Détention d’enfants pour des raisons de migration : le cri d’alarme des associations

Détention d'enfants pour des raisons de migration : le cri d'alarme des associations

“Des mineurs ne peuvent pas être détenus en centre fermé”. C’est ce qu’affirme le nouvel accord de gouvernement. Pourtant, le secrétaire d’Etat à l’asile et à la migration Sammy Mahdi a lancé une procédure au Conseil d’Etat qui porte sur les conditions de l’enfermement des enfants au centre de rétention 127bis de Steenokkerzeel. Un double discours qui déplaît fortement aux associations.

Les “vertus” de l’enfermement...

Depuis 2018, des familles sont détenues au sein du centre fermé de Steenokkerzeel, en banlieue bruxelloise. Quinze organisations, parmi lesquelles la Ligue des droits humains, la Coordination des ONG pour les Droits de l’Enfant (CODE), Amnesty International Belgique ou encore le CIRE, le Réseau belge de lutte contre la pauvreté, APPIJF et APPPsy, ainsi que l’Ordre des barreaux francophone et germanophone ont attaqué devant le Conseil d’Etat l’arrêté royal qui organise la détention de familles avec enfants. La procédure est toujours en cours, alors que le gouvernement s’est engagé à mettre fin aux détentions de mineurs en centre fermé.

- Lire aussi : Le centre fermé pour familles de migrants fait débat

Car l’arrêté a été maintenu par le secrétaire d’Etat, qui défend les “vertus” de l’enfermement auprès du Conseil d’Etat. “Les très graves effets de la détention sur un enfant sont connus et largement démontrés ; c’est absolument consternant de voir le gouvernement le reconnaître publiquement, tout en défendant l’inverse auprès du Conseil d’Etat”, déplore Benoit Van Keirsbilck, directeur de Défense des Enfants International, auprès de la fédération psy enfants-ados.

Un appel lancé par les associations pour l’interdiction de la détention

Parmi les enfants détenus à Steenokkerzeel entre 2018 et 2019, quatre, alors âgés de 1 à 6 ans, ont été examinés par la pédiatre Paulette De Backer. Elle a pu observer chez ces enfants des symptômes comparables à ceux du syndrome de stress post-traumatique (insomnies, cauchemars, énurésie...) et mis en avant un risque accru de dépression et d’anxiété. La présidente de la Ligue des droits humains Olivia Venet rajoute : “Avec cet arrêté royal, le gouvernement avait essayé de rendre tenable l’intenable en prétendant qu’il était possible de ne pas nuire à ces enfants si les conditions étaient encadrées. Le constat est vraiment différent : ces enfants ont souffert d’être détenus”.

Aujourd’hui en Belgique, plus de 48 000 personnes sont engagées pour l’interdiction de l’enfermement des enfants. Le mouvement “On n’enferme pas un enfant. Point” qualifie cette pratique de violation des droits de l’enfant et souhaite que le gouvernement y mette fin “immédiatement”. De manière générale, les organisations poussent le gouvernement à respecter son accord politique, ce qui n’est possible que par le retrait de l’arrêté royal. Certains vont même plus loin en réclamant l’adoption d’une loi qui proscrit la détention d’enfants.



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