Assurance autonomie et décret "maisons de repos" : la riposte de Greoli

Assurance autonomie et décret

À la veille du scrutin du 26 mai, le Guide Social a mis sur le gril plusieurs mandataires politiques. La première élue à se prêter à l’exercice est Alda Greoli, ministre de la Santé et de l’Action sociale à la Région Wallonne. Dans cette deuxième partie d’interview, elle se penche sur la réforme des maisons de repos et sur l’assurance autonomie. Deux dossiers qui en ont fait grincer, des dents !

[DOSSIER]

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Le dossier de l’assurance autonomie doit atterrir prochainement sur la table du Gouvernement wallon. La majorité espère faire passer cette réforme délicate avant la fin de la législature. « Et je tiendrai parole ! Elle va passer en troisième lecture avant la trêve de carnaval ou juste après », martèle Alda Greoli, l’initiatrice. Pour rappel, son objectif est de déployer une couverture sociale inédite afin de répondre aux besoins liés à l’allongement de la vie et à la perte d’autonomie.

De nombreux acteurs de terrain n’ont pas vu d’un très bon œil l’arrivée d’une telle mesure. La Fédération des CPAS, la Commission wallonne des Aînés ou bien encore les professionnels de l’aide à domicile se sont exprimés contre la réforme. Leurs reproches ? Une vision trop médicale du système, une complexification du système d’aides et une déprofessionnalisation de l’aide à domicile.

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« La réforme double la capacité d’action du secteur »

« Le secteur n’est plus inquiet aujourd’hui », assure la ministre. « La réforme a évolué dans le dialogue. Au départ, elle était axée, comme en Flandre, sur les personnes les plus dépendantes. La réforme wallonne, dans son aboutissement, agit dès l’entame de la perte d’autonomie et n’a pas mis de côté les situations sociales dans lesquelles interviennent les aides familiales. » Elle développe : « Le secteur a cru que j’avais juste une vision médicale. Or, au contraire, la réforme conforte l’action actuelle des secteurs et en double la capacité d’action. C’est plus de 2.000 emplois qui vont être créés. Je pense que si vous interrogez le secteur aujourd’hui vous n’allez plus trouver grand monde pour dire que… »

L’assurance autonomie sera mise en œuvre au premier janvier 2021. « On s’y est préparé. En 2019 et 2020, il y a eu une augmentation des moyens alloués au secteur des SAFA pour les aider à grandir », se félicite-t-elle. « Cette année, nous rajoutons 4 millions dans les centres de coordination, ce qui double leurs moyens. Le but ? Engager des assistants sociaux et du personnel administratif. Ils prépareront le secteur afin de pouvoir engager des aides familiales, des aides ménagères sociales et des gardes à domicile en fin d’année et l’année prochaine. »

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Une marchandisation des maisons de repos ?

Un autre dossier brûlant, porté par la ministre, est également en passe d’être concrétisé : le fameux projet de décret consacré à l’aide aux aînés. Concrètement, il prévoit la création de près de 12.000 places en maisons de repos à l’horizon 2030, l’instauration d’un prix conventionné et le financement dynamique des infrastructures.

Une des mesures du décret a fait bondir certains acteurs du secteur mais aussi des partis d’opposition comme le PS. Ils dénoncent en chœur une marchandisation des maisons de repos. Pour eux, il est inacceptable que la réforme ouvre le financement du secteur au privé commercial. Ils craignent de voir apparaître des fonds d’investissement… Une accusation que balaye d’un revers de la main la mandataire.

« Nous avons en région wallonne un secteur des maisons de repos qui est très marchandisé puisqu’il est réservé au secteur commercial à 50%, au maximum. En Flandre, c’est seulement 16%. Donc je souris un peu lorsque les socialistes m’attaquent sur cet aspect-là. Ils ont eu très longtemps la responsabilité de ce secteur. Pourtant, ils n’ont jamais lutté contre le phénomène et ils n’ont jamais demandé à réduire le quota de la partie commerciale », riposte Alda Greoli.

Des subsides si vous vous conformez à des critères

Elle en est certaine : sa réforme lutte justement contre la marchandisation du secteur. « Pourquoi ? Parce que l’associatif, le public et le commercial pourront avoir dans le cadre de leur prix de journée un amortissement de leurs investissements en construction si et seulement si ils répondent à une série de critères, comme se conventionner au niveau du prix ou offrir un encadrement du personnel au-dessus de la norme », assure la cdH. Et de conclure : « La réforme insiste sur un point : si vous voulez des subsides alors vous vous conformez à des critères qui permettent l’universalité d’accès. Bref, elle consolide le secteur public et associatif et elle invite le secteur commercial à gagner en non-marchandisation. »

Alors, poudre aux yeux ou véritable « mieux » pour notre secteur ? Réponse dans plusieurs mois après l’entrée en vigueur de l’assurance autonomie et du décret « maisons de repos »…

Retrouvez la suite de l’interview d’Alda Greoli sur le site du Guide Social ce lundi 25 février. La ministre répondra à nos questions concernant l’épineuse réforme APE.



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