Accueil des MENA: bras de fer entre les associations et Sammy Mahdi

En septembre dernier, une dizaine d’associations ont déposé une mise en demeure à l’encontre du secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi, au sujet des critères de distinction entre les Mineurs étrangers non accompagnés (Mena) vulnérables ou non. Ce lundi 8 novembre, l’affaire été portée devant le tribunal du travail pour déterminer la recevabilité de l’action en référé.

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la migration, Sammy Mahdi a été mis en demeure, le 15 septembre 2021 par 11 associations dont la plateforme Mineur en exil, Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers (CIRé), Médecins du monde et La ligue des droits humains. La raison ? Rendre accessible l’accueil à l’ensemble des mineurs non accompagnés (Mena).

En effet, aujourd’hui, la loi prévoit qu’en dehors des heures de bureau, l’accès aux réseaux d’accueil Fedasil, n’est autorisé qu’aux MENA répondant aux critères de “vulnérabilité” : être une fille, avoir 15 ans maximum, être porteur.se de handicaps... Ainsi, après 15 heures et jusque 22h, les jeunes en dehors de ces critères ne peuvent plus prétendre à un abri.

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Des critères jugés discriminatoires

Lors de la mise en demeure, les signataires ont fait part de leur indignation vis-à-vis de cette distinction. Pour eux.elles, “Faire une distinction entre les Mena vulnérables et non-vulnérables est en contradiction avec la loi sur l’accueil des demandeurs d’asile et viole notamment la Convention internationale sur les droits de l’enfant et la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne.” D’autant plus, que la Libre démontrait, dans un article du 16 septembre 2021, que les premiers signalements de Mena ont doublé entre février et août 2021, passant de 221 à 544.

En guise de réponse, le secrétaire d’Etat avait rappelé, à l’époque, les initiatives mises en place pour faire face à ce phénomène. Réponse jugée insuffisante par les différentes organisations qui ont porté l’affaire devant la justice.

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Réponse de l’Etat

Ce lundi 8 novembre ont eu lieu les débats devant le tribunal du travail de Bruxelles afin de décider de la recevabilité de l’action en référé.

L’Etat a alors fait part de son incompréhension concernant cette réaction qu’il estime tardive. En effet, les critères sont effectifs depuis mars 2020. Les avocates des associations signataires ont rebondi en dénonçant une dégradation de l’accueil. Selon elles, l’objectif est de limiter le nombre de places pour les Mena. La demande demeure identique de la part des associations : que n’importe quel mineur soit accueilli jusque 22h, sans distinction.

Benoît Van Keirbilck, président de Défense des Enfants International, a déclaré auprès du Soir : “ Ils ont subi travail forcé, esclavage, viols, violences physiques et ont parfois été séparés de leurs parents, mort ou disparus. Ils ont besoin de pouvoir se poser, d’un endroit où dormir, manger, charger leur GSM et après, peuvent être pris en charge.”



Commentaires - 1 message
  • Je me suis toujours demandé comment un état, la Belgique, s'octroyait le droit de conserver sur son territoire des mineurs d'âge étrangers : ils devraient en priorité être remis à leur consulat/ambassade pour être rendus à leurs familles, ou à la tutelle de leur état si il n'y a plus de familles...
    Si un mineur d'âge belge fuguait, par exemple au Maroc, je vois mal la Belgique accepter que le Maroc le conserve sur son territoire sans le confier le plus rapidement possible à l'ambassade Belge pour qu'il soit rendu à sa famille, ou, en l'absence de famille aux services d'aide à la jeunesse belges...
    De quel droit un état se permet-il de "kidnapper" des mineurs d'âge ?
    C'est assez surréaliste, à mon avis...

    Frankp mardi 16 novembre 2021 11:45

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