Le manque de places d’hébergement alarme l’aide de première ligne

Le manque de places d'hébergement alarme l'aide de première ligne

Ne pas pouvoir loger des personnes sans-abris faute de capacité d’accueil, c’est une réalité à laquelle les travailleurs de première ligne sont confrontés chaque jour à Bruxelles. Face à cette situation, des associations témoignent et demandent aux autorités de réagir.

Les ONG Médecins Sans Frontières et Médecins du Monde ainsi que la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés tirent la sonnette d’alarme. Malgré les efforts réalisés par les autorités fédérales et régionales, le nombre de places dans les hébergements restent insuffisants à Bruxelles. Ces organisations appellent les autorités à augmenter la capacité d’accueil afin que les sans-abris puissent survivre à cet hiver glacial.

Pour faire réagir les pouvoirs publics, les associations ont réalisé des capsules vidéo en ligne où des travailleurs de première ligne ont partagé leur frustration face au manque de places dans les centres. “Les équipes sont confrontées à la violence de l’annonce du manque de place, entraînant une frustration croissante ressentie tant par les personnes en attente d’hébergement que par les équipes sur le terrain”, expliquent la Plateforme Citoyenne dans un communiqué de presse.

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“L’accès à l’hébergement, un choix schizophrénique des travailleurs”

La plateforme Citoyenne possède une capacité de 450 places, mais compte dans leur liste d’attente 300 personnes à la rue dont la santé mentale et physique se dégrade chaque jour. A cause de la capacité d’accueil insuffisante, les travailleurs sont obligés d’”établir des critères absurdes en fonction des difficultés des personnes”, se désole Lorenzo Di Lucia, conseiller dans l’ASBL dans une capsule vidéo. “L’accès à l’hébergement est devenu un choix schizophrénique des travailleurs de première ligne, sur base d’un calcul de vulnérabilités cumulées”, explique la plateforme dans son communiqué.

“Pour nous, le plus difficile, c’est de se rendre tous les jours sur le terrain, de regarder les gens droit dans les yeux, et de leur dire : ‘Oui, tu es au bon endroit pour accéder à ce service, mais malheureusement, ce sera dans un mois.’ Et un mois pour une personne à la rue, c’est déjà une éternité”, déplore le conseiller. Cette situation affecte la qualité de l’accompagnement social des bénéficiaires : difficulté d’établir un suivi régulier, frustration voire agressivité envers soi-même et autrui, perte de contact...

"Notre travail de soignant réduit à néant”

Médecins Sans Frontières prodigue des soins de santé mentale au Hub humanitaire. Aujourd’hui, son personnel est préoccupé par le manque d’accès au logement qui pousse certaines personnes à des actes désespérés. C’est le cas d’une femme d’origine éthiopienne à la rue qui a commis une tentative de suicide après avoir subi un double viol, raconte Thomas Pelseneer, infirmier psychiatrique à la MSF dans la vidéo. Les soignants l’ont hospitalisée pour qu’au final, elle se retrouve à nouveau à la rue faute de places d’hébergement. “C’est extrêmement frustrant de constater que notre travail en tant que soignant pendant de longues semaines a été réduit à néant pace qu’il n’y a pas d’accueil au logement pour les personnes sans-abris”, confie l’infirmier.

Une prise en charge médicale retardée

Médecins du Monde constate lors des consultations à Bruxelles que près d’1 patient sur 2 souffre de maladies chroniques. Ces personnes pourraient bénéficier d’un suivi médical et social dans les structures d’accueil. Malheureusement, l’accès limité aux structures d’accueil et le temps d’attente trop long créent une prise en charge médicale tardive.

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