L’aide sociale de première ligne à la dérive

L'aide sociale de première ligne à la dérive

Depuis la crise sanitaire, les aides sociales de première ligne peinent à remplir leur fonction première : celle de l’assistance au public fragilisé. La digitalisation des services empêche l’exercice des droits fondamentaux des plus précarisés, pointent des chercheurs du RBDH (Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat).

Les institutions sociales, comme les CPAS ou les mutuelles, ont un rôle essentiel à l’intégration des personnes défavorisées. C’est grâce à elles si ces personnes obtiennent un revenu d’intégration sociale. C’est d’elles que dépend l’inscription au registre de la population. Or, depuis le début de la pandémie, ces services sont passés à un mode de fonctionnement axé sur la technologie et sont devenus inaccessibles à la population précarisée. C’est ce qui ressort d’une analyse du RBDH.

- [A lire] : Effets de la crise sur les CPAS : vers une surcharge de travail alarmante !

Difficultés d’accès aux aides

Aujourd’hui, le RBDH constate qu’obtenir une information auprès des services d’aide de première ligne relève du parcours du combattant. Les entrées au guichet des administrations sont restreintes. Les procédures s’effectuent donc en ligne, sur leur site internet. Pour obtenir un rendez-vous, il faut d’abord introduire une demande par mail ou par téléphone. Or, le temps d’attente pour l’appel est beaucoup trop long et très souvent, il n’y a personne au bout du fil ou on a droit à une réponse automatique.

- [A lire] : Jeunes en errance : "Il faut poursuivre leur accompagnement au-delà de 25 ans"

Un sentiment d’abandon

Ce nouveau système pose problème à plusieurs niveaux. Le passage au digital accroit les inégalités. En effet, quantité de personnes comme les personnes âgées, handicapées ou sans papiers n’ont pas accès aux technologies. Ainsi, le manque de soutien et la fracture numérique renforcent l’isolement de la population marginalisée : « Les appels téléphoniques sans réponse sont aussi nombreux et renforcent aux yeux de ce public fragilisé, le sentiment d’abandon et de frustration de n’avoir aucun contact physique avec son assistant social », explique une travailleuse sociale d’une table du logement.

- [A lire] : Sans-abrisme : un relais social en Brabant wallon

La responsabilité de l’aide de première ligne

Pour le RBDH, l’aide sociale a le devoir de proposer un service de qualité accessible aux plus défavorisés. Pour cela, la présence physique est primordiale dans l’accompagnement car la technologie ne pourra jamais compenser l’écoute et le réconfort que peut apporter une personne. Selon l’association, il est donc impératif d’assurer l’accès physique aux administrations de première ligne. De plus, elle encourage les CPAS à améliorer le système des appels téléphoniques pour que personne ne soit ignorée et que les délais de rendez-vous ne dépassent pas les deux semaines. Enfin, le budget alloué aux CPAS par le gouvernement doit servir à augmenter la capacité d’accueil des administrations.

Le RBDH termine son analyse en rappelant que « les travailleurs sociaux de première ligne et les institutions au sein desquelles ils travaillent ont la lourde responsabilité sociale de maintenir à flot les plus vulnérables de notre société. Assumons notre rôle pour combler les dégâts que cette crise a causés. C’est notre devoir. »

- [A lire] : Prendre soin de soi en tant que travailleur social



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus