Le secteur socioculturel veut être consulté pour le déconfinement

Le secteur socioculturel veut être consulté pour le déconfinement

Un collectif de près de 300 organisations des secteurs social et socioculturel au sens large, soutenu par des acteurs du monde académique, ont lancé un appel. Ces associations demandent deux mesures phares. La mise en place d’une aide directe financière mensuelle urgente du fédéral pour les ménages appauvris. Une allocation mensuelle Covid-19 à laquelle viendrait s’ajouter un autre changement : l’intégration des acteurs de terrain dans le processus de décision et de planification du déconfinement pour le secteur.

Cela fait maintenant plusieurs mois que la pandémie qui touche le globe impacte le quotidien du peuple belge. Selon un collectif de près de 300 organisations rassemblant une série d’AMO, Le Forum - Bruxelles contre les inégalités ou encore le Comité de Vigilance en Travail Social, auteur d’une carte blanche dans Le Vif, la mise en place d’un confinement a exacerbé les inégalités sociales, ou tout le moins, les a mises en lumière. Les associations parlent même d’une « crise sociale préexistante ».

C’est ce qui les a poussées à apostropher le gouvernement pour mettre en place deux mesures, qui seraient des marchepieds pour aller de l’avant. Elles réclament tout d’abord une aide financière directe pour les ménages appauvris. Selon elles, « une aide financière directe vers les ménages exposés est cruciale aujourd’hui, comme le sera dès demain le rehaussement des allocations sociales et revenus au minimum au-dessus du seuil de pauvreté, et le renforcement de la sécurité sociale ».

Or, à l’heure actuelle, le gouvernement fédéral a érigé en priorité la lutte contre une crise économique qui menaçait de suivre de près la situation sanitaire que nous vivons. Le secteur trouve un bémol à cette approche. « De nombreuses formes de travail précaires ont été oubliées de la protection du chômage temporaire », expliquent les associations, citant en exemple les accueillantes d’enfants ou les ALE. La situation est même pire pour les travailleurs non-reconnus et donc non aidés par l’Etat, qui auront du mal à faire face aux dépenses induites par la crise. Sont notamment concernés les sans-abris, les personnes licenciées cherchant un emploi ou les allocataires sociaux.

Inclure les oubliés dans les aides gouvernementales

Mais ce qui est frappant dans cette initiative collective, c’est surtout la transversalité de l’appel. Tous les acteurs du secteur social et socio-culturel veulent être inclus dans le processus de décision. C’est là la seconde mesure qu’ils défendent dans leur carte blanche dans Le Vif : « Il est indispensable que la gestion fédérale de la crise et de son déconfinement soit pensée avec les acteur.trice.s qui accompagnent ces populations les plus vulnérables : l’éducation permanente, le socio-culturel, les AMO, la culture en action, les ateliers culturels et sportifs informels dans les quartiers, les éducateur.trice.s de rue, les associations de migrant.e.s, les associations de quartier et maisons du bien-être, les maisons médicales, les plannings familiaux, les acteur.trice.s de la santé en ambulatoire dont les infirmier.e.s de rue et associations organisant maraudes et vigilance sociale, les collectifs d’hébergeur.euse.s, les acteur.trice.s qui s’activent pour les sans-abris, les services associatifs et sociaux dans les prisons, etc. »

Tous pointent vers la même problématique, les conséquences de l’arrêt de leurs activités. C’est précisément ce que le confinement a causé. Alors, à l’heure du déconfinement, « Il serait dramatique que seul le critère sanitaire au sens épidémique reste central et sonne à un moment la fin de la crise, alors que ses conséquences sociales vont s’ajouter aux inégalités et injustices sociales préexistantes. »

Et ce qui est reproché au gouvernement, c’est la manières dont les mesures sociales ont été implémentées. La barre de ce qui est requis pour avoir accès aux aides est parfois trop hautes pour certains publics, alors que ce sont ceux qui en ont le plus besoin. Selon le collectif, l’action gouvernementale s’applique « avec un niveau de praticabilité relatif ». C’est pourquoi il milite pour « un réel déconfinement social qui parte des possibles des plus pauvres, des plus vulnérables, et des acteur.trice.s qui sont avec elles et eux sur le terrain ». Derrière ce message, une volonté est facilement perceptible, celle d’un appel à inclure les oubliés et aider les infortunés pour bâtir le monde d’après.



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus