Greoli : "Bientôt 600 accueillantes d’enfants sous contrat de travail !"

Greoli:

À la veille du scrutin du 26 mai, l’heure est au bilan. Le Guide Social a mis sur le gril plusieurs mandataires politiques. La première élue à se prêter à l’exercice est Alda Greoli, ministre de la Culture et de l’Enfance à la Communauté Française et ministre de la Santé et de l’Action sociale à la Région Wallonne. Une rencontre sans langue de bois où nous avons abordé bon nombre de dossiers !

Voici la première partie de l’interview, centrée sur l’accueil de la petite enfance. Dans les prochains jours, la ministre abordera des dossiers épineux : le décret des maisons de repos, l’assurance autonomie et la réforme APE.

Trois ans à la Fédération Wallonie-Bruxelles, deux à la Région Wallonne. Vous aviez peu de temps pour concrétiser vos dossiers. Pourtant, quand on regarde votre bilan, vous n’avez pas chômé.

Alda Greoli : Il est presque trop gros ce bilan... Mais je ne regrette pas. Et j’en ai encore des choses à faire en trois mois. On bossera jusqu’au dernier jour. Je suis arrivée en cours de législature mais j’avais des visions claires sur les enjeux de mes compétences. J’ai pu très vite imprimer un certain nombre de priorités.

[DOSSIER]

- Assurance autonomie et décret "maisons de repos" : la riposte de Greoli
- Greoli : "La réforme APE suscite beaucoup de fantasmes…"

"Dans la concertation sociale, chacun doit trouver sa place"

Privilégiez-vous à chaque fois la concertation avec les acteurs de terrain quand vous travaillez sur une réforme ?

A.G. : Oui ! La concertation, pour moi, vise à se comprendre pour pouvoir avancer. L’aboutissement de la concertation peut parfois prendre du temps car il en faut pour se refaire un contrat. Mais quand on l’a rétablit, on peut faire avancer l’intérêt général ensemble. Dans la concertation sociale, chacun doit trouver sa place. Je suis ministre. A un moment donné, je dois donc pouvoir trancher et arbitrer.

À la Fédération Wallonie-Bruxelles, vous avez remporté un combat de taille : offrir un statut de salarié aux accueillantes d’enfants. Combien de personnes ont obtenu ce statut depuis la mise en application de votre mesure ?

A.G. : Concrètement, il y a en 364 qui ont signé leur contrat de travail et 128 autres qui sont en passe de le faire. On va atteindre les 600 rapidement. En effet, nos services reçoivent tous les jours des nouveaux dossiers. D’ici 2025, nous espérons qu’elles soient toutes régularisées. C’est un combat de 30 ans, le statut des accueillantes d’enfants... J’ai rencontré des femmes qui pleuraient de joie et d’émotion car elles allaient pouvoir prendre leurs premiers congés payés après 20 ans de carrière. Ce sont des vrais droits sociaux auxquels elles ont dorénavant accès. Cela va aussi permettre d’avoir des parcours de vie différents. Un exemple ? Une accueillante pourra travailler chez elle durant plusieurs années puis postuler dans une crèche. C’est une avancée sociale fondamentale.

"La réforme MILAC est urgente. Le secteur est sous-financé"

Vous portez aussi la réforme des milieux d’accueil (MILAC) en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle vise notamment la simplification du paysage des institutions d’accueil.

A.G. : Le décret est arrivé en séance plénière du parlement ce 20 février. (NDLR : la réforme a été définitivement approuvée par le Parlement) Cette réforme est fondamentale car il y avait et il y a encore une forme d’urgence. Le secteur est sous-financé. C’est la raison pour laquelle la première chose que je veux finaliser dans la réforme MILAC, c’est le refinancement du secteur à hauteur de 12 millions d’euros. Le but est de permettre aux milieux d’accueil qui ne sont pas financés en suffisance d’obtenir un niveau de financement aussi élevé que celui des crèches.

"La création de plus de 2.000 emplois directs"

En mai 2018, face à la pénurie des milieux d’accueil, vous avez lancé un appel à projets pour construire de nouvelles crèches en Fédération Wallonie-Bruxelles. Votre appel a-t-il été entendu ?

A.G. : Aujourd’hui, quasiment, l’entièreté de l’appel à projets « Au fil de l’Eau », dans le cadre du plan Cigogne III, a été octroyée. Il s’agissait d’un appel intermédiaire pour que les provinces de Liège et du Hainaut puissent déposer des projets en étant davantage accompagnées. On avait vraiment un déficit de dossiers rentrés pour ces deux provinces…

- [A lire] : Une réforme pour réduire les inégalités dans les milieux d’accueil

Et cela rime aussi avec création d’emplois…

A.G. : Évidement. Je vais lancer un nouvel appel à projets d’ici peu sur l’ensemble de la Communauté Française pour la troisième phase du plan « Cigogne 3 ». Cela va engendrer la création de plus de 2.000 emplois directs. A cela, rajoutez 1.000 emplois dans les maisons de repos, via ma réforme sur l’accueil des ainés. Cela fait donc pas moins de 3.000 emplois ! On va aussi en créer 2.000 dans les services d’aide aux familles avec l’assurance autonomie. Ce sont des emplois où on peut augmenter relativement rapidement la formation initiale des personnes qui sont employées. Et puis, ils sont non délocalisables et à très long terme.

E.V.

- [A lire] : Accueillantes d’enfants, la FWB a signé les premiers contrats !

Retrouvez la suite de l’interview d’Alda Greoli sur le site du Guide Social ce vendredi 22 février. La ministre répondra à nos questions concernant la réforme des maisons de repos et l’assurance autonomie.



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus