Covid-19 : travailleurs sociaux, entre envie de servir et inquiétude

Covid-19: travailleurs sociaux, entre envie de servir et inquiétude

Le pays entre dans une douloureuse ascension vers le pic de contaminations lié au nouveau coronavirus. Les travailleurs sociaux sont en première ligne pour aider les plus démunis à vivre malgré cette situation. Le secteur a reçu des indications de la part des autorités et poursuit sa mission, entre inquiétude et nécessité de continuer à apporter leur aide aux gens dans le besoin.

[DOSSIER]
- A côté de la 1ère ligne de soins, la 1ère ligne sociale : les CPAS
- Coronavirus : travailleur social en télétravail ?

« Certaines structures ferment par manque de bénévoles. On stimule les structures pour voir celles qui sont ouvertes et celles qui ne le sont pas. » indique Adrien Arial pour la FDSS (Fédération des Services Sociaux). A la fédération, le processus est clair : identifier les problèmes et réagir en conséquence. Il faut dire que les Centres Publics d’Action Sociale (CPAS) ont reçu des instructions de la part des autorités, suite à la grave crise sanitaire que traverse le pays en ce moment. Il en ressort plusieurs orientations. Tout d’abord, il est indispensable pour ces organismes d’assurer la continuité des missions, tout en respectant les mesures d’hygiène. Les autorités conseillent fortement aux personnels de restreindre, et en cas de symptômes chez les aidés, suspendre les visites à domicile. Les évaluations de projets personnels d’intégration sociale devront être menés à distance ou bien reportés, favorisant et privilégiant toutes les formes de contacts à distance.

Pour autant, les droits des usagers devront être garantis, et ce, malgré la situation. Le délai légal de 30 jours de prise de décision pour les CPAS ne change pas. Les travailleurs devront octroyer une aide aux usagers même en cas d’absence de visite du domicile. Les CPAS ont pris une décision allant dans le sens de ces mesures, affichant leur volonté de maintenir une permanence sociale et prévoyant un numéro d’appel disponible en faveur des employés. Voilà pour les indications des autorités, qui sont en dialogue avec la FDSS comme nous l’apprend Adrien Arial « A l’heure actuelle, la fédération est en discussion avec les responsables politiques. Surtout autour de l’aide alimentaire, notamment pour les sans-abris et les restaurants / épiceries sociales. »

Des solutions pour limiter la contamination

Sur le terrain, les consignes sont suivies, à l’image de ce qu’explique Didier Neyrinck, l’attaché de communication du CPAS de Charleroi : « En ce qui concerne les antennes sociales, on privilégie le contact par téléphone et on ne réceptionne que les urgences. Les rendez-vous qui avaient été planifiés sont réalisés par téléphone. On communique et reçoit les documents par mails ou photographies. Nous maintenons tous les services et faisons-en sorte d’éviter les contacts pendant au moins 15 jours. Nous sommes très souples pour que les gens puissent nous transmettre les documents nécessaires à la création ou l’application de leurs droits. Pour ce qui est de l’aide aux sans-abris, on maintient les structures et les abris de nuits, en étant attentifs à ceux qui sont malades pour les rediriger vers des médecins. »

Malgré le fait que tous s’accordent à louer l’importance de leur mission, l’inquiétude est présente chez les travailleurs sociaux. Didier Neyrinck en témoigne : « Nos maisons de repos restent actives, les services restent d’actualité. Tout cela peut évoluer. Tout cela peut bouger, mais apparemment on restera comme cela. Tout le monde est un peu inquiet, mais il n’y a pas de services fermés aujourd’hui. Nous voulons continuer à rendre service aux personnes. Notre souci reste d’éviter au maximum les contacts physiques. »

Enfin, la FDSS a également effectué un travail de recensement des solutions apportées par leurs structures et des problèmes également rencontrés par celles-ci. Parmi ces pistes notamment, le fait que les épiceries et restaurants sociaux fonctionnent sur rendez-vous, à emporter et par livraisons. Certaines structures rencontrant des problèmes d’approvisionnements, la fédération propose de privilégier la livraison plutôt que d’aller chercher les produits dont les structures ont besoin. Elle pointe également du doigt la nécessité de trouver des volontaires non-seniors pour l’aide alimentaire afin de ne pas les mettre en danger.

C.D.



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus