Grève du secteur de l’Enfance : "Les réponses du Gouvernement restent insuffisantes"

Grève du secteur de l'Enfance:

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a défini, lors du conclave budgétaire, l’enveloppe budgétaire du prochain contrat de gestion de l’ONE portant sur les années 2021-2025. Mais, pour la CNE, ces mesures ne sont pas assez ambitieuses : « Le conclave budgétaire éteint certains incendies. Mais trop de brouillard maintient la méfiance envers la ministre Linard et le gouvernement Jéholet. » Il y aura donc bien grève ce 5 mai dans le Secteur de l’Enfance.

Le premier avril dernier, le secteur de l’Enfance avait exprimé son désarroi mais aussi sa colère. Plus d’un mois plus tard, le mouvement de grogne des acteurs de terrain est toujours aussi puissant. Ce mercredi 5 mai, une nouvelle journée d’actions est programmée et ce malgré les promesses formulées par les autorités politiques. « Les réponses du Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles et de la Ministre de l’Enfance restent insuffisantes pour redonner la confiance », dénonce la CNE.

- Lire aussi : Colère du secteur de l’enfance : quel avenir pour les réformes MILAC et ATL ?

60 millions d’euros supplémentaires par an

Que retenir du conclave budgétaire qui a défini pour les cinq prochaines années l’enveloppe budgétaire du prochain contrat de gestion de l’ONE ?

Tout d’abord, une priorité est donnée à la lutte contre la précarité infantile. La stratégie proposée par le gouvernement ? Subventionnement et mise en projet des milieux d’accueil, promotion de nouvelles pratiques, innovation, accompagnement et formation des professionnels, avec l’ambition d’atteindre, dans un horizon de cinq années, des effets positifs mesurables en matière d’accessibilité accrue des milieux d’accueil, de nombre d’enfants vulnérables accueillis et de lutte contre les inégalités sociales et environnementales. Notons aussi que le contrat de gestion prévoit l’augmentation du nombre de places d’accueil, en priorité dans les provinces où le taux de couverture est le plus faible.

Le gouvernement s’engage à poursuivre la réforme MILAC et à ce que l’ensemble des accueillantes conventionnées passent (enfin !) au statut d’accueillantes salariées d’ici 2025.

Il promet également de dégager un budget supplémentaire de 60 millions d’euros structurels par an, au terme de la législature. Une mesure qui n’a pas convaincu le syndicat : « Pour rappel, la ministre elle-même annonce qu’il aurait fallu 175 millions € pour réaliser la réforme des milieux d’accueil. Rien n’est dit sur les priorités de la ministre dans l’affectation de ces moyens limités. » Et de rajouter : « La ministre annonce une concertation, mais identifie déjà ses propres priorités…. Qui ne sont manifestement pas les nôtres. »

Le dispositif éco-crèches fait aussi partie du contrat de gestion de l’ONE. Il prévoit que les milieux d’accueil de la petite enfance intègrent un plan de transition écologique dans leur projet d’accueil en tenant compte de leur point de départ et de leurs contraintes. « Le conclave débloque un « éco-chèque de reconnaissance » pour le secteur de l’Enfance, alors que le Gouvernement avait d’abord annoncé qu’il en serait exclu. Attention, le secteur des PSE et de l’Accueil extra-scolaire restent exclus », commente la CNE.

- Lire aussi : Les crèches réclament des réponses et des actes concrets

Un accord social Non-Marchand peu « ambitieux »

Une mesure suscite particulièrement les foudres du secteur : la mise à disposition, d’ici 2025, de 20 millions € récurrents pour un accord social Non-Marchand ! Des montants dérisoires pour le syndicat : « Pour rappel, d’ici 2022, c’est 1 milliard € au Fédéral et en Wallonie, 260 millions € qui sont dégagés pour cet objectif. Nous réclamions 120 millions €… »

La CNE poursuit : « Enfin, la ministre Linard continue à bloquer le budget de 5 millions € à affecter en 2021 à l’amélioration de la tenabilité et de l’attractivité des professions de l’Enfance. Les partenaires sociaux étaient pourtant parvenus à un accord sur l’amélioration des normes dans les SASPE (services d’accueil spécialisé de la petite enfance) et l’octroi de jours de congés pour tous. »

Ce mercredi 5 mai, de nombreux milieux d’accueil et de services de l’Enfance seront donc en grève pour soutenir les concertations à mener dans les prochains jours sur l’affectation des budgets prioritaires, mais aussi pour exiger un véritable budget permettant de négocier un accord Non-Marchand ambitieux.

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