Décès par overdose : "les politiciens doivent sortir la tête du sable !"

Décès par overdose:

Constat inquiétant : le nombre de décès par overdose est en augmentation depuis quatre ans en Europe. Un cri de détresse qui tombe dans l’oreille d’un sourd, du côté des politiques.

Ce jeudi 21 février 2019 se tenait « Drugs in Brussels ». La journée d’étude, organisée par FEDITO BXL, était consacrée, notamment, à la réduction des décès par overdose, en augmentation ces dernières années. Pour Sébastien Alexandre, directeur de l’asbl, cela passe aussi par la modernisation de la politique "drogues" belge.

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Le flou des chiffres

Le nombre d’overdoses est en augmentation depuis quelques années en Europe. On tourne à environ 10.000 décès par overdose par an. Et, en Belgique ? C’est difficile à dire. Et, pour cause, le monitoring est plus que lacunaire. « Il existe une sous-estimation d’overdoses mortelles en Belgique, beaucoup passent sous le radar », explique Sébastien Alexandre, directeur de FEDITO BXL. « Même l’institut scientifique de la santé publique, Sciensano, l’a avoué ».

Les derniers chiffres de Sciensano datent de 2014. Ils dénombraient une septantaine de décès pour cause de surconsommation. Un résultat sous-évalué et datant d’avant le début de la « crise d’overdoses ». « Il y a un travail à fournir. C’est nécessaire car la situation est inquiétante, même si nous sommes encore très loin des chiffres américains ». L’année dernière, les Etats-Unis ont dénombré 70.000 décès par overdose. Presque le double du nombre de morts causés par les accidents de la route !

La naloxone : une solution à un problème grandissant

L’une des solutions à l’augmentation des décès par surconsommation est la naloxone. Ce médicament est un antidote aux overdoses opiacées. Mais, il reste trop difficile de s’en procurer, selon Sébastien Alexandre. « Actuellement, en Belgique, la naloxone est disponible que par injection, sous prescription d’un médecin. L’accès doit absolument être facilité. Elle doit être disponible en accès libre, c’est-à-dire gratuitement et en vente libre. Mais, aussi, en version spray nasale ».

Présent lors de la journée d’étude, les représentants de cinq partis belges (PS, sp.a, cdH, OpenVLD et Ecolo) ont adhéré à l’idée de mettre la naloxone à disposition des usagers de drogues à risque. « Ce sont des mesures qui ont déjà été prises à l’étranger, comme en France ou au Pays-Bas. Maintenant, ce qu’il faut, c’est un peu de courage politique ! », défend le directeur de FEDITO.

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« Les politiques se cachent derrière l’argument moral »

Actuellement, la politique en matière de drogues est régie par une loi datant de 1921. Pour Sébastien Alexandre, une modernisation est plus que nécessaire. « Les fondamentaux de cette loi ne sont plus de tout en phase avec la réalité ! Il faut que les politiciens adoptent une stratégie, un plan d’action avec des objectifs et des deadlines. Mais aussi, qu’il analyse la politique en matière de drogue du point de vue de la santé publique ». Selon le directeur, cela fait trop longtemps que les politiques se cachent derrière l’argument moral. « Il voient ça comme une incitation à la consommation. Or, dans le cas de la naloxone, c’est totalement faux. La naloxone est un médicament ! C’est une question de santé publique, pas de morale. ».

Sébastien Alexandre garde, tout de même, espoir d’un changement de la loi, lors de la prochaine législature. « A un moment, la Belgique et ses entités fédérés vont devoir sortir la tête du sable et aborder le problème ».



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