CPAS de Molenbeek : "Il y a un mal être chez ces travailleurs”

CPAS de Molenbeek:

Deux conseillères PTB déplorent les conditions de travail des assistants sociaux du CPAS de Molenbeek. Le point sur leurs contestations.

Sarah Djebara et Etelvina Delagdo, conseillères PTB et membres du CAS (conseil d’action sociale) du CPAS de Molenbeek protestent vivement contre le traitement de cette institution envers ses employés. Les retards de paiement, la lourdeur des procédures et la réorganisation du travail sont les problématiques qu’elles ont relevées.

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Les retards de paiement

Selon les deux conseillères PTB, "il y a un mal être chez ces travailleurs, exacerbé par la crise sanitaire". Elles mettent en avant notamment les retards de paiement dans différents dossiers. “Il y eu beaucoup de retard en ce qui concerne les dossiers de renouvellement de demande des revenus d’intégration sociale (RIS)”, explique Sarah Djebara dans la DH. Tout comme pour “les demandes ponctuelles d’urgence comme des demandes d’aide pour payer un loyer, une facture, des frais médicaux”, poursuit sa collègue. En réponse, la présidente du CPAS, Gérardine Bastin (MR), déclare qu’elle a pu résorber les retards en engageant des employés sous CDD pour renforcer ses équipes.

La lourdeur des procédures

Les conseillères pointent également du doigt la complexité des démarches qui retarde les demandes des bénéficiaires tout en augmentant la charge de travail aux assistants. Pour elles, "on devrait simplifier les règles pour répondre aux demandes des bénéficiaires." La présidente du CPAS réplique en expliquant qu’il y a eu simplification, comme le prolongement de la carte médicale avec le RI, mais qu’ils ne peuvent pas tout réduire car ils sont “contrôlés”.

“Ils sont dépossédés de leur métier”

Avant, chaque bénéficiaire était attribué à un assistant social qui le suivait sur le long terme Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Pour plusieurs raisons : "Nous avons désormais un logiciel socialibi dans lequel nous intégrons toutes les demandes des demandeurs”, explique Gérardine Bastin dans la DH. “Cela permet aux dossiers d’être traités plus rapidement. Si le référent est absent, le dossier de l’allocataire n’est pas bloqué, il est attribué à quelqu’un d’autre qui peut recevoir le demandeur et faire avancer sa demande. Je comprends les critiques mais c’est un réel bénéfice pour le demandeur. Avec la crise Covid, les assistants sociaux se sont absentés et grâce à ce système nous avons pu continuer à traiter les demandes en moins de 30 jours.”

Les membres du PTB ne voient cependant pas ce nouveau système du même œil. Elles auraient aimé que cette mesure soit retardée car ce changement “ajoute du stress aux assistants sociaux” en pleine pandémie. Mais surtout, elles considèrent que cela dénature le rôle même du travailleur social : "les assistants sociaux ne sont plus titulaires de leurs dossiers, ils sont dépossédés de leur métier".

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