Prendre soin de soi en tant que travailleur social

Prendre soin de soi en tant que travailleur social

En tant que travailleur social, nous sommes notre outil principal de travail. Bien souvent, nous sommes même notre seul outil de travail. À cet égard, forcément, il apparaît essentiel de prendre soin de nous, car, comme le dit l’adage « qui veut aller loin, ménage sa monture ». Nous ne pensons pas toujours à nous accorder autant d’attention et de soin que nous en accordons à ceux que nous aimons. Résultat, nous nous retrouvons souvent dans des situations de stress, de fatigue, d’épuisement, parfois même de burn-out.

[DOSSIER]
- Prendre de la distance par rapport à soi en tant que travailleur social
- Importance de la définition de problème en travail social
- Actions concrètes pour atteindre un objectif et résoudre un problème

Prendre soin de soi, et a plus forte raison le faire en se considérant comme un outil de travail essentiel, nécessite plusieurs prises de conscience, certaines étant parfois douloureuses. Entre autres choses, tout d’abord, il s’agit de reconnaître sa propre faillibilité, ses propres limites. Il est question également de prendre conscience de sa valeur personnelle. Il s’agit aussi du fait que tout n’est pas acceptable et que, parfois, une confrontation est nécessaire, que ce soit avec soi-même ou avec d’autres.

Connaître ses limites

Nous avons tous nos limites. Certains d’entre nous ont besoin de plus de sommeil, ou encore d’un environnement de travail calme, d’avoir la possibilité d’adopter un rythme plus lent, etc. Nous sommes capables de nous adapter à des conditions qui ne respectent pas ces limites, mais uniquement dans une certaine mesure et dans une certaine limite, car aussi importante que soit notre capacité d’adaptation, elle n’est pas extensible à l’infini. Connaître ses limites, être capable de s’adapter à notre environnement de travail, savoir jusqu’où il nous est possible d’aller et reconnaître les premiers signes qu’un dépassement important est sur le point de se produire nous permet d’anticiper, de (re)poser le cadre lorsque cela devient nécessaire.

Faire preuve d’assurance…

Reposer le cadre nécessite de faire preuve d’assurance et d’assertivité, ce qui n’est pas forcément évident. En effet, cela suppose d’avoir une juste conscience de sa valeur personnelle, si surestimée, ni sous-estimée, ainsi que de la valeur personnelle de l’autre, de ses besoins et de ses attentes. Par « valeur personnelle », j’entends non seulement notre qualité intrinsèque d’être humain, et donc le droit au respect, à la considération, à la bienveillance, etc qui y sont liés ; mais aussi à notre « valeur » en tant qu’outil principal de notre travail. En d’autres termes, qui aurait envie de monter dans un avion dont le pilote a enchaîné les vols sans arrêt durant les 72 dernières heures ? En tant que travailleur de l’humain, certaines conditions sont aussi nécessaires à l’exercice de notre métier.

Et d’assertivité

Tout comme il nous appartient de connaître nos limites et de les verbaliser, il est parfois nécessaire, aussi, que nous soyons attentifs aux conditions dans lesquelles nous devons exercer, afin que ces conditions respectent l’outil de travail que nous sommes. Il s’agit d’un équilibre complexe, car nous travaillons en équipe, et nos actes, demandes, etc ont parfois une incidence sur nos collègues. Cela étant, parfois, prendre du recul et regarder le système dans son ensemble permet de se rendre compte que c’est toute l’organisation qui fait peser trop de poids sur ses membres et qui, par un effet pervers, leur en rejette la responsabilité de manière individuelle. Là encore, il s’agit de faire la part entre une attente « normale » au niveau de monde du travail et une attente démesurée.

Se remettre en question

En effet, parfois, c’est nous-mêmes qui devons-nous remettre en question. Au fil du temps, les attentes des générations de travailleurs vis-à-vis du monde du travail évoluent, les valeurs se modifient et parfois n’entrent pas en résonance avec celles de collègues ou responsables plus âgés, ou d’organisations plus anciennes. Parfois même, ces attentes semblent irréalistes et hors de propos, tant elles sont en décalage avec le fonctionnement du reste de l’organisation. Dans ces cas-là, une remise en question personnelle apparaît inévitable, si le travailleur désire rester au sein de l’organisation …

MF - travailleuse sociale

[De la même autrice] :
- Travailleur social : astuces pour mieux communiquer, malgré le masque
- "Être éducateur dans une société en crise"
- Le non-marchand, oublié du (dé)confinement
- Patients psychiatriques, détenus, personnel : les oubliés de la crise
- Coronavirus : travailleur social en télétravail ?
- Coronavirus : quand nos hôpitaux en sont réduits à mendier...
- Gare à la surenchère dans l’offre de services sociaux
- Toujours en burn-out malgré les vacances...
- Vivre un deuil au travail
- De l’injonction à la résilience chez le travailleur social
- Éducateur spécialisé, le parent pauvre
- L’hypnose, un formidable outil pour le travailleur social
- Travailler en réseau : bénéfices et difficultés
- Les travailleurs sociaux sont-ils tous sur un pied d’égalité ?
- Travailleur social : gérer la lassitude professionnelle



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus