Contrat de gestion : l’ONE réclame davantage de moyens

Contrat de gestion : l'ONE réclame davantage de moyens

Le gouvernement a accordé un budget de 60 millions d’euros pour permettre de valider le nouveau contrat de gestion pour 2021-2025. L’ONE en demande plus alors que les syndicats refusent de remettre en question le statut du personnel.

Les syndicats ont dénoncé dans une lettre le nouveau Contrat de gestion de l’ONE pour 2021-2025 actuellement en cours de concertation avec la ministre en charge de la petite enfance, Bénédicte Linard (Ecolo). A la suite du dernier conseil d’administration, le personnel a demandé des aménagements concrets. Les avis émis par le conseil scientifique de l’ONE, la plateforme pour un statut salarié pour les accueillants à domicile, le collègue des conseillers gynécologues et sages-femmes, la commission d’agrément ATL (Accueil temps libre), la commission générale d’avis Centres de vacances ou le conseil d’avis de l’ONE n’ont pas abouti à un accord.

Des déceptions du côté de l’ONE

Du côté du conseil d’administration de l’ONE, la pilule est amère : "Le programme de prévention des troubles du langage n’a pas été retenu malgré son importance bien connue pour réduire les inégalités sociales en santé et les difficultés d’apprentissage des enfants" et, d’autre part, que "ni l’allaitement, ni la santé mentale n’ont été retenus parmi les priorités d’action". Le manque de financement pour le renforcement du personnel inquiète le secteur de l’accueil de la petite enfance, avec le passage au 1,5 équivalent temps plein pour 7 places, au contraire des moyens annoncés pour la finalisation du passage au statut salarié des accueillantes conventionnées d’ici 2025. L’avenir des co-accueils, sans solution technique, est également incertain, la durée des financements fixée à cinq ans pour les éco-crèches, alignées sur le modèle de la transition, est remise en question. Sur 5600 nouvelles places d’accueil annoncées, seules 2518 ont vu le jour.

- Lire aussi : "Faute de moyens, le secteur de l’Enfance se meurt !"

Le conseil d’administration a considéré comme centrales d’autres thématiques : il a notamment regretté le peu de moyens dégagés pour les centres de vacances ou pour la promotion de la santé à l’école alors que, dans la lutte contre le Covid, “des écoles ont pu rester ouvertes grâce à son action déterminante dans le suivi des élèves, des classes et des écoles.”

Que dire du budget ?

“L’enveloppe de 60 millions d’euros structurels supplémentaires dégagée constitue un budget historique pour le secteur de l’Enfance”, a déclaré Bénédicte Liard au micro du Soir +. “C’est une augmentation de plus de 10% par rapport à ce qui est actuellement alloué. Ces moyens permettront la concrétisation de plusieurs mesures attendues mais jamais financées, dont le passage sous statut des accueillantes conventionnées, la poursuite de la réforme des milieux d’accueil et l’augmentation des places d’accueil.”

L’ONE n’est pas du même avis concernant les 60 millions d’euros d’ici 2024 : “ce n’est pas à la hauteur des espoirs attendus”, et estime qu’il manque 15 à 25 millions par rapport à ce qui était initialement fixé. Pierre Boulanger, secrétaire permanent CSC-Service public, conclut : “Ce nouveau contrat de gestion n’est surtout pas tendre pour le personnel. Nous rappelons que le statut, ce doit être la règle, et l’engagement contractuel, l’exception. On ne veut pas en arriver à une situation connue dans les communes. Si on devait l’oublier, nous serions obligés de passer par la base pour discuter d’actions de revendication...”



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