Fonds blouses blanches : 402 millions par an pour le recrutement et la formation

Fonds blouses blanches: 402 millions par an pour le recrutement et la formation

Une proposition de loi visant à consacrer un budget de 402 millions d’euros par an au Fonds "blouses blanches" est sur la table du parlement fédéral. Ce budget servira au recrutement et à la formation de personnel dans le domaine hospitalier. Les syndicats se réjouissent de cette initiative et continuent de défendre la cause des travailleurs. De son côté, le personnel des hôpitaux et maisons de repos ont mené des actions de grève ces derniers jours, pour conserver la pression sur le gouvernement,

Un groupe de travail regroupant pas moins de dix partis politiques s’est mis d’accord pour rendre pérenne le Fonds blouses blanches. Il y a quelques mois de cela, en novembre 2019, les députés avaient alloué à ce fonds 67 millions d’euros afin de créer des emplois supplémentaires dans le secteur de la santé. La crise sanitaire ayant mis en exergue l’importance du personnel soignant, les membres de ce groupe de travail ont jugé judicieux de poursuivre dans cette voie.

Après avoir concerté les partenaires sociaux, ces derniers ont donc choisi de proposer au gouvernement un plan à hauteur de 402 millions d’euros annuels. La majeure partie (354 millions d’euros) sera consacrée au renforcement de l’emploi du personnel soignant salarié, par le biais de recrutements et de formations. Les 48 millions restants iront à l’amélioration de l’emploi du personnel soignant indépendant.

Il faut dire que, comme l’expliquait Benoît Hallet dans notre récent article sur la situation financière critique des hôpitaux, la Belgique compte un peu plus de 9 patients par infirmiers contre huit pour la moyenne européenne. Le budget alloué au Fonds Blouses blanches aura donc également pour mission de rendre plus vivable les conditions de travail des soignants.

« Nous voulons des actes concrets ! »

Alors forcément, les syndicats se réjouissent de cette avancée dans la bonne direction. Surtout quand on sait que l’argent distribué servira au recrutement de nouveaux salariés. Nathalie Lionnet, Secrétaire fédéral de la SETCa en témoigne : « Nous sommes heureux de l’activation de ce Fonds pour créer de l’emploi. Le secteur est en difficulté et les réponses n’étaient pas adéquates jusqu’ici pour améliorer les conditions de travail du personnel soignant ».

La SETCa espère être un acteur central des négociations. « C’est une aubaine pour nous de pouvoir échanger via les concertations sociales. Nous voulons que les emplois soient affectés aux besoins. Il faut venir au soutien de l’activité ! Nous avons un déficit de 5.000 postes aujourd’hui. Il faut donc diminuer la charge de travail pour les infirmiers, et renforcer autour d’eux. Cela passera par l’emploi d’aides-soignants et d’aides-logistiques », affirme Nathalie Lionnet.

Des négociations en cours avec le gouvernement

L’objectif ? Diminuer la pression sur les travailleurs. Ainsi, les infirmiers pourront passer plus de temps avec leurs patients et enrayer la déshumanisation des soins. L’urgence est là, et de bonnes réformes pourraient également susciter ou confirmer des vocations. C’est là qu’interviennent les négociations démarrées avec le gouvernement il y a quelques jours. La SETCa prévient par la voix de sa Secrétaire fédérale : « Nous voulons des actes concrets ! Une concertation de qualité, un engagement véritable pour nous donner les moyens, que les politiques soient prêts à mettre le budget nécessaire. Nous serons constructifs mais pas naïfs, cela fait trop longtemps qu’on entend des promesses non-tenues. » C’est aussi pour cela qu’un préavis de grève regroupant plusieurs syndicats sera déposé pour le secteur du non-marchand, avec pour objectif de susciter une revalorisation du secteur. « Nous ne voulons pas être les perdants de la crise », conclut Nathalie Lionnet.

Du côté de la CNE, le son de cloche est le même. Evelyne Magerat, secrétaire permanente du syndicat, explique : « Il faut une harmonisation des dispositifs d’aide au niveau régional et fédéral. C’est pourquoi nous allons lancer aujourd’hui un cahier de revendications pour le secteur non-marchand. Nous voulons un New-Deal du non-marchand. »

Concernant le Fonds Blouses blanches, la satisfaction est également présente à la CNE. Seul bémol : « une partie des 402 millions ne passera pas par les fonds sociaux. Pourtant, ils existent déjà et ils fonctionnent très bien. Ils seront redirigés vers les budgets des hôpitaux, directement. Heureusement, nous avons imposé une obligation de concertation qui nous permettra d’avoir notre mot à dire sur les investissements réalisés avec cet argent », pointe la représentante du syndicat.

Des actions vouées à se poursuivre

Du côté des négociations ayant lieu en ce moment avec le gouvernement fédéral, Evelyne Magerat et la CNE ont un objectif précis. Il faut revaloriser le secteur en améliorant les barèmes, et en travaillant sur son attractivité. Le but est de stopper ce qui est considéré comme un véritable phénomène de désertion du métier.

Or, pour l’instant, rien n’est acquis. En conséquence, des actions sont menées dans les centres hospitaliers et les maisons de repos. Elles sont chapeautées par la SETCa. Plusieurs actions symboliques ont été menées à travers le pays, ces dernières semaines, que ce soit dans les hôpitaux ou les maisons de repos. Ces mouvements se sont également organisés autour du tractage pour sensibiliser l’opinion publique aux difficultés du secteur.

Un appel pour une journée d’action nationale a même été relayé par plusieurs syndicats plus tôt aujourd’hui, jeudi 4 juin. Dans les maisons de repos, les actions risquent bien de continuer également. En effet, comme elles font parties des compétences liées au niveau régional, elles ne bénéficieront en rien du Fonds Blouses blanches de 402 millions qui pourrait être débloqué. D’où l’appel à une « harmonisation » de la part de la CNE.

C.D.



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