Le centre fermé pour familles de migrants fait débat

Le centre fermé pour familles de migrants fait débat

La création d’un centre fermé pour les familles de migrants avec enfants, que souhaite le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken, soulève de nombreuses protestations. Rudy Demotte et Rachid Madrane, respectivement ministre-président de la FWB et ministre de l’Aide à la Jeunesse, ainsi que Bernard De Vos, le délégué général aux droits de l’enfant et les associations de terrain, s’insurgent contre un projet qu’ils considèrent contraires aux principes de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Theo Francken, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, a annoncé qu’il souhaitait installer un centre fermé pour les familles de migrants avec enfants à proximité de l’aéroport de Zaventem et du centre de rapatriement 127bis. Les associations de terrain, dont la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et le Ciré, qui s’opposent de manière générale aux centres fermés, se sont donc soulevées contre le projet. Elles ont été rejointes par le délégué général aux droits de l’enfant, Bernard De Vos, qui affirme qu’il n’est pas question d’enfermer des enfants. En Fédération Wallonie-Bruxelles, récemment déclarée entité hospitalière, le ministre-président Rudy Demotte et le ministre de l’Aide à la Jeunesse Rachid Madrane, ont aussi adressé un courrier à Theo Francken pour lui faire part de leur opposition à cette mesure.

Un projet qui va à l’encontre des droits de l’enfant

"Votre projet de permettre et d’organiser à nouveau explicitement la détention en centre fermé de familles avec enfants se heurte de manière inacceptable aux engagements pris par notre pays de respecter les droits consacrés par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant", insistent les ministres Demotte et Madrane dans leur courrier envoyé mercredi au secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken. Le ministre-président de la FWB et le ministre de l’Aide à la Jeunesse dénoncent ainsi "avec la plus grande force" le projet du gouvernement fédéral de créer des unités en centre fermé pour les familles avec enfants. "Il en va tant de la mise en œuvre des obligations internationales de la Belgique que d’un engagement politique à garantir à chaque enfant de passage sur notre territoire le droit à des conditions de vie décentes et à l’épanouissement", déclarent les deux ministres.

En effet, la Convention générale des droits de l’enfant, ratifiée par la Belgique, stipule que "dans toutes les décisions qui concernent les enfants, [...] l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale". Or, difficile d’imaginer comment l’enfermement peut être dans l’intérêt des enfants, relève la Ligue des Droits de l’Homme.

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L’emplacement en cause

Un autre problème qui se pose est l’emplacement du centre fermé, près de l’aéroport Zaventem et du centre de rapatriement 127bis. Les associations et le délégué général aux droits de l’enfant, , dénoncent une ambiance néfaste pour l’éducation des enfants, qui seraient soumis aux bruits des avions. Dans ces centres fermés, la scolarisation des enfants pourrait aussi être mise en péril.

La Belgique, encore condamnée ?

Si ce projet devait être mis en application, la Belgique ne manquera pas de jouer une fois de plus le rôle du mauvais élève lors de l’examen de son prochain rapport périodique sur l’application des droits de l’enfant, qui aura lieu à Genève dans quelques mois. En effet, elle a déjà été condamnée 3 fois par la Cour européenne des droits de l’Homme la détention de plus de 2.000 enfants en centres fermés entre 2004 et 2008. "Suite à ces condamnations et à la forte mobilisation des associations de défense des étrangers, la Belgique avait mis un terme à cette pratique et mis en place des alternatives. Recommencer à enfermer des enfants est un retour en arrière inacceptable, dramatique, révoltant", affirme le CIRE. Si le gouvernement fédéral indique que l’enfermement ne pourra être qu’une solution de dernier recours, Bernard De Vos, dont les propos sont relevés par la RTBF, tranche : "On n’enferme pas un enfant. Point."

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La rédaction



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