Détention d’enfants pour des raisons de migration : le cri d’alarme des associations

09/06/21
Détention d'enfants pour des raisons de migration : le cri d'alarme des associations

“Des mineurs ne peuvent pas être détenus en centre fermé”. C’est ce qu’affirme le nouvel accord de gouvernement. Pourtant, le secrétaire d’Etat à l’asile et à la migration Sammy Mahdi a lancé une procédure au Conseil d’Etat qui porte sur les conditions de l’enfermement des enfants au centre de rétention 127bis de Steenokkerzeel. Un double discours qui déplaît fortement aux associations.

Les “vertus” de l’enfermement...

Depuis 2018, des familles sont détenues au sein du centre fermé de Steenokkerzeel, en banlieue bruxelloise. Quinze organisations, parmi lesquelles la Ligue des droits humains, la Coordination des ONG pour les Droits de l’Enfant (CODE), Amnesty International Belgique ou encore le CIRE, le Réseau belge de lutte contre la pauvreté, APPIJF et APPPsy, ainsi que l’Ordre des barreaux francophone et germanophone ont attaqué devant le Conseil d’Etat l’arrêté royal qui organise la détention de familles avec enfants. La procédure est toujours en cours, alors que le gouvernement s’est engagé à mettre fin aux détentions de mineurs en centre fermé.

- Lire aussi : Le centre fermé pour familles de migrants fait débat

Car l’arrêté a été maintenu par le secrétaire d’Etat, qui défend les “vertus” de l’enfermement auprès du Conseil d’Etat. “Les très graves effets de la détention sur un enfant sont connus et largement démontrés ; c’est absolument consternant de voir le gouvernement le reconnaître publiquement, tout en défendant l’inverse auprès du Conseil d’Etat”, déplore Benoit Van Keirsbilck, directeur de Défense des Enfants International, auprès de la fédération psy enfants-ados.

Un appel lancé par les associations pour l’interdiction de la détention

Parmi les enfants détenus à Steenokkerzeel entre 2018 et 2019, quatre, alors âgés de 1 à 6 ans, ont été examinés par la pédiatre Paulette De Backer. Elle a pu observer chez ces enfants des symptômes comparables à ceux du syndrome de stress post-traumatique (insomnies, cauchemars, énurésie...) et mis en avant un risque accru de dépression et d’anxiété. La présidente de la Ligue des droits humains Olivia Venet rajoute : “Avec cet arrêté royal, le gouvernement avait essayé de rendre tenable l’intenable en prétendant qu’il était possible de ne pas nuire à ces enfants si les conditions étaient encadrées. Le constat est vraiment différent : ces enfants ont souffert d’être détenus”.

Aujourd’hui en Belgique, plus de 48 000 personnes sont engagées pour l’interdiction de l’enfermement des enfants. Le mouvement “On n’enferme pas un enfant. Point” qualifie cette pratique de violation des droits de l’enfant et souhaite que le gouvernement y mette fin “immédiatement”. De manière générale, les organisations poussent le gouvernement à respecter son accord politique, ce qui n’est possible que par le retrait de l’arrêté royal. Certains vont même plus loin en réclamant l’adoption d’une loi qui proscrit la détention d’enfants.



Commentaires - 1 message
  • Un peu de bon sens SVP... et arrêtons de jouer avec les mots.
    LE problème est que les demandeurs d'asile qui ne remplissent pas les conditions de séjour, en le sachant au départ, utilisent la procédure de demande d'asile pour entrer en Europe, puis "disparaissent" dans la nature en séjour illégal et en travaillant en noir. Pour éviter cela, le centre fermé est un mal malheureusement nécessaire, ne fût-ce que le temps de vérifier que la demande est recevable...
    Quand il s'agit de familles avec des enfants, le problème reste le même (cfr la famille de Mawda, qui avait demandé l'asile en Allemagne, ou en principe chaque pays devrait les renvoyer pour y terminer la procédure de demande, et qui avait payé un passeur pour aller en Angleterre sans attendre la réponse allemande... et SANS informer l'Allemagne se son départ).
    Empêcher les enfants en centre fermé revient à avoir deux poids deux mesures selon qu'il y a présence d'enfants mineurs ou pas avec un adulte, pour l'examen de la demande d'asile.
    On risque même d'avoir un effet d'appel d'accompagnement d'enfants mineurs non prévus au départ...
    Pour avoir côtoyé par mon travail beaucoup de demandeurs d'asile, quasi tous avaient des motifs économiques, non reconnus, et quasi tous avaient gardé soigneusement les papiers de leur pays d'origine, qu'officiellement ils disent avoir "perdu" pour compliquer le rapatriement en cas de refus...
    La réponse est dans la coopération réelle au développement des pays d'origine, dans le payement à un prix équitable des produits importés avec des exigences de retour aux travailleurs du pays d'origine...
    Elle est aussi dans l'orientation des demandeurs d'asile en fonction de leur culture, vers des pays "compatibles"... et à des actions diplomatiques parfois musclées pour que ces pays assument leur part de la demande en fonction de leur population !!!
    Orienter un agriculteur vers un pays d'économie tertiaire ou dans une zone urbaine est aberrant...
    Orienter une personne qui ne parle que l'arabe devrait se faire en priorité vers les pays parlant cette langue etc...
    Pour le moment, le libre choix des pays de destination, en fonction des aides sociales ou de la "réputation" du pays, et pas de la facilité d'intégration des personnes concernées en fonction de leur langue, de leur métier, de leur culture, est une aberration.
    Je pose les questions, pour y réfléchir en appelant un chat un chat ...

    Frankp mardi 16 novembre 2021 13:20

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