Première vague : 30 à 50% des soignants en “souffrance psychologique”

Première vague: 30 à 50% des soignants en

Selon une étude des Cliniques Saint-Luc, 30 à 50% du personnel de la santé ont connu une souffrance psychologique extrême lors de la première vague. Autre résultat frappant : les infirmiers ont été plus touchés que les médecins.

Une étude des Cliniques universitaires de Saint-Luc démontre que la souffrance psychologique avec des symptômes de stress, d’anxiété, de dépression et de stress post-traumatique s’est observée chez 30 à 50% des soignants lors du premier confinement. Selon cette même enquête, menée auprès de 500 médecins et infirmiers, les symptômes étaient plus présents dans le corps infirmier que le corps médical.

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La première vague

La vague d’épidémie, les soignants l’ont vécue comme un véritable tsunami. Le professeur Philippe de Timari, chef du service de psychiatrie à Saint-Luc, explique dans la DH qu’”ils étaient confrontés du jour au lendemain à devoir traiter dans l’urgence des patients qui présentaient cette infection Covid qu’ils ne connaissaient pas, avec les moyens qu’ils avaient et un risque de transmission contre lequel ils n’étaient eux-mêmes pas très bien protégés.”

Alors que le personnel était plutôt optimiste au départ, les choses ont très vite viré au cauchemar. “Ils étaient réellement en première ligne”, insiste le professeur. Les collègues eux-mêmes touchés par le virus, la confiance était ébranlée. Avec un taux de mortalité élevé, les soignants ne savaient plus accompagner correctement les patients et leurs familles.

Des effets sur la durée

Les professionnels de la santé ont souffert de symptômes alarmants, comme la dépression, qui ont duré longtemps. Certains d’entre eux n’ont pas ressenti les conséquences de la crise directement en mars ou en avril mais plus tard. L’étude qualifie ce phénomène d’”effet décalé”.

Philippe de Timari explique également à la DH que "la crise était ressentie plus durement dans les équipes infirmières". Cela ne signifie cependant pas que les médecins n’ont pas souffert, nuance-t-il.

Une diversité des situations

A l’hôpital, le malaise était présente tant dans les unités Covid que non Covid mais de façon différente. Dans les premiers services, les soignants étaient confrontés à un taux de mortalité considérable, à une lourdeur des tâches et à des mesures sanitaires changeantes tandis que pour les seconds, le personnel a ressenti un manque de considération vis-à-vis de leur situation. Enfin, la solidarité a joué un rôle dans la capacité à affronter cette crise : "Quand la cohésion était moins présente, la souffrance dans l’équipe devenait plus lourde", explique le professeur.

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