Anne, art-thérapeute, raconte son année rythmée par la Covid-19

Anne, art-thérapeute, raconte son année rythmée par la Covid-19

La pandémie a modifié, parfois profondément, les pratiques professionnelles des travailleurs de la santé et du social. Face à cette crise sanitaire qui s’éternise, il a fallu faire preuve d’adaptation, d’innovation mais également de résilience. Alors que le coronavirus est entré dans nos vies depuis près d’un an, le Guide Social a décidé de revenir sur cette année mouvementée avec une série d’acteurs du secteur psycho-médico-social. Anne Culot, art-thérapeute, est la première à livrer son témoignage.

Anne Culot est art-thérapeute depuis plusieurs années. Elle a lancé son ASBL en 2004 qui se nomme « Dusa ». Nous l’avions rencontrée en 2019 afin qu’elle nous parle de son métier, de ses expériences professionnelles et de l’apport de la pratique de l’art pour soigner les maux. Après pratiquement un an de crise sanitaire, nous retrouvons Anne pour échanger avec elle sur cette année marquée par le Covid-19. Comment a-t-elle vécu cette période ? Comment a-t-elle adapté sa profession ? Quelles ont été les répercussions sur son travail ? Réponses !

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Le temps suspendu

« Le premier confinement, personnellement, fut salvateur. J’avais besoin d’une pause dans ma vie, comme beaucoup de personnes finalement. C’est pour cela qu’il fut si bien accueilli. On avait besoin de freiner sans savoir comment le faire. Besoin de remettre du sens dans nos vies et dans les actes de la société. C’est ce que je ressens intimement. La fin 2019 et le début d’année 2020 furent compliqués pour moi sur un plan personnel. Cette pause m’a permis de souffler et de mettre de côté mon travail une bonne partie de l’année, jusqu’à mi-juin à peu près. Arrivé l’été, j’avais envie de reprendre. Normalement, durant cette période, je fais des stages d’été sur quelques jours. Il y a une vraie énergie et une réelle demande. Avec la pandémie actuelle, j’ai réduit et pris des dispositions pour pouvoir accueillir et travailler dans les meilleures conditions sanitaires. Il y avait cinq places pour ce stage et il n’y a finalement eu personne. J’ai donc annulé mes stages d’été. J’ai eu quelques patients ensuite en août, mais globalement le début d’année a été très calme. Ma situation personnelle et la situation de crise sanitaire, on fait que, durant les premiers mois de cette année, mon activité ne fut pas très rentable. »

La tentative de reprise

« L’activité a redémarré un peu plus en septembre. Alors, oui, j’aurais pu, je sais que des collègues ont fait ça, aller animer des ateliers dans des hôpitaux et des cliniques. Mais je pense que ma présence est plus adéquate ici, dans des séances personnelles. Et étant donné mon âge, je ne me voyais pas aller travailler là-bas. La demande n’est pas forcément forte, mais elle est présente. Les gens reviennent petit à petit. Ils ont besoin de ce lieu d’échanges, de parole et de libération. La plupart ne viennent pas régler un problème lié à la pandémie. La crise actuelle peut jouer un rôle dans leur décision de venir à tel ou tel moment en effet, mais dans la plupart des cas elle n’est pas la source du problème. »

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S’adapter

« Je reçois depuis octobre directement chez moi. Je peux contrôler le flux, le respect des consignes sanitaires. En soi, ma pratique professionnelle n’a pas beaucoup changé si ce n’est qu’il y a un respect plus grand de la protection de l’autre. Mais je ne peux pas changer mes gestes, mon approche et ma méthode. Dans l’art-thérapie, on a besoin de nos mains, de toucher, de créer et de concevoir la matière. Forcément ça, ça ne peut changer. Là où il y a adaptation, c’est la rigueur. Je fais le choix de recevoir moins de patients en faveur de la précaution sanitaire. Je dois nettoyer souvent et mettre en place les indications de protection pour permettre aux patients de se sentir dans les meilleures conditions ».

Comment concevoir le futur ?

« La suite ? J’ai des projets pour le futur oui. Encore heureux, il en faut. J’avais envie de développer mon activité, ma profession, pour la faire plus connaître auprès du public. Ça reste une thérapie de niche, il faut faire preuve de patience pour développer tout ça. Donc je voulais travailler avec des entreprises ou dans des maisons de santé. Mais bon, pour le moment cela n’est pas possible. Alors je garde mes projets dans mon tiroir en attendant de pouvoir les sortir. Là, je vais me concentrer sur mes nouveaux patients, nouer un lien avec eux. Il y a aussi les stages d’été que je souhaite remettre en place. Globalement, pour le futur, ça ne va pas changer beaucoup de choses pour ma profession, pour moi en tout cas. On va faire attention bien sûr, mais on a la possibilité de s’adapter à notre lieu, notre activité et notre travail. C’est une chose qui permet de voir la suite plus sereinement ».



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